Syndicat caprin de l'Isère
« La rentabilité des exploitations est menacée »
Dernièrement, les éleveurs du syndicat caprin de l'Isère se sont réunis pour faire le traditionnel bilan de l'année 2010, et dresser des perspectives pour 2011. Un exercice pas toujours facile, dans un contexte économique difficile avec notamment, la hausse du prix des matières premières.
Lors de la dernière assemblée générale du syndicat caprin de l'Isère, mi-janvier, le président Frédéric Blanchard a démarré sur une note positive : « Le nombre d'adhérents à notre syndicat ne s'érode pas, cela est sûrement dû au fait que nous continuons à installer des jeunes dans notre département. C'est aussi lié à la structure de ce dernier car il y a encore un syndicat, une technicienne et un contrôleur laitier dédiés à la filière caprine ».
Parmi les points abordés lors du bilan 2010, l'identification électronique a fait réagir les éleveurs. Notamment sur des problèmes d'identification lors de la vente de caprins aux particuliers, qui ne souhaitent pas toujours se déclarer. « Avec le logiciel Orani web, nous devons obligatoirement identifier nos animaux. Le refus de déclaration de la plaque est prévu, mais on ne nous l'avait pas dit ! », souligne Frédéric Blanchard. Et d'expliquer : « Lors de la notification informatique, il ne faut rien mettre dans la catégorie de la raison sociale, ni dans celle du choix des clients. Pour la plaque d'immatriculation, en plus de noter le refus de déclaration, il faut mettre un code postal et une commune. Il faut mettre une série de mêmes chiffres, par exemple 99 999. Cette réalité, non-conforme à la règle, existe au niveau de la base de données. C'est un vrai problème politique ».
Autre point important de la notification : la possibilité de mettre des paturons plutôt que des boucles, comme pour les ovins. « Ce système est intéressant pour les animaux passant les portiques d'abattoirs, mais pas pour les chèvres. L'identifiant qui nous intéresse le plus est celui qui se met à la patte. Il permet de voir le numéro plus facilement en salle de traite, et améliore la rapidité du contrôle laitier », précise le président du syndicat.
Former des vétérinaires au secteur caprin, une nécessité
La formation de vétérinaires a également fait partie des discussions. « En Bretagne, le GDS a mis en place des formations sur la santé des caprins, pour les éleveurs. C'est une bonne initiative lancée depuis dans d'autres départements, comme le Rhône. Dans certaines zones où il n'y a pas beaucoup de chèvres, comme l'Isère, c'est parfois difficile car il y a peu de vétérinaires spécialisés », raconte Frédéric Blanchard. De son côté, le groupement technique vétérinaire a décidé de créer un groupe caprin et des vétérinaires sanitaires vont être formés. Une initiative soutenue par la fédération caprine Rhône-Alpes et par le syndicat caprin isérois : « On a besoin de ça et il est important que les vétérinaires s'y mettent. Il n'y a actuellement aucune autorisation de mise sur le marché de médicaments pour les chèvres, alors souvent on donne un traitement pour les bovins, ou ovins, et on adapte les dosages. Mais, il faut que le vétérinaire accepte de faire l'ordonnance, car il engage sa responsabilité ».
La présentation sur les aides au financement, via le Crof (contrat régional d'objectif de filières), pour le matériel qui facilite, ou améliore les conditions de travail, a été appréciée des éleveurs. « Les subventions régionales interviennent pour des sommes supérieures à 4 000 euros », explique Nathalie Morardet, chargée de mission au sein de Rhône-Alpes élevage. Par exemple : lave-faisselles, séchoir, pompe de relevage du lait, pailleuse, dérouleuse, multimoules, etc.
Le prix du lait en baisse
Des aides qui interviennent dans un contexte économique difficile avec la hausse du prix des matières premières. Et la baisse du prix du lait. « Depuis plus d'un an, la production de lait a augmenté de 10 %, alors qu'il y avait une stagnation depuis quelques années. En 2008-2009, le prix a augmenté de 50 euros pour 1 000 litres. Ça, plus le fait que les récoltes fourragères ont été meilleures, ont dû contribuer à cette hausse de production », expose Frédéric Blanchard. Le problème, c'est que les industriels n'ont pas tout de suite réagi, et ont continué à importer du lait espagnol et hollandais. « Il y a eu aussi une baisse du marché export et les industriels ayant des surplus de stocks ont dit qu'ils ne pourraient plus payer le lait. Cela implique une baisse du prix », note le président. En Isère, une trentaine de producteurs sont concernés, et la baisse avoisinerait les 30 euros pour 1 000 litres. « Comme cela s'additionne avec la hausse du prix des matières premières, les exploitations sont fragilisées et la rentabilité des élevages caprins en 2011 est fortement menacée », conclut-il.
