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Charnècles

La mue de la ferme de Grand chemin

Reconversion/L'inauguration d'un point de vente, mais aussi d'un atelier de cueillette à la ferme du Grand chemin, le 20 mai à Charnècles, illustre la façon dont une exploitation maraîchère et fruitière située en zone périurbaine peut tirer au mieux son épingle du jeu en misant sur la vente directe et les partenaires locaux, à commencer par les collectivités.
La mue de la ferme de Grand chemin
« Si nous avons souhaité inaugurer notre point de vente à la ferme et notre atelier de cueillette en plein champ, c'est pour remercier tous nos financeurs, mais aussi pour montrer que l'on peut vivre de l'agriculture, a déclaré Luc Tirard-Gatel, qui exploite la ferme de Grand chemin, à Charnècles, lors de la cérémonie organisée le 20 mai. L'obligation de mise aux normes des bâtiments d'élevage et la progression de l'urbanisation m'ont poussé à cesser l'activité laitière, mais ma reconversion en maraîchage m'a permis d'installer un nouvel agriculteur ».
Du bon usage des institutions
Arrivé à la ferme de Grand chemin il y a deux ans, juste après avoir décroché le brevet professionnel de responsable d'exploitation agricole (BPREA), Denis Rouvière s'est officiellement installé (en touchant la dotation jeune agriculteur) il y a un an, à l'issue d'un stage de reprise d'exploitation effectué auprès de Luc Tirard-Gatel, qu'il a rencontré par l'intermédiaire du répertoire départemental à l'installation (RDI). Les deux associés ont ensuite fait plus ample connaissance dans le cadre du comité local d'installation (Cli).
Le fonds intercommunal de développement agricole (Fida) du pays voironnais a financé une partie du système d'irrigation nécessaire au lancement de la culture de légumes en plein champ, ainsi que le parking et le point de vente aménagés aux abords de ces deux hectares dédiés à la cueillette par les consommateurs. Ces deux derniers investissements, le magasin et l'atelier de transformation de fruits en compotes et confitures en cours d'aménagement au siège de l'exploitation ont également bénéficié d'aides européennes et du conseil général dans le cadre du programme Leader du pays voironnais. Au total, le Gaec de Grand chemin a touché 14 400 euros de subventions.
Ce chiffre s'explique par le fort soutien dont bénéficient les circuits courts. Ils « permettent d'installer de jeunes agriculteurs dans de meilleures conditions et de restaurer un climat de confiance entre producteurs et consommateurs », estime notamment Christian Nucci, vice-président du conseil général en charge de l'agriculture.
Le bon dosage entre production, transformation et vente
Pour les producteurs, ce contact avec le consommateur final est aussi une façon de se réapproprier une partie de la valeur ajoutée des produits alimentaires allant habituellement dans la poche des intermédiaires. La ferme de Grand chemin a misé sur cette stratégie. « En plus de la cueillette en plein champ, de mai à octobre, et de la vente à la ferme, nous faisons le marché de producteurs de Voiron, nous vendons des produits au magasin de producteurs d'Apprieu, nous participons au programme Manger bio, dans le cadre duquel nous fournissons la restauration collective, nous livrons une Amap* grenobloise, et par le biais du programme Leader, nous sommes entrés en contact avec l'épicerie solidaire qui s'est créée à Voiron, liste Luc Tirard-Gatel. On peut dire que nous sommes axés sur la vente directe ! » De fait, seules les noix et les céréales sont écoulées en filières dites « longues ».
Implication dans la formation
Pour autant, le Gaec de Grand chemin ne met pas tous ses oeufs dans le même panier. Et les deux associés ne se laissent pas non plus déborder par la charge de travail. La fabrication des jus de fruits et de l'huile de noix sont externalisées. Alors « oui, insiste Luc Tirard-Gatel, vivre correctement de son métier d'agriculteur, c'est possible ! »
Désireux de partager cette expérience positive, les exploitants ont ouvert leurs portes aux élèves de baccalauréat professionnel Services en milieu rural du lycée professionnel agricole de Voiron, La Martellière. Dans le cadre de leur travail sur l'atelier cueillette, ces derniers en ont réalisé la signalétique.
Cécile Fandos
* Amap : association pour le maintien d'une agriculture paysanne, au sein de laquelle les consommateurs règlent leurs aliments aux producteurs en avance, en s'engageant dans le temps.