SURTITRE
La montagne ne fait qu'une
Politique / La perception que les élus de montagne ont de l'évolution des politiques publiques dans leur zone correspond à celle qu'en ont les agriculteurs montagnards.
En écho direct aux inquiétudes des agriculteurs montagnards présentées lors du dernier congrès de la FDSEA, « la spécificité montagne, même reconnue, semble devoir être rappelée et défendue en permanence », peut-on lire sur le site internet de l'association nationale des élus de montagne (Anem). « Nous partageons tout à fait cette problématique, confirme Jean Picchioni, le maire des Adrets et l'un des correspondants départementaux de l'association. Je fais le lien avec la réforme des collectivités, puisque les communes montagnardes vont devoir entrer dans des intercommunalités élargies, comme le reste des communes rurales. Alors que le relief ne changera pas. Le maintien de la proximité sera donc un enjeu particulièrement fort en zone de montagne ».
Il en est de même en agriculture, comme dans le domaine touristique pour cet élu, également président de la station de ski des Sept Laux. Alors « heureusement que l'Anem existe pour rappeler les spécificités de la montagne », s'exclame Jean Picchioni, tout en reconnaissant qu'elle « reste une association d'élus » et que « les synergies avec les autres acteurs de la montagne doivent être accrues », sous peine de « se faire laminer », car « il y a une tendance à l'urbanité ». Les zones de montagne doivent surmonter des handicaps plus nombreux que les autres zones rurales pour y faire face, analyse le correspondant de l'Anem.
Les propositions du conseil national, un espoir ?
Dans ce contexte, les hommes et les femmes politiques de montagne ne se désespèrent pas, car le conseil national de la montagne (CNM) s'est réuni à l'automne 2009, ce qui n'était pas arrivé depuis trois années. Et surtout parce que cette dernière réunion n'est pas restée tout à fait sans suite : des groupes de travail ont été mis en place dans la foulée du dernier rendez-vous et une série de propositions viennent d'être formulées, notamment sur l'agriculture de montagne, qui vit « des temps particulièrement durs », selon Jean Picchioni. Celui-ci ne voit pas comment on intègre ce secteur économique aux discussions actuelles sur l'aménagement du territoire (notamment dans le cadre des schémas de cohérence territoriale en cours d'élaboration), ni comment de nouveaux agriculteurs peuvent s'installer alors que la pression foncière est forte et la valorisation économique incertaine (à moins de vendre en direct, mais le défi porte alors sur la gestion de la charge de travail...).
Pour répondre à ces défis, le CNM propose notamment de « maintenir le groupe de suivi créé dans la perspective de l'après-2013 » et milite « pour des volets montagne très structurés dans les plans régionaux d'agriculture durable ». Cela semble peu, mais c'est déjà beaucoup, au regard du peu d'attention dont a bénéficié la montagne dans les politiques de l'Etat depuis plusieurs années. Le plus dur reste à faire toutefois : transformer l'essai, tout d'abord en réunissant à nouveau le CNM. Puis en prenant des mesures susceptibles d'avoir un réel impact sur la situation des zones de montagne.
Quoi qu'il en soit, Jean Picchioni est sûr d'une chose : « La montagne gardera son caractère, conservera ses valeurs, car elle a un style de vie qui lui est propre. Et même si l'individualisme y règne parfois, comme ailleurs, les fêtes locales y sont encore plus vivaces et les solidarités plus fortes ».
C.F.
Il en est de même en agriculture, comme dans le domaine touristique pour cet élu, également président de la station de ski des Sept Laux. Alors « heureusement que l'Anem existe pour rappeler les spécificités de la montagne », s'exclame Jean Picchioni, tout en reconnaissant qu'elle « reste une association d'élus » et que « les synergies avec les autres acteurs de la montagne doivent être accrues », sous peine de « se faire laminer », car « il y a une tendance à l'urbanité ». Les zones de montagne doivent surmonter des handicaps plus nombreux que les autres zones rurales pour y faire face, analyse le correspondant de l'Anem.
Les propositions du conseil national, un espoir ?
Dans ce contexte, les hommes et les femmes politiques de montagne ne se désespèrent pas, car le conseil national de la montagne (CNM) s'est réuni à l'automne 2009, ce qui n'était pas arrivé depuis trois années. Et surtout parce que cette dernière réunion n'est pas restée tout à fait sans suite : des groupes de travail ont été mis en place dans la foulée du dernier rendez-vous et une série de propositions viennent d'être formulées, notamment sur l'agriculture de montagne, qui vit « des temps particulièrement durs », selon Jean Picchioni. Celui-ci ne voit pas comment on intègre ce secteur économique aux discussions actuelles sur l'aménagement du territoire (notamment dans le cadre des schémas de cohérence territoriale en cours d'élaboration), ni comment de nouveaux agriculteurs peuvent s'installer alors que la pression foncière est forte et la valorisation économique incertaine (à moins de vendre en direct, mais le défi porte alors sur la gestion de la charge de travail...).
Pour répondre à ces défis, le CNM propose notamment de « maintenir le groupe de suivi créé dans la perspective de l'après-2013 » et milite « pour des volets montagne très structurés dans les plans régionaux d'agriculture durable ». Cela semble peu, mais c'est déjà beaucoup, au regard du peu d'attention dont a bénéficié la montagne dans les politiques de l'Etat depuis plusieurs années. Le plus dur reste à faire toutefois : transformer l'essai, tout d'abord en réunissant à nouveau le CNM. Puis en prenant des mesures susceptibles d'avoir un réel impact sur la situation des zones de montagne.
Quoi qu'il en soit, Jean Picchioni est sûr d'une chose : « La montagne gardera son caractère, conservera ses valeurs, car elle a un style de vie qui lui est propre. Et même si l'individualisme y règne parfois, comme ailleurs, les fêtes locales y sont encore plus vivaces et les solidarités plus fortes ».