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La solidarité, première pierre de la reconstruction

Après l'incendie qui a ravagé l'un de ses bâtiments le 30 décembre, le Gaec de la Peluze, à Châteauvilain, se retrouve au cœur d'un important réseau de soutien qui lui permet de faire face aux difficultés.
La solidarité, première pierre de la reconstruction

La solidarité paysanne a désormais sa version numérique. A la suite du violent incendie qui a ravagé l'un de leurs bâtiments agricoles le 30 décembre dernier, un important mouvement d'entraide s'est spontanément déclenché en faveur de Sébastien, Nathalie et Fabrice Collomb, éleveurs laitiers à Châteauvilain. Le soir même du drame, les pompiers n'étaient pas encore sur place que les voisins arrivaient déjà, aidant les éleveurs à sortir les bêtes affolées et la paille en feu. Si certains animaux s'en sont tirés de justesse, le dos à peine roussi par les flammes, sept veaux ont péri, un tracteur a été détruit, de la paille et une partie du stock de foin sont partis en fumée. Fort heureusement, l'ensilage et les deux robots de traite, situés dans un bâtiment mitoyen, n'ont subi aucun dommage.

Dès le lendemain, 1er janvier, voisins, amis et agriculteurs du coin se sont mobilisés et ont prêté main-forte. Des bêtes ont été mises en sécurité chez un éleveur voisin, un agriculteur est venu avec son téléscopique pour débarrasser le fumier. « L'entrepreneur qui réalise nos travaux d'ensilage a très vite organisé un voyage de solidarité, ajoute Fabrice Collomb. Il a fait le tour des fermes pour récolter des balles de foin et nous les livrer dès qu'il a pu. » Des agriculteurs ont apporté de la paille, des niches à veaux ; d'autres sont venus aider à déblayer les décombres calcinés.

Elan de solidarité

Cet élan de solidarité matériel s'est doublé d'une cagnotte en ligne, lancée sur le site Leetchi. Le drame et ses conséquences y sont rappelés en quelques mots ; la cagnotte est présentée comme un moyen de « soulager un temps soit peu la peine [de Fabrice et Sébastien ] et les aider à repartir de l'avant ! » Plus de 200 personnes ont déjà participé, chacun y allant de son message amical. De l'ancienne copine d'école aux agriculteurs alentours en passant par la famille d'un stagiaire, tous proposent leurs bras et assurent les éleveurs de leur soutien.

« Ça fait du bien au moral, toute cette entraide. On dort un peu mieux... », confie Fabrice Collomb, trois semaines après le drame. Dans la ferme, le quotidien a très vite repris le dessus, compliqué cependant par les conséquences du sinistre à gérer. Après une baisse de lactation la première semaine, les vaches, serrées dans un seul bâtiment, ont retrouvé leur rythme de croisière. Certes les cellules et les mammites ont augmenté, mais les éleveurs font face, motivés, étonnamment forts.

L'expert est passé, mais n'a pas su déterminer l'origine de l'incendie. Qu'importe : l'assurance devrait jouer sans poser problème. La banque, en revanche, « ne fait pas de cadeau ». Partagés entre un sentiment d'amertume et un soulagement réel né de la bienveillance qui les entoure, Fabrice, Nathalie et Sébastien Collomb pensent déjà à la recontruction. Mais entre les papiers à remplir, les plans à concevoir et le permis de construire à déposer, le futur bâtiment n'est pas prêt de sortir de terre. Même si la mairie a promis de faire son maximum pour aider le Gaec.

MB