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Innovation

La noisette s'invite dans la noyeraie

Stéphane Masset, nuciculteur à La Buissière, investit dans la culture de la noisette. Le marché est porteur.
La noisette s'invite dans la noyeraie

Au milieu des noyers, les parcelles de noisetiers dénotent. Stéphane Masset, nuciculteur à La Buissière, dans la vallée du Grésivaudan, en a planté 70 ares en 2010 et 30 ares en 2013. Une première dans le secteur. Cet arboriculteur, qui a la culture du fruit à coque, avait envie de se diversifier et de satisfaire une curiosité qu'il nourrissait depuis plusieurs années. Il a choisi la variété « Corabel », dont les fruits sont homogènes, très gros, à la coque de couleur havane clair et vernissée, et dont l'amandon est assez parfumé et sucré.

Première récolte

Les cultures de la noix et de la noisette présentent de nombreuses similitudes. Pas des moindres : le même matériel peut être utilisé, puisque la récolte des noisettes est mécanisée comme celle des noix. Elles sont récoltées avec une ramasseuse (il faut simplement réduire l'écartement des grilles), lavées, séchées (dans les mêmes séchoirs) et triées. En revanche, elles ne suivent pas le même circuit, car les calibres sont différents. Pour développer cette culture, Stéphane Masset a investi 6 000 euros pour l'acquisition d'une laveuse, une machine qui enlève les pierres, lave les fruits et les ventile. La récolte de la noisette se déroule entre le 10 septembre et le 1er octobre. « Mais les deux peuvent se chevaucher. Il faut intégrer qu'on ne fait pas forcément les noisettes avant les noix », souligne le nuciculteur. « C'est une question d'organisation. Il faut s'adapter. Pour nous, cela reste assez facile, car nos surfaces de noisetiers sont encore faibles ». L'année dernière, il a réalisé sa première récolte dans sa jeune plantation : 500 kilos qu'il a commercialisé auprès de la coopérative agricole du Grésivaudan « Ma coop » à Saint-Ismier et du magasin de Daniel et Alain Grange à La Buissière. « Il faut quatre ans pour commencer à avoir des noisettes et six pour être en production », avance l'agriculteur.

Apprentissage « sur le tas »

Stéphane Masset se considère comme un autodidacte. S'il maîtrise la culture de la noix, il découvre celle de la noisette et « apprend sur le tas », au gré de nombreuses lectures sur Internet et dans des revues, d'échanges avec des amis producteurs et de l'expérience qu'il acquiert d'année en année. Qu'il s'agisse du temps de séchage (Stéphane Masset  casse ses noisettes pour vérifier qu'elles sont bien sèches), de la taille (réalisée de façon mécanique chez le nuciculteur), ou des traitements, notamment contre le balanin, un insecte piqueur de la noisette. « Même si nous sommes les seuls à produire de la noisette dans la vallée, nous avons constaté son apparition dès la première année. Il y a un traitement, mais il faut le réaliser au bon moment », détaille l'agriculteur.

Marché porteur

Passionné par ces cultures Stéphane Masset ne s'engage pas dans la noisette pour délaisser la noix. Ce sont les céréales (une trentaine d'hectares) qu'il souhaite abandonner, au profit des fruits à coque. Il voudrait planter davantage de noisetiers (au moins cinq hectares), mais il est difficile de trouver des plants. Le marché de la noisette étant porteur, il n'y a pas pléthore d'arbres disponibles. Les pépiniéristes enregistrent actuellement plus de demandes que d'offres. Stéphane Masset se les fait livrer du sud-ouest, la grande zone de production de noisettes française. Du coup, en quelques années, les prix des plants ont bien augmenté. Mais, selon Stéphane Masset, « même si cela peut changer, il existe encore quelques années propices pour se lancer dans cette production ». Ferrero n'est pas loin et sa croissance n'est pas terminée.

Isabelle Brenguier