Lucile Ageron
Parmi les points abordés lors du bilan 2010, l'identification électronique a fait réagir les éleveurs. Notamment sur des problèmes d'identification lors de la vente de caprins aux particuliers, qui ne souhaitent pas toujours se déclarer. « Avec le logiciel Orani web, nous devons obligatoirement identifier nos animaux. Le refus de déclaration de la plaque est prévu, mais on ne nous l'avait pas dit ! », souligne Frédéric Blanchard. Et d'expliquer : « Lors de la notification informatique, il ne faut rien mettre dans la catégorie de la raison sociale, ni dans celle du choix des clients. Pour la plaque d'immatriculation, en plus de noter le refus de déclaration, il faut mettre un code postal et une commune. Il faut mettre une série de mêmes chiffres, par exemple 99 999. Cette réalité, non-conforme à la règle, existe au niveau de la base de données. C'est un vrai problème politique ».
Autre point important de la notification : la possibilité de mettre des paturons plutôt que des boucles, comme pour les ovins. « Ce système est intéressant pour les animaux passant les portiques d'abattoirs, mais pas pour les chèvres. L'identifiant qui nous intéresse le plus est celui qui se met à la patte. Il permet de voir le numéro plus facilement en salle de traite, et améliore la rapidité du contrôle laitier », précise le président du syndicat.
Former des vétérinaires au secteur caprin, une nécessité
La formation de vétérinaires a également fait partie des discussions. « En Bretagne, le GDS a mis en place des formations sur la santé des caprins, pour les éleveurs. C'est une bonne initiative lancée depuis dans d'autres départements, comme le Rhône. Dans certaines zones où il n'y a pas beaucoup de chèvres, comme l'Isère, c'est parfois difficile car il y a peu de vétérinaires spécialisés », raconte Frédéric Blanchard. De son côté, le groupement technique vétérinaire a décidé de créer un groupe caprin et des vétérinaires sanitaires vont être formés. Une initiative soutenue par la fédération caprine Rhône-Alpes et par le syndicat caprin isérois : « On a besoin de ça et il est important que les vétérinaires s'y mettent. Il n'y a actuellement aucune autorisation de mise sur le marché de médicaments pour les chèvres, alors souvent on donne un traitement pour les bovins, ou ovins, et on adapte les dosages. Mais, il faut que le vétérinaire accepte de faire l'ordonnance, car il engage sa responsabilité ».
La présentation sur les aides au financement, via le Crof (contrat régional d'objectif de filières), pour le matériel qui facilite, ou améliore les conditions de travail, a été appréciée des éleveurs. « Les subventions régionales interviennent pour des sommes supérieures à 4 000 euros », explique Nathalie Morardet, chargée de mission au sein de Rhône-Alpes élevage. Par exemple : lave-faisselles, séchoir, pompe de relevage du lait, pailleuse, dérouleuse, multimoules, etc.
Le prix du lait en baisse
Des aides qui interviennent dans un contexte économique difficile avec la hausse du prix des matières premières. Et la baisse du prix du lait. « Depuis plus d'un an, la production de lait a augmenté de 10 %, alors qu'il y avait une stagnation depuis quelques années. En 2008-2009, le prix a augmenté de 50 euros pour 1 000 litres. Ça, plus le fait que les récoltes fourragères ont été meilleures, ont dû contribuer à cette hausse de production », expose Frédéric Blanchard. Le problème, c'est que les industriels n'ont pas tout de suite réagi, et ont continué à importer du lait espagnol et hollandais. « Il y a eu aussi une baisse du marché export et les industriels ayant des surplus de stocks ont dit qu'ils ne pourraient plus payer le lait. Cela implique une baisse du prix », note le président. En Isère, une trentaine de producteurs sont concernés, et la baisse avoisinerait les 30 euros pour 1 000 litres. « Comme cela s'additionne avec la hausse du prix des matières premières, les exploitations sont fragilisées et la rentabilité des élevages caprins en 2011 est fortement menacée », conclut-il.