La responsabilité incombe aux éleveurs
« Le GDS ne peut pas faire remonter le prix du lait ni les cours de la viande, mais nous assurons présence et proximité pour accompagner les éleveurs et permettre le meilleur niveau sanitaire possible, car cela reste un puissant levier de commercialisation et de rentabilité », indique Jean-Yves Bouchier, président du GDS de l'Isère, à l'occasion de l'assemblée générale de la structure, tenue le 31 mars à Rives.
« Maladie économique »
La fièvre catarrhale ovine (FCO) est réapparue en France depuis la fin de l'année 2015. « Si le département est, pour l'instant, déclaré en zone saisonnièrement indemne, il reste en zone surveillée », déclare Sylvain Traynard, chef du service santé et protection animales et végétales, à la Direction départementale de la protection des populations. D'autant que l'activité vectorielle et la propagation de la maladie vont probablement redémarrer avec le printemps. La stratégie de lutte contre le développement de la maladie n'est pas la même que celle mise en œuvre en 2009. Cette fois, il n'est pas question de vacciner systématiquement. La décision revient à l'éleveur et l'acte peut être réalisé par ses soins. « La vaccination reste le principal moyen de lutte. Elle seule permet de limiter les pertes que la maladie peut générer » rappelle le GDS. Cette année, le vaccin est pris en charge par l'Etat. En revanche, l'acte vaccinal, s'il est réalisé par le vétérinaire, est à la charge de l'éleveur. Le praticien pourra également facturer sa prescription lorsque l'éleveur vaccine lui-même. Toutefois, la vaccination devra impérativement être réalisée par un vétérinaire sanitaire pour les mouvements d'animaux issus de la zone réglementée vers la zone indemne, les mouvements de transhumance entre zones réglementée et indemne et l'admission des animaux aux échanges et exportations vers la plupart des pays tiers. « Les animaux (broutards jeunes veaux ou reproducteurs, notamment) destinés à l'export vers l'Italie ou d'autres pays européens rencontreront des difficultés à être vendus ou exportés sans une vaccination en bonne et due forme », met en garde le GDS, qui encourage les éleveurs à se rapprocher de leur vétérinaire ou de leur marchands de bestiaux pour connaître les conditions à remplir pour chaque destination. « Mais, comme il s'agit d'une maladie « commerciale », la règle n'est pas figée. Ces conditions peuvent évoluer selon les besoins », estime Jean-Yves Bouchier. Pour l'instant, le vaccin n'est pas encore complètement disponible, il devrait l'être d'ici le 1er mai.
Gestion au cas par cas
« Nous avons changé d'époque. Pendant longtemps, on nous a dit ce que nous devions faire. Mais, du fait de la diminution des moyens de l'Etat, du libéralisme ambiant, nous devons devenir plus responsables et assumer les choix stratégiques de conduite de nos élevages », relève le président du GDS. Le développement de la besnoitiose inquiète aussi les responsables sanitaires. Face à l'explosion de la maladie jugée « extrêmement inquiétante », l'action régionale doit être renforcée . « Il faut rechercher sa présence, car sa lutte passe par sa détection et la séparation des animaux porteurs et sains », martèle le GDS, qui ne conseille pas d'éliminer systématiquement les animaux malades, mais une « gestion au cas par cas ».
Inquiétudes
Concernant la vie du groupement, comme il s'y était engagé au regard de la situation des marchés, le GDS n'a pas augmenté ses cotisations envers les éleveurs. Une subvention du Conseil départemental de l'Isère de 30 000 euros devait aider au fonctionnement de la structure, mais l'enveloppe a été absorbé par un appel supplémentaire de 28 000 euros du FMSE (Fonds de mutualisation sanitaire et environnemental). Le GDS nourrit quelques inquiétudes liées au transfert de la compétence économique (à laquelle est rattachée l'agriculture) du Conseil départemental à la région Auvergne-Rhône-Alpes. Jusqu'ici, il bénéficiait d'aides directes pour l'action sanitaire menée (200 000 euros par an) et rien ne semble se mettre en place à l'échelon régional pour compenser. Sans que ce ne soit pérenne, Robert Duranthon a assuré qu'un accord avait été trouvé entre le département et la région pour 2016. Les discussions ayant déjà été entamées pour 2017. Quant au projet de rattachement de l'identification des bovins à la chambre d'agriculture (dans un cadre de réorganisation régionale), il est, pour l'instant, reporté. L'IPG reste donc sous la maîtrise du GDS jusqu'à fin 2017.