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Techniques culturales simplifiées

« Les meilleures sur le plan agronomique »

Lui-même adepte des techniques culturales simplifiées sur son exploitation, aux Côtes-d'Arey, Nicolas Traynard fait partie du groupe de Jeunes agriculteurs à l'origine de la formation du 15 décembre sur ce sujet.
« Les meilleures sur le plan agronomique »
Pourquoi avoir organisé cette formation ? C'est une façon de redynamiser la commission grandes cultures des Jeunes agriculteurs de l'Isère, comme vous l'aviez annoncé lors de l'assemblée générale du syndicat ?
Tout à fait ! Nous tentons de relancer un groupe et l'actualité de la réforme de la politique agricole commune (Pac) nous donne une bonne occasion de proposer une formation. Comme les cours des céréales se tiennent bien en ce moment, nous n'avons pas spécialement d'activité revendicative, alors nous pouvons nous attaquer à des sujets comme l'obligation de couverture des sols, qui revient extrêmement cher si l'on reste dans un système classique. Il faut semer les couverts de façon aussi simple que possible.
Aucun règlement n'oblige par contre à avoir recours aux techniques culturales simplifiées. Pourquoi se focaliser sur cette approche du travail du sol ?
Parce que c'est la meilleure sur le plan agronomique ! En labourant plus, en couvrant systématiquement les sols et en introduisant des rotations de cultures, on laisse le terrain digérer la matière organique, un peu comme l'humus en forêt. Je n'ai rien contre ceux qui labourent, libre à eux de labourer, mais je pense qu'il n'y a aucune raison de travailler le sol intensivement. Bien sûr, je gratte toujours mes terres, mais je ne bouleverse plus la structure du sol, je n'enfouis pas les carabes qui mangent les limaces, je ne mets pas les vers de terre de surface en profondeur, ni ceux qui vivent à 25 centimètres de profondeur en surface... Ce faisant, je limite l'érosion dont souffrent la plupart des exploitations avec les gros coups d'eau qu'on a maintenant. Les techniques culturales simplifiées sont celles qui garantissent le mieux le fonctionnement du sol et le développement des plantes.
Il est également possible de ne plus du tout toucher le sol avec le semis direct. Mais cela suppose d'investir dans un semoir adapté, outil qui coûte aux environs de 45 000 à 50 000 euros. Ca commence à faire des sous pour les petites structures que l'on trouve en Isère. Ce type d'investissement peut être envisagé en Cuma, car le débit d'un tel instrument est important. Mais le 15 décembre, nous avons décidé de nous concentrer sur ce que l'on peut faire avec les outils déjà disponibles sur l'exploitation.

Comment avez-vous choisi votre intervenant ? Ca ne doit pas être évident de trouver des personnes capables de présenter objectivement les avantages et les inconvénients des techniques culturales simplifiées...
Non, mais les techniciens d'Arvalis sont des gens très compétents. D'ailleurs, comme les agriculteurs s'y mettent de plus en plus, y compris les éleveurs qui ne cultivent que pour alimenter leurs troupeaux, sur de plus petites surfaces, l'ensemble des institutions a maintenant intégré les techniques culturales simplifiées.
Propos recueillis par Cécile Fandos
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Mercredi 15 décembre
Le programme de la formation
Intervention de Jean Pauget, l'un des ingénieurs de la délégation régionale d'Arvalis, l'institut du végétal, à la maison des agriculteurs de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, à partir de 9 heures ; puis déjeuner offert et démonstrations de matériels, si le temps le permet. Renseignements et inscriptions auprès d'Amandine Généré, animatrice du syndicat, au 06 18 37 75 95.
C.F.
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