Journée régionale apicole
« Le développement du cheptel, contrainte numéro un »
Installé à Pisieu depuis 2005, Vincent Clair témoignera de son expérience lors de la journée régionale apicole organisée par l'association pour le développement de l'apiculture rhônalpine ce vendredi 3 décembre à La Côte-Saint-André dans le cadre de la quinzaine de l'installation et de la transmission. L'occasion de prodiguer quelques conseils aux candidats à l'installation en apiculture.
La trajectoire de Vincent Clair, apiculteur dans le pays de Beaurepaire depuis cinq ans, illustre l'une des vérités incontournables de l'installation en agriculture : l'importance du réseau professionnel. Apiculteur amateur depuis ses 18 ans, puis ouvrier apicole et technicien de l'association pour le développement de l'apiculture provençale, ce Lyonnais d'origine n'aurait pu s'installer sans le soutien de deux de ses confrères qui l'ont accueilli dans leurs locaux au cours de ses trois premières années d'activité. « Mes ruches sont positionnées sur des terrains loués et j'ai acheté la parcelle sur laquelle j'ai fait construire ma miellerie il y a seulement deux ans. Sans l'aide de mes collègues, je n'aurais donc pas eu de lieu d'extraction. Alors le tissu d'apiculteurs professionnels que l'on trouve en Isère (même s'il limite les débouchés qu'un nouvel apiculteur peut exploiter) constitue une aide précieuse pour les nouveaux venus, qui doivent adapter leur pratique au contexte local. Nous partageons du matériel, mais aussi nos expériences, ce qui me permet de continuer à affiner la conduite de mes 350 ruches ».
De la rigueur, et encore de la rigueur
Car Vincent Clair effectue presque un travail d'orfèvre. « Les apiculteurs gèrent leurs ruches de façon plus ou moins intensive. Moi, j'ai pu construire mon projet au gré de mes expériences successives et ce qui me plaît, c'est l'aspect technique du métier d'apiculteur. Je cherche donc à suivre mon cheptel au plus près ».
Malgré cette technicité, « il y a des seuils difficiles à dépasser quand on cherche à accroître progressivement la taille de son cheptel, avoue le jeune apiculteur, qui a démarré son activité à Pisieu en 2005 avec 50 colonies et un véhicule d'occasion pour transporter ses ruches flambant neuves. Le développement du cheptel, c'est la contrainte numéro un aujourd'hui. Nous avons tous du mal sur ce point en ce moment. Les personnes qui s'intéressent à l'apiculture savent que les taux de perte des colonies d'abeilles sont relativement élevés. Mais depuis quatre à cinq années, il est fréquent de devoir renouveler la moitié de son cheptel chaque année. Cette donnée aberrante représente une charge énorme pour les exploitations et cette situation est particulièrement compliquée à gérer pour un jeune, surtout que notre activité est saisonnière. Tout se joue en deux à trois mois. Une seule opération mal gérée peut donc avoir des incidences très lourdes sur tout le reste. C'est pourquoi nous devons nous montrer très rigoureux sur les plans technique comme économique. Je pense aussi qu'il est imprudent de s'installer tout de suite après le BPREA*. Mieux vaut prendre le temps de découvrir la filière ».
L'atout de la vente directe
En appliquant ces principes, Vincent Clair parvient à vivre de son activité depuis trois ans. Il faut dire qu'il commercialise une partie de sa production à la ferme, sur des foires et en demi-gros (à des épiceries, des magasins diététiques...), à des tarifs bien plus intéressants que ceux de la vente en gros.
Ce succès a été rendu possible par le soutien familial dont il bénéficie. « Les horaires de la miellerie ont été calqués sur ceux auxquels ma conjointe est disponible, afin qu'elle puisse prendre le relais quand je suis absent », explique l'apiculteur. On touche là une autre réalité de l'installation en agriculture : elle n'est souvent possible qu'avec le soutien de ses proches.
