Grandes cultures
La proximité facteur de compétitivité
Les entreprises locales transformant et mettant en marché des céréales ou des oléagineux produits localement ne s'attendent pas à voir les grandes cultures disparaître de la région. Mais les mutations à l'oeuvre pourraient s'accentuer au point de menacer la compétitivité des industries agroalimentaires.
« Même si le marché céréalier s'est refait depuis six mois et que nous revenons à des prix plus intéressants pour les producteurs, nous avons une grande difficulté actuellement : la volatilité des prix, qui fragilise considérablement les exploitations », analyse Roland Primat, le président du groupe Dauphinoise, dont l'activité principale est la collecte et la mise en marché de grains.
Le cercle vicieux de la concentration
Même si « les agriculteurs ont relevé des défis quantitatifs et qualitatifs importants pour faire face à la baisse du nombre d'exploitations », le responsable agricole, lui-même producteur à La Côte-Saint-André, pense que, « si les règles actuelles ne changent pas, il y aura une restructuration importante dans les cinq ans qui viennent. Mais, comme les exploitations s'agrandissent et se spécialisent de plus en plus afin de s'adapter à la nouvelle donne économique, elles se retrouvent dans un cercle un peu infernal : elles sont de plus en plus exposées à la volatilité des prix ».
La vulnérabilité des structures agricoles est d'abord « un problème social et d'aménagement du territoire » pour Roland Primat, car, « lorsque l'agriculture se restructure, l'industriel ne le perçoit pas : la production agricole est toujours au rendez-vous. En Isère, cette dernière a même augmenté en parallèle de la baisse du nombre d'exploitations ».
C'est précisément ce qu'affirme Philippe Corréard, le gérant de la minoterie du Trièves. « Il y aura toujours du blé ». Même si « ce n'est pas facile pour les producteurs de faire face à des charges croissantes tout en subissant des variations de rendement du fait des aléas climatiques, il ne faut pas perdre de vue que, dans une économie mondialisée où les prix varient constamment, ils ne sont pas les seuls à piloter à vue. Il est sûr que les agriculteurs sont plus coincés que nous, qui pouvons répercuter les variations de tarifs sur nos prix. Mais, si l'on se place dans le long terme, on constate que les prix payés aux producteurs progressent et que la mécanisation permet des gains de productivité substantiels ». Le transformateur constate également que « les fermes sont plus grandes qu'avant ». Alors, même si « la moitié d'entre elles disparassait en cas de suppression des aides à la production », « l'agriculture locale restera ce qu'elle est » pour Philippe Corréard.
Des agriculteurs très au fait des lois de la mondialisation
Président-directeur général de Margaron SA, spécialiste des coproduits végétaux implanté à Roybon, Bernard Margaron se montre également confiant dans la capacité des cultivateurs à s'insérer dans une économie mondialisée. « Quand nous traitons directement avec eux pour l'achat de maïs, nous constatons que nous avons affaire à des interlocuteurs de plus en plus professionnels. Aujourd'hui, l'information arrive jusque dans les campagnes et ce qui se passe à Chicago, en Russie ou ailleurs impacte fortement l'agriculteur de Rhône-Alpes. Il n'y a de vérité que dans l'instant, du fait de la volatilité des prix, mais les producteurs ont autant d'éléments que nous en tête, et font preuve d'une grande réactivité. A l'heure de vendre leurs céréales, ils sont même de plus en plus nombreux à adopter des stratégies opportunistes ».
Pour Roland Primat, « cette tendance à l'opportunisme s'explique par une vision partielle du marché : les agriculteurs n'ont parfois en tête que leur client direct, alors que c'est le dernier transformateur, au bout de la chaîne, qui fixe le prix en fonction de l'attitude du consommateur ». Face à la « gangrène » de la volatilité des prix, le président du groupe Dauphinoise estime que « l'écueil à éviter, c'est le chacun pour soi, car il est illusoire de penser que l'on peut s'en sortir en mettant sur pied des solutions chacun de son côté ». Dans ce cadre, « la responsabilité du transformateur est de permettre à l'agriculteur d'être bien connecté au marché. Les entreprises locales ont intérêt à s'approvisionner localement pour rester compétitives et pouvoir jouer la carte du développement durable, surtout en Rhône-Alpes, où le marché est important ».
Peu de marge à redistribuer
Du coup, les entreprises affichent leur volonté de rémunérer les productions agricoles de façon à ce que les agriculteurs puissent vivre de leur travail. « Nous appelons de nos voeux une agriculture qui soit la plus rémunératrice possible des producteurs », déclare ainsi Bernard Margaron en faisant part de sa volonté de « verser une prime supplémentaire aux cultivateurs de colza » dans le cadre de sa future activité de trituration.
