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Le Pin

« Difficile de voir l'avenir et de savoir comment investir »

PORTRAIT/ A 23 ans, Julien Milliat a fait le choix de s'installer en Gaec avec des membres de sa famille. Une décision qu'il ne regrette pas, mais espère que les prochaines années verront une embellie sur le plan économique.
« Difficile de voir l'avenir et de savoir comment investir »
Quand il a rejoint l'exploitation familiale et s'est installé en Gaec avec ses parents Annie et Alain Milliat, et son cousin Vincent Gonon, dans la commune du Pin (canton de Virieu), Julien Milliat n'avait que 23 ans, mais était sûr de son choix. « Après mon baccalauréat scientifique, j'ai suivi un BTS Productions animales dans l'objectif de m'installer. Je n'avais pas d'échéance en tête. Tout ce que je désirais, c'était m'installer sur une exploitation viable ».
Une production très diversifiée
L'occasion se présente finalement en 2009, lorsqu'il apprend la possibilité de reprendre une production de volailles de chair et une cinquantaine d'hectares de terrain. « Cela appartenait à un homme, décédé dans un accident de la route. Cet événement a accéléré les choses et donc, mon installation avec mes parents et mon cousin », raconte ce jeune agriculteur de 25 ans.
Située non loin du lac de Paladru, l'exploitation de 150 hectares est très diversifiée. Sa production principale ? Le lait. « Nous avons environ 80 laitières de race Montbéliarde. Notre production est de 720 000 litres de lait par an, et est collectée par Danone », explique-t-il. Les veaux mâles sont engraissés « jusqu'à 16, 18 mois. Ensuite, nous les confions à Dauphidrom, avec qui nous sommes en contrat pour la totalité de notre production. Cela correspond à une trentaine de taurillons par an ». Autre atelier du Gaec, celui des volailles de chair. « Nous avons deux poulaillers de 4 400 volailles chacun pour de la production de poulets en label. Nous produisons également des céréales pour nourrir nos animaux », précise-t-il.
La génétique : un atout
Des activités nombreuses qui impliquent donc une bonne organisation. Pour ça, aucun problème selon Julien Milliat, « l'entraide familiale fonctionne parfaitement et on tourne sur tous les ateliers. Même s'il y a beaucoup de travail, on arrive à prendre des jours de congés le dimanche, ainsi que des vacances ». Après avoir oeuvré durant plusieurs années en tant que salarié dans des exploitations agricoles, ou des coopératives, il n'est pas déçu de son installation. « Je savais déjà à quoi m'attendre, autant sur le plan de l'investissement personnel que sur celui de la situation économique des filières. Dans notre système, cela ne va pas trop mal. Les charges sont hautes, c'est vrai mais les prix de la viande ont tendance à remonter », s'exclame-il.
Et, même s'il avoue que les investissements ont été difficiles à supporter les deux premières années de son parcours à l'installation, il cherche aujourd'hui à travailler sur la génétique. « Le but est d'améliorer le troupeau. Nous avons une quinzaine de génisses de race Charolaise, mais il n'y a pas vraiment de demande pour la vente. Du coup, nous transférons des embryons de Montbéliarde sur des Charolaises, pour augmenter le nombre d'animaux dans le troupeau. Et, le surplus de génisses est vendu ».
Où et comment investir ?
Pour les années à venir, le projet du Gaec est de développer l'atelier lait au maximum, « en augmentant par exemple le troupeau ou en investissant dans le bâtiment. Rien n'est encore défini… Ce n'est pas facile de voir l'avenir, de savoir où investir et dans quel domaine », s'interroge l'agriculteur, également trésorier de la section des JA du canton de Virieu. Mais, il reste sûr d'une chose : « Je ne regrette pas de m'être installé. Il y a cinq ans, si quelqu'un m'avait dit que je reprendrais une exploitation de volailles, je ne l'aurais pas cru et surtout, ça ne m'aurait pas trop intéressé. Finalement, j'ai sauté le pas et j'en suis très content. Les dernières années n'ont pas été faciles pour l'agriculture, j'espère juste que les suivantes seront meilleures ».
Lucile Ageron