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Manifestation des producteurs de tabac

« Le ministre de l'Agriculture s'est engagé solennellement à nous aider »

Mercredi 3 novembre, les producteurs de tabac sont allés manifester devant l'Assemblée nationale, à Paris. Une délégation de la coopérative Agri Tabac était également sur place. Le point sur cette journée avec son président, Roland Primat.
« Le ministre de l'Agriculture s'est engagé solennellement à nous aider »
Les producteurs de tabac se sont rassemblés devant l'Assemblée nationale, mercredi 3 novembre. Etes-vous satisfait de la mobilisation ?
Oui, car il y avait près d'un agriculteur isérois sur deux, soit près de 50 % des producteurs du département. Ce chiffre se retrouve aussi au niveau national : nous étions 1 000 sur un total de 2 000 producteurs français à manifester. L'ambiance était très calme, malgré la tension des producteurs qui attendent avec impatience de savoir ce qu'il va se passer. C'était le rendez-vous de la dernière chance.

Vous avez été reçus par des parlementaires et par le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire ...
Une délégation de France Tabac a d'abord été reçue par une dizaine de parlementaires. Nous sommes d'ailleurs vraiment soutenu par Georges Colombier, député de la 7e circonscription de l'Isère et Jacques Remiller, député de la 8e circonscription. François Brottes, député de la 5e circonscription, et André Vallini, président du conseil général de l'Isère, sont également venus nous témoigner de leur soutien moral, mais aussi de leur volonté d'agir auprès du ministre. Suite à cela, nous avons été reçus par le ministre de l'Agriculture. Dès le début de la réunion, il nous assuré qu'il comprenait la situation des producteurs et, plus globalement, de la filière. Il veut défendre notre cause et se donner les moyens d'accompagner la filière. Cela arrive un peu tardivement, mais nous étions contents de l'entendre le dire officiellement.

Quelles mesures ont-été prises ?
A court terme, il a proposé qu'une enveloppe budgétaire soit débloquée dans les semaines à venir par le biais de France Agrimer pour une aide conjoncturelle, réglant le problème de la campagne 2010. C'est une demande urgente car cette dernière est bientôt achevée. Il n'y a pas d'engagement sur le montant de cette enveloppe, mais nous, nous demandons 12 millions d'euros, soit 0.65 euros par kilogrammes. Je ne peux pas garantir que ce niveau d'aide soit atteint, mais le ministre s'est engagé assez solennellement. A moyen terme, le ministre souhaite rouvrir le bilan de santé de la PAC et voir quelles seraient les possibilités pour pérenniser l'accompagnement de la production. Enfin, il s'est engagé à soutenir l'investissement et l'innovation pour accompagner la modernisation des exploitations, grâce à des crédits européens cofinancés par la France.

Dans la perspective d'un remaniement du gouvernement, n'avez-vous pas peur que ces promesses ne soient pas tenues ?
Georges Colombier a demandé au ministre si, dans cette perspective, nous pourrions quand même compter sur son engagement. Bruno Le Maire nous a répondu par l'affirmative en spécifiant qu'il était un homme de paroles et que, même s'il ne fait plus partie de ce ministère, il tiendra ses promesses.

Et maintenant, quelle est la prochaine étape ?
Le 16 novembre aura lieu un conseil France Agrimer. Cela nous permettra de vérifier si la première mesure concernant l'aide conjoncturelle sera mise en place. Notre objectif est de maintenir la pression car les producteurs auront livré toute leur production 2010 d'ici deux mois et ils attaqueront ensuite la campagne 2011. Ils ont besoin de savoir dans quel cadre ils vont travailler l'année prochaine. Même si nous regrettons que cette rencontre n'ait pas eu lieu avant, nous sommes satisfaits de voir que les politiques nous soutiennent.
Lucile Ageron
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Témoignages
Un travail sans salaire

Ils étaient près de 80 producteurs rhônalpins de la coopérative Agri Tabac à s'être rendus à la manifestation, mecredi 3 novembre. Deux d'entre eux témoignent.

Jean-François Logut et Christophe Coulange sont tous les deux producteurs de tabac, à Beaufort. Comme 80 de leurs confrères, ils se sont rendus devant l'Assemblée nationale mercredi 3 novembre pour demander une aide de l'Etat. « Les prix actuels ne suffisent pas, souligne Jean-François Logut. Nous sommes donc allés manifester, et, sur place, nous avons eu un fort soutien de plusieurs députés. Nous avons pu faire entendre au ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, nos revendications et lui faire prendre conscience de notre situation. C'est déjà bien, car nous n'avions jamais obtenu un rendez-vous directement avec lui. Il est conscient de notre problème, mais j'attends de savoir ce qu'il va se passer par la suite, d'autant plus qu'avec le remaniement du gouvernement, il ne sera peut-être plus là ». Même son de cloche du côté de Christophe Coulange qui rappelle que « les producteurs n'ont pas le choix. Si nous n'avons pas d'aide de l'Etat, nous ne pourrons pas couvrir nos frais. Je ne vois pas comment l'Etat ne pourrait pas réagir car si rien n'est fait, il n'y aura bientôt plus de producteurs de tabac en France. Pour l'instant, nous ne savons pas combien nous allons être payés pour notre travail de cette année, et nous attaquons déjà la production de 2011. Vous en connaissez beaucoup des gens qui iraient travailler sans savoir combien ils vont être payés ? Nous sommes au pied du mur ».
L.A.
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