Nouvelles identifications ovine et caprine
La mutation programmée des élevages
La nouvelle réglementation en vigueur depuis le mois de juillet vise à améliorer la gestion des crises sanitaires. Mais les éleveurs voient mal les bénéfices qu'ils pourront en retirer.
Etablies par un règlement communautaire de 2004, les identifications ovine et caprine viennent de passer à l'ère du numérique. « Tous les animaux nés à partir du premier juillet doivent être identifiés avec un repère conventionnel et un autre numérique », indique le groupement de défense sanitaire (GDS) de l'Isère, qui a organisé trois réunions pour informer les éleveurs ovins et caprins du département des dernières évolutions de la règlementation à la fin du mois de juillet.
Les nouvelles obligations
Dans le détail, on y apprenait que « les agneaux doivent désormais être bouclés à sept jours avec une boucle électronique ». Tandis que « les agneaux de boucherie abattus avant l'âge d'un an peuvent toujours être commercialisés avec une seule boucle posée dans l'oreille gauche, mais à condition qu'elle soit électronique ». Certaines races ainsi que les animaux nés en transhumance bénéficient également de dérogations.
De leur côté, « les caprins bénéficient toujours d'un délai de six mois pour être identifiés ». « Heureusement que nous avons obtenu cette dérogation, sinon les boucles auraient coûté presque plus cher que les animaux », commente Frédéric Blanchard, le président du syndicat caprin de l'Isère.
Par ailleurs, comme les agneaux, les cabris de moins de quatre mois destinés à l'abattage sont exemptés de boucle électronique. Une simple barrette suffit.
Mais tous les animaux devront être identifiés avec un repère électronique avant le premier juillet 2013.
Ce repère sera généralement une boucle. Mais, pour les caprins, il existe également des bagues de paturon électroniques. « Elles sont plus chères, moins faciles à poser et doivent être ajustée au fur et à mesure de la croissance de l'animal, mais elles sont facilement lisibles lors de la traite », explique Frédéric Blanchard.
Les éleveurs réticents
Enfin, pour les ovins comme pour les caprins, « les obligations précédentes, notamment la notification des mouvements de lots d'animaux, obligatoire depuis l'an dernier, restent d'actualité », signale le GDS. Dans ce domaine, il faut savoir que les mouvements individuels devront également être notifiés à partir du premier janvier 2011 et les numéros individuels reportés sur le document de circulation.
Pour Frédéric Blanchard, ces dispositions ne sont pas adaptées à l'élevage caprin local, où la production laitière domine. « Les chiffres d'affaires de la viande sont limités, il ne faudrait donc pas que le travail administratif pèse aussi lourd que pour la transformation en fromages ».
Si l'identification électronique bénéficie d'aides censées compenser son surcoût par rapport au bouclage traditionnel, le président de la section ovine de la FDSEA, Eric Greffe-Fonteymond, craint, lui, l'impact financier du passage à l'identification électronique. « La filière est en mauvais état : nous sommes tombées en-dessous des 40 000 brebis l'an dernier et je crains que nous soyons sous le seuil des 35 000 brebis cette année, malgré le programme « Reconquête ovine » engagé par la fédération nationale. Les professionnels se posent beaucoup de questions sur leur avenir. Ils ont donc du mal à envisager l'achat d'une nouvelle pince ou des manutentions supplémentaires sur le troupeau, surtout que certaines exploitations n'ont encore rien perçu du rééquilibrage des aides, pourtant acquis il y a deux ans ».
« Mieux affronter les crises sanitaires »
Face à ces inquiétudes, l'institut de l'élevage rappelle l'intérêt de l'identification individuelle des animaux, « à la base de la traçabilité animale, de la maîtrise sanitaire du cheptel et des actions collectives d'amélioration génétique ». En basculant dans un système tout électronique, « il s'agit d'améliorer la gestion des crises sanitaires telles qu'on a pu en connaître en 2001 avec la fièvre aphteuse, ou de mieux affronter les problèmes comme la tremblante et, dans tous les cas, de diminuer les risques qui menacent la santé des animaux et des consommateurs », rappelle l'organisme.
Articulé à des systèmes électroniques de gestion de troupeaux permettant de suivre les performances, la reproduction, les soins ou l'alimentation, le bouclage électronique pourrait aussi déboucher sur des améliorations dans les élevages, mais moyennant de nouveaux investissements et sur le long terme, pour des bénéfices somme toute modestes. « Personnellement, même si je possède un pocket par le biais duquel je gère à la fois mon élevage et mes cultures de façon électronique, je n'envisage pas d'acheter le lecteur qui me permettrait d'aller plus loin au prix auquel il est vendu aujourd'hui, témoigne Eric Greffe-Fonteymond. Ce qui serait vraiment utile, c'est un portail de tri électronique. Mais, à l'heure actuelle, il n'est pas au point, et j'ai le sentiment que son développement n'est pas suffisamment rentable pour que la recherche avance sur ce point ». L'identification électronique, pour Frédéric Blanchard, « c'est avant tout des tracasseries administratives supplémentaires. Mais nous espérons malgré tout que cela permette de gagner du temps et de la fiabilité, notamment pour les adhérents au contrôle laitier ».
Cécile Fandos
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Conseils pour la pose des boucles
« Pour la pose des boucles électroniques, il est recommandé d'utiliser la pince spécifique proposée avec les bons de commande de boucles (de couleur grise), car les pinces bleues ou plus anciennes ne sont pas adaptées et vont endommager les puces se trouvant dans les boucles électroniques », conseille le groupement de défense sanitaire de l'Isère. L'association préconise aussi « de stocker les médailles dans leurs emballages d'origine, de ne pas poser la boucle immédiatement après la naissance, d'utiliser un cicatrisant et un désinfectant, de s'assurer de la bonne rotation des plaquettes mâle et femelle après la pose, car l'oreille ne doit jamais être comprimée, de surveiller la cicatrisation et de désinfecter si nécessaire ».
