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Saint-Clair-de-la-Tour

« Il y a un message à faire passer au grand public »

MONTBELIARDE/ Eleveur à Saint-Clair-de-la-Tour, Christophe Morel participe depuis le début au concours départemental d'élevage. Cette année encore, il sera présent avec Cédric, son fils.
« Il y a un message à faire passer au grand public »
Si Christophe Morel a travaillé comme magasinier pendant treize ans à la coopérative la Dauphinoise, à Fitilieu, ce n'était que provisoire : « J'ai toujours prévu de m'installer et de reprendre l'exploitation de mon père quand il partirait à la retraite », explique-t-il. C'est ainsi qu'en 2004, il reprend la ferme familiale, basée à Saint-Clair-de-la-Tour. Eleveur laitier, il possède un cheptel de 70 bêtes de race Montbéliarde pour un quota de 250 000 litres de lait, collectés par Lacopab, coopérative laitière de Leyment (Ain). Seul, il gère l'exploitation et participe depuis plusieurs années, aux concours d'animaux.
Il se rappelle encore de sa participation au concours départemental d'élevage, de Longechenal en 2005 : « Il pleuvait, il faisait froid, et je n'avais qu'une envie, c'était faire demi-tour ! Mais, par solidarité et parce qu'il fallait relancer la dynamique, nous sommes bien évidemment restés ».
Sauver la trésorerie
Aujourd'hui, fidèle à la manifestation, il prévoit de participer au concours d'août, avec son fils, Cédric. Au total, ils pensent emmener deux ou trois vaches, « mais, on n'y va pas pour gagner. Au contraire, ce que j'aime, c'est l'échange, le relationnel avec les autres éleveurs et le public. C'est important de leur parler, et nous avons un message à leur faire passer ».
Un message qui consiste à rappeler au grand public « que nous faisons ce métier-là, certes par passion, mais que nous devons en vivre. Personne ne va, et ne veut, travailler sans un revenu à la clé. Les mentalités ont évolué et les agriculteurs ont le droit d'exercer une profession avec laquelle ils peuvent gagner leur vie », assure Christophe Morel.
Pour lui, l'avenir est difficile à imaginer. « J'avais de nombreux projets, mais la conjoncture m'a incité à en changer. J'avais, par exemple, besoin de construire un bâtiment neuf, mais je ne peux pas le faire. Toutes les années, il faut sauver la trésorerie. Je pourrais faire des prêts, c'est vrai, mais je tiens à me dégager un revenu minimum. En attendant mieux, chaque année, on fait du bricolage », explique-t-il. Et d'ajouter : « Mais, on aime trop le métier, sinon cela ferait longtemps que l'on aurait arrêté ».
Préparer le concours
Alors le concours, c'est un peu une bouffée d'oxygène pour cet éleveur. Il y a deux ans, il avait d'ailleurs remporté le prix de la super mamelle. Son fils, Cédric, sera le représentant de la ferme au concours, et est en charge de la préparation des bêtes. « Cela me prendra un peu de temps, car il faut tondre les vaches, leur apprendre à marcher... Je commencerai à faire ça une quinzaine de jours avant le concours », précise-t-il. Une passion que semble avoir transmis le père, au fils qui est actif sur l'exploitation pendant les vacances scolaires. Mais, quand on lui pose la question, le jeune lycéen ne sait pas encore s'il reprendra la ferme plus tard. Et c'est son père qui répond :« A la rentrée, il sera en classe de première au lycée de La Côte-Saint-André et n'a pas pour projet immédiat de suivre une formation agricole. Il verra bien ce qu'il souhaite faire, il doit rester ouvert à d'autres secteurs ».
Lucile Ageron