La vie en vert
Pas de réservation : dès le printemps, les clients viennent directement chercher leurs paniers à l'exploitation, les mercredi et vendredi après-midi. Cette gestion des légumes en flux tendu est un choix pour Christine Torres et son frère Patrick Perconte, associés du Gaec familial Perconte à Gières. La clientèle apprécie cette liberté, à charge des exploitants d'assurer les approvisionnements. En pleine saison, carottes et pommes de terre sont récoltées la veille et le vert, le matin même. Dès juin, on se rue depuis l'autre bout de l'agglomération pour goûter les tomates du Gaec. « Nous faisons les paniers depuis sept ans. Nous recherchions un renouveau », avance Christine Torres. L'exploitation se répartit entre trois hectares de maraîchage et 25 hectares de grandes cultures, à Gières et Murianette. Fermiers depuis quatre générations, Christine Torres et Patrick Perconte, aidés de leur père, estiment avoir trouvé un équilibre économique entre les différentes activités de l'exploitation. La vente directe est devenue complémentaire du marché de gros de Grenoble, où Patrick se rend tous les mardi et samedi matin. Le Gaec fait aussi partie du réseau des fermes de Belledonne et assure deux marchés par mois, de mars à octobre. « Nous participons aussi à des manifestations comme la foire verte du Mûrier », poursuit Chrsitine Torres, en insistant sur l'importance d'appartenir à un réseau de producteurs, tant ils sont peu nombreux en région grenobloise.
Pionniers
L'exploitation est située dans le bourg de Gières, avec cinq serres de plus de 1 500 m2 contigües aux bâtiments. Elles permettent la culture et la protection des concombres et des tomates. Elles servent aussi aux semis que les exploitants réalisent eux-mêmes. « Des plants à la vente, nous faisons tout de A à Z », insiste l'agricultrice. Le Gaec a la maîtrise de l'ensemble de sa chaîne de production, possédant son propre matériel, dont la ramasseuse de patates, la planche à semis ou les chambres froides, et la moitié de ses terres. « Les choses ont beaucoup évolué », constate le père des deux associés, Ange Perconte, qui a pris sa retraite en 1999. L'exploitation a opté pour certaines orientations, multiplié les expériences, été pionnière de la vente directe avec l'ouverture d'un magasin de producteur, « La ferme en ville » à Saint-Martin-d'Hères, dans les années 80. « Mais ce n'était pas dans le vent », reconnaissent les agriculteurs. Le Gaec a aussi fait le choix de ne pas travailler avec la grande distribution, privilégiant les primeurs, « même si au Min, les prix sont dérisoires ». Alors pour se différencier, les exploitants misent sur la précocité : les premières blettes, les premiers oignons sont toujours les bienvenus au marché de gros.
Une reconnaissance
Aujourd'hui, la vente des paniers saisonniers représente plus du tiers de l'activité de l'exploitation. « C'est une reconnaissance de nos produits », estime Christine Torres. Le Gaec n'est pas bio mais pratique une agriculture raisonnée et la rotation des cultures. D'ailleurs, personne ne pose la question tant prime la fraîcheur et le goût. Les exploitants n'hésitent pas à ouvrir les portes de leurs serres à ceux qui veulent y voir de plus près, expliquent comment ils travaillent, accueillent même parfois quelques écoles. Pendant les mois de printemps et d'été, ils vident et reremplissent une serre par semaine. Pour l'heure, les premiers paniers maraîchers de la saison présentent aux clients des blettes ou des épinards, des radis, des oignons frais, des salades et de la chicorée. En attendant l'arrivée des carottes et les pommes de terre. « Nous proposons des légumes très classiques, qui correspondent à la demande de notre clientèle », poursuit Christine Torres. L'activité reste saisonnière. Pas de paniers ni de légumes d'hiver, quitte à privilégier le vert lorsque la saison redémarre. Le reste du temps, est consacré à la préparation des semis, au rempotage et au travail du sol.