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Plan régional pour l'agriculture et le développement rural

« Il n'est pas question d'aller plus sur certaines filières que sur d'autres »

A l'occasion d'un déplacement dans le Sud-Isère au cours duquel il est allé à la rencontre des acteurs des filières viande, bois et céréales locales, Michel Grégoire, vice-président du conseil régional, a répondu à nos questions sur le nouveau plan régional pour l'agriculture et le développement rural.
« Il n'est pas question d'aller plus sur certaines filières que sur d'autres »
De l'abattoir de proximité de La Mure au soutien aux investissements collectifs dans le domaine du bois, comme à Saint-Michel-les-Portes... Votre récent déplacement dans le Sud-Isère reflète bien les thèmes du nouveau plan régional pour l'agriculture et le développement rural (PRADR). C'était le but de ces visites ?
En me rendant à Saint-Michel-les-Portes, au Percy, à Mens et à La Mure, je répondais tout d'abord à la demande des acteurs locaux. Mais il est vrai que ce déplacement a illustré tout un pan du nouveau plan, qui vise notamment à concentrer l'intervention de la Région sur les filières agroalimentaires ancrées sur le territoire, dans le cadre d'une agriculture de proximité.
Le monde rural est inquiet du devenir de notre agriculture. Moi aussi, en tant que maire rural à La Roche-sur-le-Buis, dans la Drôme. Mais ces visites ont montré que, même là où on ne l'attend pas forcément, un potentiel existe. Il se passe des choses intéressantes dans les zones rurales.

La protection de l'environnement est bien présente dans ce nouveau plan...
Oui, il est vrai que, dans la délibération, nous parlons notamment de l'utilisation de l'eau en agriculture. Mais le nouveau PRADR ne se place pas dans une logique particulièrement environnementale. Simplement, nous savons que le respect de l'environnement devient prépondérant, dans la législation comme pour les agriculteurs, et nous intégrons cette donnée en visant une agriculture raisonnée. Mais, pour reprendre l'exemple de l'eau, il est clair que nous n'allons pas vilipender le recours à l'eau, car si nous nous privons d'irrigation, nous pouvons sans doute faire une croix sur la moitié des surfaces actuelles, surtout dans le Sud de la région.
Quant au maintien de la diversité des plantes cultivées et des espèces animales d'élevage cité comme un moyen de créer des opportunités de valorisation sur des marchés segmentés, il ne faut pas le confondre avec la protection de la biodiversité dans les espaces naturels. Il s'agit simplement de remettre en perspective des filières quasi-disparues. L'exemple du petit épeautre, redevenu d'actualité, ou la mode des légumes anciens, montrent que nous avons intérêt à investir toutes les niches qui peuvent apporter de la valeur ajoutée.

La profession a souvent l'impression que les élus mettent systématiquement l'accent sur les circuits courts et la bio. N'est-ce pas le cas de ce nouveau plan pour l'agriculture de Rhône-Alpes ?
Il n'est pas question d'aller plus sur certaines filières que sur d'autres. Suite à ce déplacement dans le Sud-Isère, je serai dans l'Ain la semaine prochaine pour voir comment les grandes cultures peuvent gagner en compétitivité. Avec le soutien à l'autonomie énergétique ou alimentaire, nous nous adressons à tous. Et si nous encourageons la valorisation des productions rhônalpines auprès de l'important bassin de consommation que représente la région, nous soutenons aussi l'export, car si les Côtes-du-Rhône devaient s'adresser à un bassin de production uniquement local, il faudrait sans doute arracher les trois quarts du vignoble !
Propos recueillis par Cécile Fandos
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Plan régional pour l'Agriculture et le Développement rural
Quatre objectifs transversaux
« Au vu des nouveaux enjeux auxquels l'agriculture est confrontée », les quatre objectifs poursuivis par le plan régional pour l'agriculture et le développement rural adopté par le conseil régional au mois de décembre dernier sont :
- « La contractualisation, c'est-à-dire la mise en relation, dans un cadre coopératif ou conventionnel, entre l'amont et l'aval, en vue de sécuriser les relations commerciales et de mieux répartir la valeur ajoutée entre producteurs et intermédiaires ».
- « L'autonomie des exploitations et des territoires, pour la fourniture de produits agricoles et alimentaires, de biomatériaux et de bioénergies, de services aux personnes et aux entreprises ».
- « La proximité entre les producteurs et les consommateurs, en valorisant la diversité et la qualité des productions agricoles et alimentaires de Rhône–Alpes auprès des bassins de consommation importants que représentent, notamment, les grandes agglomérations ». Il est précisé que cet objectif doit être poursuivi « en agissant en faveur de la préservation et du développement du foncier agricole au sein et en périphérie des zones urbaines » et « en favorisant les circuits courts et l'accès de tous les citoyens à une alimentation de qualité ».
- « L'écoresponsabilité, pour accentuer l'orientation vers une agriculture durable, sans plantes génétiquement modifiées, de qualité, biologique, respectueuse de la diversité de nos terroirs, soucieuse de la bonne alimentation et de la santé, sur un principe de progression vérifié par des critères et des indicateurs sociaux et environnementaux à définir » mais « cohérents, notamment, avec ceux du plan climat régional et du plan national Ecophyto 2018 ».
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