Cécile Fandos
« S'installer ou transmettre son exploitation apicole en Rhône-Alpes : Comment s'y prendre ? », vendredi 3 décembre à La Côte-Saint-André. Présentation de la journée par Philippe Dauzet, président de l'Adara à 9 heures ; présentation de la filière par la chambre régionale d'agriculture, et témoignages d'apiculteurs professionnels à 9 h 30 ; présentation des différents parcours d'installation possibles et des façons de céder son exploitation par l'Adasea, la mutualité sociale agricole et le point accueil installation à 10 h 30 ; témoignages d'apiculteurs nouvellement installés et présentation d'un groupe d'échanges « Jeunes installés » à 11 h 45 ; déjeuner à 13 heures et stands d'information sur la formation, l'installation, la cession/reprise, la production, le développement et le matériel l'après-midi. Des syndicats apicoles tiendront également des stands. Renseignements auprès de Caroline Baffert, 06 24 00 46 59.
* BPREA : brevet professionnel de responsable d'exploitation agricole.
De la rigueur, et encore de la rigueur
Car Vincent Clair effectue presque un travail d'orfèvre. « Les apiculteurs gèrent leurs ruches de façon plus ou moins intensive. Moi, j'ai pu construire mon projet au gré de mes expériences successives et ce qui me plaît, c'est l'aspect technique du métier d'apiculteur. Je cherche donc à suivre mon cheptel au plus près ».
Malgré cette technicité, « il y a des seuils difficiles à dépasser quand on cherche à accroître progressivement la taille de son cheptel, avoue le jeune apiculteur, qui a démarré son activité à Pisieu en 2005 avec 50 colonies et un véhicule d'occasion pour transporter ses ruches flambant neuves. Le développement du cheptel, c'est la contrainte numéro un aujourd'hui. Nous avons tous du mal sur ce point en ce moment. Les personnes qui s'intéressent à l'apiculture savent que les taux de perte des colonies d'abeilles sont relativement élevés. Mais depuis quatre à cinq années, il est fréquent de devoir renouveler la moitié de son cheptel chaque année. Cette donnée aberrante représente une charge énorme pour les exploitations et cette situation est particulièrement compliquée à gérer pour un jeune, surtout que notre activité est saisonnière. Tout se joue en deux à trois mois. Une seule opération mal gérée peut donc avoir des incidences très lourdes sur tout le reste. C'est pourquoi nous devons nous montrer très rigoureux sur les plans technique comme économique. Je pense aussi qu'il est imprudent de s'installer tout de suite après le BPREA*. Mieux vaut prendre le temps de découvrir la filière ».
L'atout de la vente directe
En appliquant ces principes, Vincent Clair parvient à vivre de son activité depuis trois ans. Il faut dire qu'il commercialise une partie de sa production à la ferme, sur des foires et en demi-gros (à des épiceries, des magasins diététiques...), à des tarifs bien plus intéressants que ceux de la vente en gros.
Ce succès a été rendu possible par le soutien familial dont il bénéficie. « Les horaires de la miellerie ont été calqués sur ceux auxquels ma conjointe est disponible, afin qu'elle puisse prendre le relais quand je suis absent », explique l'apiculteur. On touche là une autre réalité de l'installation en agriculture : elle n'est souvent possible qu'avec le soutien de ses proches.
« S'installer ou transmettre son exploitation apicole en Rhône-Alpes : Comment s'y prendre ? », vendredi 3 décembre à La Côte-Saint-André. Présentation de la journée par Philippe Dauzet, président de l'Adara à 9 heures ; présentation de la filière par la chambre régionale d'agriculture, et témoignages d'apiculteurs professionnels à 9 h 30 ; présentation des différents parcours d'installation possibles et des façons de céder son exploitation par l'Adasea, la mutualité sociale agricole et le point accueil installation à 10 h 30 ; témoignages d'apiculteurs nouvellement installés et présentation d'un groupe d'échanges « Jeunes installés » à 11 h 45 ; déjeuner à 13 heures et stands d'information sur la formation, l'installation, la cession/reprise, la production, le développement et le matériel l'après-midi. Des syndicats apicoles tiendront également des stands. Renseignements auprès de Caroline Baffert, 06 24 00 46 59.
* BPREA : brevet professionnel de responsable d'exploitation agricole.