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Territoires

La ruralité s'invite dans le schéma régional

Les Schéma régional d'aménagement de développement durable et d'équilibre des territoires (SRADDET) est un outil de simplification et d'équilibre des territoires.
La ruralité s'invite dans le schéma régional

« Les collectivités locales sont confrontées à l'obligation de faire nouveau et différemment », déclarait le directeur de l'Institut de géographie alpine en accueillant avant l'été les participants à la réunion d'échange grenobloise autour du futur Sradett, Schéma régional de développement durable et d'agilité des territoires.
La vice-présidente du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, Michèle Cedrin, a rappelé que le Sradddet était une obligation de la loi Notre qui désigne la région comme chef de file en matière d'aménagement du territoire. Il s'agit certes d'un outil supplémentaire, mais il est opposable à tous les autres schémas : Scot, PLU, PLUI et chartes des parcs. « Il permet aussi de simplifier, par la fusion de tous les autres schémas comme le plan climat air énergie et le plan de cohérence écologique », détaille l'élue.
Les objectifs de ce plan sont multiples mais doivent répondre aux attentes des élus territoriaux rencontrés durant les réunions préparatoires qui se sont déroulées au printemps dans les départements de la Région. « Quel territoire pour demain ? Quels projets de désenclavement ruraux ? Comment concilier développement territorial et développement durable ? » sont autant de questions que le Sradett se devra d'anticiper. « Le Sradett sera ce que vous en ferez, le résultats des réflexions et des contributions », a lancé Michèle Cedrin.

L'organisation des territoires

Jean-Pierre Barbier, président du département de l'Isère est resté d'un enthousiasme mesuré. « Je reste prudent. Il ne faudrait pas avoir quelque chose que personne ne partage et de très contraignant. » Il lui importe que soient prises en compte les questions de solidarité territoriale ainsi que les équilibres entre le développement des métropoles et les zones blanches. « Il faut se poser la question de l'organisation des territoires et de la place des départements », a-t-il plaidé. Il a insisté sur le fait que l'Isère, avec ses 1,3 million d'habitants était un des plus grands départements de la région et surtout « le plus inventif avec ses 7,5 brevets déposés pour 10 000 habitants ».
Le Sradett s'appuie dans son élaboration sur onze thématiques dont l'implantation des infrastructures d'intérêt régional, le désenclavement des territoires ruraux – voire la création de nouveaux axes routiers -, la gestion du foncier et de l'habitat, l'intermodalité et le développement des transports, la valorisation de l'énergie, la lutte contre le changement climatique et la pollution de l'air etc.
« Il est important de travailler pour tous les territoires, a confié Michèle Cedrin, depuis les régions où il y a des communes de 16 habitants jusqu'aux grandes métropoles et aux départements les plus importants. » Pour l'élue régionale, présidente de la commission environnement, développement durable et énergie, « l'aménagement du territoire doit concilier toutes les problématiques liées à l'environnement ».

Agriculture et foncier

Dans chaque département, élus, représentants de chambres consulaires, d'établissements publics fonciers, et de collectivités ont travaillé sur trois thèmes : aménagement du territoire, mobilité et infrastructures de transport, environnement et énergie. « Ces ateliers permettent que dans tous les départements, des entités différentes s'expriment sur les problématiques et les enjeux tels qu'ils sont ressentis, pour ensuite définir des priorités et les classer », indique Michèle Cedrin. Les représentants de la Région promettent « une réflexion et une écriture ensemble, de façon collaborative, basée sur l'ambition du territoire », déclare Michèle Cédrin.
Au-delà des problématiques imposées par la loi, il ressort déjà que les thèmes de l'agriculture et du foncier se distinguent comme des enjeux important de l'avenir des territoires. Le thème de la ruralité est extrêmement présent dans les réflexions. « Nous devons créer les conditions d'un rapport équilibré », insiste l'élue régionale. Car les métropoles pèsent lourd en région Auvergne-Rhône-Alpes et les attentes sont soutenues en matière d'équilibre entre urbain, rural et rurbain, comme le souligne Patrick Mignola, vice-président aux transports. Les ateliers sont le lieu de l'expression d'attentes fortes telle la satisfaction des besoins primaires : produire et manger, comme un écho aux Etats généraux de l'alimentation.
Cette phase d'écoute et de collecte, s'achèvera à la fin de l'année.

Isabelle Doucet

Un calendrier

2017 : établissement du diagnostic
2018 : projet finalisé soumis à enquête publique
2019 : vote par l'assemblée régionale