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Isle Crémieu

« La sécheresse ne doit pas devenir un drame humain »

SECHERESSE / Lundi, en mairie de Crémieu, des agriculteurs du canton ont été reçus par les représentants de la commune et de l'Etat pour faire le point sur la situation du plateau de l'Isle Crémieu en cette période de sécheresse.
« La sécheresse ne doit pas devenir un drame humain »
« On prie pour que l'eau arrive, mais même si c'est le cas, les dégâts sont déjà faits ». La sécheresse s'aggrave et l'inquiétude n'en finit pas de monter chez les agriculteurs. Lundi matin, en mairie de Crémieu, une trentaine d'agriculteurs locaux a été reçue par le député-maire Alain Moyne-Bressand, le sous-préfet de l'arrondissement de La Tour-du-Pin, Gilles Cantal, le vice-président de la Chambre d'agriculture, Didier Villard, et le directeur de la direction départementale des territoires, Charles Arathoon.
Cette réunion fait suite à une première rencontre entre deux agriculteurs, Emile Vidon et Marcel Gauthier, et Alain Moyne-Bressand. Objectif : interpeler les élus sur la situation de ce plateau argilo-calcaire, dépourvu de réseau d'irrigation. Une initiative soutenue par le député-maire qui souhaite « être solidaires des agriculteurs en cette période difficile ». Un discours appuyé par le sous-préfet de l'arrondissement de La Tour-du-Pin, Gilles Cantal : « La sécheresse ne doit pas devenir un drame économique et environnemental. Et encore moins un drame humain ».

Une sécheresse pire qu'en 1976
Plusieurs fois comparée à celles de 2003, 1983 et 1976, « la sécheresse que nous vivons actuellement s'annonce pire que cette dernière. Elle est même comparable à celle de 1921 où, à l'automne, les agriculteurs ressortaient du sol les semences du printemps », avance Marcel Teste, éleveur laitier à Optevoz.
Première urgence : l'alimentation du bétail. Avec des pertes de rendement de 30 à 40 % dans ce secteur du département, la paille et le fourrage manquent. « La semaine dernière, une réunion entre les organisations professionnelles agricoles a lancé une opération pour faire venir de la paille de la Marne. Un accord a été trouvé, mais les coûts de transport restent chers et les trésoreries sont basses. Et nous ne pourrons pas fournir tout le département », annonce Didier Villard.
Une aide éventuelle du Conseil général a été évoquée, notamment par la mise en place d'un plan calamité sécheresse. « C'est une décision responsable. Grâce à cela, il va pouvoir intervenir et pourra peut-être nous aider à financer le transport du foin. C'est ce qui s'était passé en 2003», témoigne Emile Vidon, éleveur à Annoisin-Chatelans.

L'irrigation, un enjeu essentiel
Autre problème évoqué : le manque d'irrigation et la question des réserves d'eau, soulevée par Jean-Paul Prudhomme, élu à la Chambre d'agriculture : « On utilise seulement 3 % de l'eau de pluie pour irrigation, et on n'est pas fichu de constituer des réserves ! En 2003, il y a eu un schéma départemental d'irrigation et en 2011, il n'y a toujours rien, sauf dans le secteur des noyers ». Sur ce sujet, Charles Arathoon a rappelé « qu'il faut éviter les excès de prudence sur les prélèvements dans les nappes. Lors de la dernière réunion du comité vigilance sécheresse, les indicateurs montraient que l'on aurait pu placer certaines zones en situation de crise. Nous ne l'avons pas fait, car nous espérions de la pluie. Si le 9 juin, lors de la prochaine réunion du comité, la situation est toujours aussi grave, cela peut conduire au placement en situation de crise des secteurs des eaux superficielles ».
Prochain rendez-vous pour les agriculteurs du plateau : le 8 juillet, à la demande du sous-préfet qui souhaite suivre la situation sur le terrain et lancer le débat sur l'irrigation. « Cette question est essentielle. L'eau est au cœur de vos réflexions et je souhaite que l'on travaille ensemble sur cette problématique et sur la consommation de l'eau par la population ».
Lucile Ageron