C.F.
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Les nouvelles obligations
Dans le détail, on y apprenait que « les agneaux doivent désormais être bouclés à sept jours avec une boucle électronique ». Tandis que « les agneaux de boucherie abattus avant l'âge d'un an peuvent toujours être commercialisés avec une seule boucle posée dans l'oreille gauche, mais à condition qu'elle soit électronique ». Certaines races ainsi que les animaux nés en transhumance bénéficient également de dérogations.
De leur côté, « les caprins bénéficient toujours d'un délai de six mois pour être identifiés ». « Heureusement que nous avons obtenu cette dérogation, sinon les boucles auraient coûté presque plus cher que les animaux », commente Frédéric Blanchard, le président du syndicat caprin de l'Isère.
Par ailleurs, comme les agneaux, les cabris de moins de quatre mois destinés à l'abattage sont exemptés de boucle électronique. Une simple barrette suffit.
Mais tous les animaux devront être identifiés avec un repère électronique avant le premier juillet 2013.
Ce repère sera généralement une boucle. Mais, pour les caprins, il existe également des bagues de paturon électroniques. « Elles sont plus chères, moins faciles à poser et doivent être ajustée au fur et à mesure de la croissance de l'animal, mais elles sont facilement lisibles lors de la traite », explique Frédéric Blanchard.
Les éleveurs réticents
Enfin, pour les ovins comme pour les caprins, « les obligations précédentes, notamment la notification des mouvements de lots d'animaux, obligatoire depuis l'an dernier, restent d'actualité », signale le GDS. Dans ce domaine, il faut savoir que les mouvements individuels devront également être notifiés à partir du premier janvier 2011 et les numéros individuels reportés sur le document de circulation.
Pour Frédéric Blanchard, ces dispositions ne sont pas adaptées à l'élevage caprin local, où la production laitière domine. « Les chiffres d'affaires de la viande sont limités, il ne faudrait donc pas que le travail administratif pèse aussi lourd que pour la transformation en fromages ».
Si l'identification électronique bénéficie d'aides censées compenser son surcoût par rapport au bouclage traditionnel, le président de la section ovine de la FDSEA, Eric Greffe-Fonteymond, craint, lui, l'impact financier du passage à l'identification électronique. « La filière est en mauvais état : nous sommes tombées en-dessous des 40 000 brebis l'an dernier et je crains que nous soyons sous le seuil des 35 000 brebis cette année, malgré le programme « Reconquête ovine » engagé par la fédération nationale. Les professionnels se posent beaucoup de questions sur leur avenir. Ils ont donc du mal à envisager l'achat d'une nouvelle pince ou des manutentions supplémentaires sur le troupeau, surtout que certaines exploitations n'ont encore rien perçu du rééquilibrage des aides, pourtant acquis il y a deux ans ».
« Mieux affronter les crises sanitaires »
Face à ces inquiétudes, l'institut de l'élevage rappelle l'intérêt de l'identification individuelle des animaux, « à la base de la traçabilité animale, de la maîtrise sanitaire du cheptel et des actions collectives d'amélioration génétique ». En basculant dans un système tout électronique, « il s'agit d'améliorer la gestion des crises sanitaires telles qu'on a pu en connaître en 2001 avec la fièvre aphteuse, ou de mieux affronter les problèmes comme la tremblante et, dans tous les cas, de diminuer les risques qui menacent la santé des animaux et des consommateurs », rappelle l'organisme.
Articulé à des systèmes électroniques de gestion de troupeaux permettant de suivre les performances, la reproduction, les soins ou l'alimentation, le bouclage électronique pourrait aussi déboucher sur des améliorations dans les élevages, mais moyennant de nouveaux investissements et sur le long terme, pour des bénéfices somme toute modestes. « Personnellement, même si je possède un pocket par le biais duquel je gère à la fois mon élevage et mes cultures de façon électronique, je n'envisage pas d'acheter le lecteur qui me permettrait d'aller plus loin au prix auquel il est vendu aujourd'hui, témoigne Eric Greffe-Fonteymond. Ce qui serait vraiment utile, c'est un portail de tri électronique. Mais, à l'heure actuelle, il n'est pas au point, et j'ai le sentiment que son développement n'est pas suffisamment rentable pour que la recherche avance sur ce point ». L'identification électronique, pour Frédéric Blanchard, « c'est avant tout des tracasseries administratives supplémentaires. Mais nous espérons malgré tout que cela permette de gagner du temps et de la fiabilité, notamment pour les adhérents au contrôle laitier ».
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« Pour la pose des boucles électroniques, il est recommandé d'utiliser la pince spécifique proposée avec les bons de commande de boucles (de couleur grise), car les pinces bleues ou plus anciennes ne sont pas adaptées et vont endommager les puces se trouvant dans les boucles électroniques », conseille le groupement de défense sanitaire de l'Isère. L'association préconise aussi « de stocker les médailles dans leurs emballages d'origine, de ne pas poser la boucle immédiatement après la naissance, d'utiliser un cicatrisant et un désinfectant, de s'assurer de la bonne rotation des plaquettes mâle et femelle après la pose, car l'oreille ne doit jamais être comprimée, de surveiller la cicatrisation et de désinfecter si nécessaire ».----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------