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« La présence du loup a fait changer le métier »

Denis Rebreyend, président de la Fédération des Alpages de l'Isère, suite à l'assemblée générale qui s'est déroulée à La Salette le 6 avril dernier.
« La présence du loup a fait changer le métier »

Comment s'est déroulée cette dernière assemblée générale ?

Le lieu était excentré, à La Salette Fallavaux, mais il y a eu beaucoup de monde, environ 150 personnes dont de nombreux élus et des représentants des parcs. Dans l'après-midi, nous avons inauguré le chalet du Col de l'Homme.

Quels ont été les principaux points abordés ?

Nous avons de nouveau parlé du problème du retard du paiement de la PAC, qui met tout le monde dans l'embarras.
Un autre volet important, avant la saison d'alpage, porte sur les recommandations sanitaires. Les cheptels qui montent doivent être indemnes en leucose, brucellose, tuberculose, qualifiés IBR et provenir d'une zone assainie en varron. Le département apporte une aide sur le kit alpage délivré par le GDS pour tester la BVD et la besnoitiose à la montée et la brucellose et la besnoitiose à la descente. Un travail a été engagé sur la question de la circulation entre les animaux sauvages et les troupeaux. Nous souhaitons aussi faire passer un message aux élus des autres départements pour que soit pris en compte ce volet sanitaire.

Le loup reste au centre des préoccupations ?

Il y a de plus en plus d'attaques, quelle que soit la période. En 2016, en fin de saison, les éleveurs et les bergers étaient épuisés et dégoûtés par les dégâts dans les secteurs où ça tape. La présence du loup a fait changer le métier. Car à cela s'ajoutent les problèmes générés par les chiens de protection. Nous avons demandé à chacun des membres de notre association d'interpeler ses élus afin de rendre les tirs de prélèvement plus accessibles et de rediscuter la convention de Berne et la directive Habitat. Nous travaillons sur ces questions avec l'Usapr (1).

En tant que président de la FAI, quelle est votre approche de la vie des alpages ?

J'accorde beaucoup d'importance à la pluriactivité dans les alpages et à la nécessaire bonne entente entre l'ensemble des acteurs : propriétaires, groupements pastoraux, associations foncières pastorales, communes, bergers, éleveurs, chasseurs, parcs, sportifs. Le dialogue et la concertation sont indispensables et déjà bien amorcés. Mieux vaut discuter avant que surviennent les problèmes ; les alpages doivent rester accueillants.
J'ai aussi lancé un appel aux jeunes pour qu'ils s'investissent dans le monde associatif car ils travaillent pour leur futur. J'ai aussi souligné la présence des femmes, de plus en plus marquée dans le monde des alpages, mais qui pourrait l'être davantage au sein du conseil d'administration.

Vous avez repris la gestion du festival du film « Pastoralisme et grands espaces » ?

C'est un formidable outil de communication pour partager nos valeurs. Nous souhaitons porter l'accent sur les échanges avec les citoyens et toucher un plus grand public. Nous proposerons un nouveau format à l'automne avec différentes projections dans les salles de la vallée du Grésivaudan et de Grenoble.
Nous nous apercevons qu'il est nécessaire de mieux savoir communiquer pour mettre nos idées en avant, nos réflexions et faire connaître la place de l'élevage dans la société. Il y a un travail pédagogique à engager pour faire savoir ce qu'on fait et comment on le fait. Nous devons être plus présents dans les médias.

Propos recueillis par Isabelle Doucet