La palette muticolore du Vercors
« Nous mettons la ferme en avant, cela plaît beaucoup, surtout aux enfants », déclare Véronique Ravix, qui tient la chambre et la table d'hôte A la Crécia à Lans-en-Vercors. La visite de la bergerie et des agneaux rencontrent toujours un vrai succès. « Nous donnons du temps pour cela », explique la maîtresse de maison, les cinq chambres complétant depuis 15 ans l'activité agricole. Même constat au gîte les Marmottes à Autrans : « Nous nous démarquons car nous sommes un gîte à la ferme », souligne Béatrice Vacher qui est aussi exploitante. La ferme, largement ouverte sur la vie du plateau, fête ses 100 ans, mais le gîte date de 2006. « Après le ski, ce n'est pas comme dans un gîte classique, la vie continue avec la visite des veaux, des lapins. Les gens ont la possibilité de voir la traite, de donner le biberon...» L'exploitation tire avantage de sa situation à l'entrée de la station-village. Une fois sur place, les vacanciers ne touchent plus à leur voiture. Ski de piste, ski de fond, le marché, les commerces, tout est sur place. « Les gens viennent dans le Vercors pour respirer le bon air et profiter de l'espace. La moyenne altitude convient aux familles avec des jeunes enfants », poursuit Béatrice Vacher. Ce que confirme Véronique Ravix : « Ce sont des stations familiales, abordables et le plateau est accessible à tout le monde ». Avec la neige, les gîtes ont fait le plein cet hiver. La clientèle est souvent régionale et fidèle, mais le Vercors attire des vacanciers de toute la France, hiver comme été.
Parler du métier
Aux beaux jours, c'est la carte nature qui prévaut. Véronique Ravix les appelle les contemplatifs, ces marcheurs ou randonneurs, plus ou moins sportifs, mais avides de s'oxygéner. Et le Vercors est un formidable terrain de jeu. « Vous pouvez louer pendant des années et ne jamais faire la même chose ! Les gens aiment bien qu'on leur trouve une balade pour le lendemain. » La ferme des Marmottes oriente volontiers les vacanciers vers les plateaux des Gilères ou de La Molière. « C'est notre coin préféré, accessible l'été même avec des tous petits. Il y a des grandes prairies et les enfants gambadent dans l'herbe, on peut voir les marmottes. Les vaches sont en liberté dans les alpages avec leurs cloches ». Béatrice Vacher décrit un paysage buccolique, mais réél. « Le Vercors, c'est beau », glisse-t-elle comme une évidence.
Alors bien sûr, il y a toutes les manifestations, Foulée Blanche et Trophée Andros en hiver, l'EuroNordicWalk Vercors, ce rassemblement européen de la marche nordique, qui aura lieu en juin à Méaudre, puis les festivals d'été et la Fête du bleu. Tous ces grands rendez-vous vertacomicoriens, tendent à générer un supplément d'activité touristique dans le massif. Mais les acteurs du tourisme vert savent qu'ils peuvent avant tout compter sur leurs montagnes. Les exploitations agricoles tirent parti de cette situation favorable et de leur attractivité pour faire découvrir la réalité du métier et partager avec leurs convives. « Les gens sont déconnectés de notre monde et je fais beaucoup de pédagogie avec les enfants », indique Béatrice vacher qui accueille environ 4 300 personnes sur l'exploitation chaque année entre le gîte, les visites à la ferme et la ferme pédagogique. « C'est une petite goutte d'eau, mais les gens nous remercient. » « Les sujets qui reviennent, c'est le loup et la prédation. On ne passe pas au travers, commente Véronique Ravix. Et cela fait 15 ans que l'on raconte la même chose. Il y a un besoin de communiquer. Du coup, les gens sont plus indulgents, comprennent pourquoi il y a des chiens, que ce n'est pas pour embêter les touristes. Ils sont curieux de notre métier et ont besoin d'avoir notre version de professionnels. »
Isabelle Doucet