Mais, même si les entreprises locales ont bien compris l'intérêt de contribuer au maintien de l'agriculture locale, cela ne fera pas tout, car « les intermédiaires ne dégagent que peu de marge, souligne Roland Primat. Dans le cas de la coopérative, le résultat net ne dépasse pas un pour cent du chiffre d'affaires ».
Le cercle vicieux de la concentration
Même si « les agriculteurs ont relevé des défis quantitatifs et qualitatifs importants pour faire face à la baisse du nombre d'exploitations », le responsable agricole, lui-même producteur à La Côte-Saint-André, pense que, « si les règles actuelles ne changent pas, il y aura une restructuration importante dans les cinq ans qui viennent. Mais, comme les exploitations s'agrandissent et se spécialisent de plus en plus afin de s'adapter à la nouvelle donne économique, elles se retrouvent dans un cercle un peu infernal : elles sont de plus en plus exposées à la volatilité des prix ».
La vulnérabilité des structures agricoles est d'abord « un problème social et d'aménagement du territoire » pour Roland Primat, car, « lorsque l'agriculture se restructure, l'industriel ne le perçoit pas : la production agricole est toujours au rendez-vous. En Isère, cette dernière a même augmenté en parallèle de la baisse du nombre d'exploitations ».
C'est précisément ce qu'affirme Philippe Corréard, le gérant de la minoterie du Trièves. « Il y aura toujours du blé ». Même si « ce n'est pas facile pour les producteurs de faire face à des charges croissantes tout en subissant des variations de rendement du fait des aléas climatiques, il ne faut pas perdre de vue que, dans une économie mondialisée où les prix varient constamment, ils ne sont pas les seuls à piloter à vue. Il est sûr que les agriculteurs sont plus coincés que nous, qui pouvons répercuter les variations de tarifs sur nos prix. Mais, si l'on se place dans le long terme, on constate que les prix payés aux producteurs progressent et que la mécanisation permet des gains de productivité substantiels ». Le transformateur constate également que « les fermes sont plus grandes qu'avant ». Alors, même si « la moitié d'entre elles disparassait en cas de suppression des aides à la production », « l'agriculture locale restera ce qu'elle est » pour Philippe Corréard.
Des agriculteurs très au fait des lois de la mondialisation
Président-directeur général de Margaron SA, spécialiste des coproduits végétaux implanté à Roybon, Bernard Margaron se montre également confiant dans la capacité des cultivateurs à s'insérer dans une économie mondialisée. « Quand nous traitons directement avec eux pour l'achat de maïs, nous constatons que nous avons affaire à des interlocuteurs de plus en plus professionnels. Aujourd'hui, l'information arrive jusque dans les campagnes et ce qui se passe à Chicago, en Russie ou ailleurs impacte fortement l'agriculteur de Rhône-Alpes. Il n'y a de vérité que dans l'instant, du fait de la volatilité des prix, mais les producteurs ont autant d'éléments que nous en tête, et font preuve d'une grande réactivité. A l'heure de vendre leurs céréales, ils sont même de plus en plus nombreux à adopter des stratégies opportunistes ».
Pour Roland Primat, « cette tendance à l'opportunisme s'explique par une vision partielle du marché : les agriculteurs n'ont parfois en tête que leur client direct, alors que c'est le dernier transformateur, au bout de la chaîne, qui fixe le prix en fonction de l'attitude du consommateur ». Face à la « gangrène » de la volatilité des prix, le président du groupe Dauphinoise estime que « l'écueil à éviter, c'est le chacun pour soi, car il est illusoire de penser que l'on peut s'en sortir en mettant sur pied des solutions chacun de son côté ». Dans ce cadre, « la responsabilité du transformateur est de permettre à l'agriculteur d'être bien connecté au marché. Les entreprises locales ont intérêt à s'approvisionner localement pour rester compétitives et pouvoir jouer la carte du développement durable, surtout en Rhône-Alpes, où le marché est important ».
Peu de marge à redistribuer
Du coup, les entreprises affichent leur volonté de rémunérer les productions agricoles de façon à ce que les agriculteurs puissent vivre de leur travail. « Nous appelons de nos voeux une agriculture qui soit la plus rémunératrice possible des producteurs », déclare ainsi Bernard Margaron en faisant part de sa volonté de « verser une prime supplémentaire aux cultivateurs de colza » dans le cadre de sa future activité de trituration.
Mais, même si les entreprises locales ont bien compris l'intérêt de contribuer au maintien de l'agriculture locale, cela ne fera pas tout, car « les intermédiaires ne dégagent que peu de marge, souligne Roland Primat. Dans le cas de la coopérative, le résultat net ne dépasse pas un pour cent du chiffre d'affaires ».