Penol
« Il faut avoir les reins solides »
INSTALLATION/ Onze ans après son installation, Damien Vivier, pépiniériste à Penol, retrace son parcours. Une création d'activité pas facile, mais qui aujourd'hui, cherche à se développer malgré un marché des plus tendus.
En 2000, en Isère, ils étaient trois à s'installer en tant que pépiniériste. Aujourd'hui, il n'en reste plus qu'un. « C'est très compliqué de s'installer dans cette profession. Il faut énormément de temps pour arriver à en vivre », témoigne Damien Vivier, installé donc, depuis 2000, à Penol.
Le tabac comme appui
Des débuts, certes marqués par des difficultés, mais aussi par la motivation et la solidarité familiale. « Après avoir effectué mon service militaire, j'ai été responsable d'une jardinerie et je me suis pris au jeu. Au fil des années et des rencontres, j'ai eu envie de créer mon entreprise et de ne vendre qu'aux professionnels », explique-t-il. Un choix qu'il justifie « car après avoir travaillé au contact des particuliers pendant de longues années, j'avais envie de me centrer sur une autre clientèle. Les professionnels savent davantage ce qu'ils veulent. C'est moins contraignant que l'accueil pour les particuliers, ce n'est pas du tout le même travail ».
Il se lance alors dans un travail de longue haleine, où sa famille lui apportera un bon coup de pouce. Ses parents étant tabaculteurs, il peut bénéficier des infrastructures familiales pour s'installer, et cultive lui-même du tabac pendant quelques années. « Au début, il fallait énormément investir pour mettre en place la structure. Par chance, les banques ont bien suivi et mes parents m'ont beaucoup aidé. J'ai également été tabaculteur jusqu'en 2007 pour pouvoir financer ma pépinière », raconte-t-il.
Un marché qui évolue sans cesse
Petit à petit, son activité de vente de jeunes plantes ornementales en godet ou en pré-conteneurs, décolle. Les investissements se succèdent : tunnels, irrigation, matériels, constitution d'un stock... « C'est ce dernier point qui est le plus long à mettre en place. Il a fallu avoir les reins solides pendant quatre ans », confie-t-il.
Une période qui n'a pas été de tout repos mais qui, aujourd'hui, porte ses fruits. A partir de la quatrième année, il a pu embaucher un salarié. Désormais, ils sont cinq permanents et cinq saisonniers pour s'occuper d'une surface de 3,5 hectares. Ses clients sont principalement des pépiniéristes, - « la plupart des plants repartent en culture ou en paysage pour de la plantation directe » - et même s'il a ressenti les effets de la crise, Damien Vivier a des projets plein la tête. « Je suis constamment en train de développer mon activité. En 2010, je me suis lancé dans le matériel végétal pour toiture, destiné au marché des étancheurs* et cette année, j'ai acheté une autre structure de deux hectares pour relancer la culture de jeunes plants. Le but est de la développer pour diminuer mes charges. Il faut que je produise en moyenne les trois quarts de mes plants pour les réduire et gérer la qualité », précise le passionné. Et même si pour lui, tout semble plutôt bien fonctionner, il n'en reste pas moins lucide et vigilant par rapport au marché actuel : « Il est très tendu. Si je devais m'installer aujourd'hui, ce serait encore plus difficile qu'il y a onze ans. D'ailleurs, si je refaisais ce que j'ai fait à l'époque, je me serais trompé car le marché se modifie sans cesse. Oui, je me serais pris un beau râteau ! »
Lucile Ageron
*L'étancheur est celui qui prévoit l'étanchéité d'un ouvrage, les techniques et les matériaux à employer pour prévenir toute infiltration d'eau, d'humidité ou tous autres éléments extérieurs dans une construction.
Le tabac comme appui
Des débuts, certes marqués par des difficultés, mais aussi par la motivation et la solidarité familiale. « Après avoir effectué mon service militaire, j'ai été responsable d'une jardinerie et je me suis pris au jeu. Au fil des années et des rencontres, j'ai eu envie de créer mon entreprise et de ne vendre qu'aux professionnels », explique-t-il. Un choix qu'il justifie « car après avoir travaillé au contact des particuliers pendant de longues années, j'avais envie de me centrer sur une autre clientèle. Les professionnels savent davantage ce qu'ils veulent. C'est moins contraignant que l'accueil pour les particuliers, ce n'est pas du tout le même travail ».
Il se lance alors dans un travail de longue haleine, où sa famille lui apportera un bon coup de pouce. Ses parents étant tabaculteurs, il peut bénéficier des infrastructures familiales pour s'installer, et cultive lui-même du tabac pendant quelques années. « Au début, il fallait énormément investir pour mettre en place la structure. Par chance, les banques ont bien suivi et mes parents m'ont beaucoup aidé. J'ai également été tabaculteur jusqu'en 2007 pour pouvoir financer ma pépinière », raconte-t-il.
Un marché qui évolue sans cesse
Petit à petit, son activité de vente de jeunes plantes ornementales en godet ou en pré-conteneurs, décolle. Les investissements se succèdent : tunnels, irrigation, matériels, constitution d'un stock... « C'est ce dernier point qui est le plus long à mettre en place. Il a fallu avoir les reins solides pendant quatre ans », confie-t-il.
Une période qui n'a pas été de tout repos mais qui, aujourd'hui, porte ses fruits. A partir de la quatrième année, il a pu embaucher un salarié. Désormais, ils sont cinq permanents et cinq saisonniers pour s'occuper d'une surface de 3,5 hectares. Ses clients sont principalement des pépiniéristes, - « la plupart des plants repartent en culture ou en paysage pour de la plantation directe » - et même s'il a ressenti les effets de la crise, Damien Vivier a des projets plein la tête. « Je suis constamment en train de développer mon activité. En 2010, je me suis lancé dans le matériel végétal pour toiture, destiné au marché des étancheurs* et cette année, j'ai acheté une autre structure de deux hectares pour relancer la culture de jeunes plants. Le but est de la développer pour diminuer mes charges. Il faut que je produise en moyenne les trois quarts de mes plants pour les réduire et gérer la qualité », précise le passionné. Et même si pour lui, tout semble plutôt bien fonctionner, il n'en reste pas moins lucide et vigilant par rapport au marché actuel : « Il est très tendu. Si je devais m'installer aujourd'hui, ce serait encore plus difficile qu'il y a onze ans. D'ailleurs, si je refaisais ce que j'ai fait à l'époque, je me serais trompé car le marché se modifie sans cesse. Oui, je me serais pris un beau râteau ! »
*L'étancheur est celui qui prévoit l'étanchéité d'un ouvrage, les techniques et les matériaux à employer pour prévenir toute infiltration d'eau, d'humidité ou tous autres éléments extérieurs dans une construction.