Isère
« Les producteurs doivent se mobiliser »
SAINT-MARCELLIN/ Mercredi 18 mai à Biol, lors de MécaFourrages, un forum-débat sera consacré au sujet de l'autonomie alimentaire et la qualité des produits. Jean-Michel Bouchard, éleveur laitier à Thodure, parlera de sa démarche pour entrer dans l'IGP saint-marcellin.
Quand il parle du saint-marcellin et des démarches pour décrocher une IGP (indication géographique protégé), Jean-Michel Bouchard ne cache pas son intérêt. Ni son enthousiasme. « Je me suis toujours impliqué dans les travaux concernant le saint-marcellin, car c'est important qu'une zone comme l'Isère ait un produit spécifique à mettre en avant », explique-t-il.
Comment valoriser au mieux le lait ?
Installé en Gaec avec sa sœur depuis 1989 à la ferme de l'aurore, à Thodure, il possède un cheptel de 60 vaches laitières (principalement de race Hosltein) et produit quelques céréales. « Nous avons un quota de 450 000 litres de lait par an, mais allons passer à 471 000 litres l'année prochaine. Tout est collecté par l'Etoile du Vercors », détaille-t-il.
Depuis toujours, il suit donc les différents travaux mis en place notamment par le comité pour le saint-marcellin. « Après la crise de 2009, nous avons été obligés de réfléchir à comment nous pourrions mieux valoriser notre lait. Nous ne pouvions pas continuer comme cela », note l'éleveur.
La relance de la démarche pour obtenir un IGP a débuté en fin d'année 2009. Et même si aujourd'hui, elle n'est toujours pas acquise, cela semble sur la bonne voie.
Pour les éleveurs, le cahier des charges impose d'être situé dans une aire géographique précise pour apposer le précieux sigle. Mais, pas seulement : il exige également un minimum de dix hectares de pâturage pour cinquante vaches laitières, que l'herbe représente au moins 50 % de la matière sèche de la ration de base annuelle ou encore que le foin représente, pour les quatre mois d'hiver, 15 % de la matière sèche de la ration de base.
Un cahier des charges exigeant
Les éleveurs souhaitant intégrer la démarche doivent donc respecter ces principes. Et pour les aider, le comité isérois des éleveurs réalise des diagnostics de leur exploitation. « Le mien a été réalisé en février dernier, précise Jean-Michel Bouchard. Mais, j'ai commencé à réfléchir à l'autonomie fourragère il y a plus d'un an, en remettant en cause tout le système d'alimentation de l'exploitation ».
Pour entrer dans le cahier des charges, quelques adaptations seront donc nécessaires. « Le plus gros effort à faire sera sur la ration d'herbe, car nos vaches n'en mangeaient pas jusqu'à présent. Elles sont nourries avec 85 % d'ensilage de maïs toute l'année », fait remarquer le professionnel. Pour développer des surfaces d'herbe, des parcelles de céréales vont être transformées en prairies. « Nous allons le faire sur tous les terrains où les rendements ne sont pas élevés. C'est sûr que financièrement cela nous fait prendre quelques risques. Il faudra donc s'assurer qu'en retour de ces efforts, le lait sera mieux valorisé », espère Jean-Michel Bouchard.
De réelles perspectives d'avenir
Autre exigence : la gestion de l'herbe. « Aujourd'hui, nous remettons en cause notre système pour aller vers un autre, plus difficile à gérer. Il y a beaucoup de choses à apprendre, peut-être sur des systèmes de fauche. Un de mes soucis concerne la pluviométrie et les températures, car nous aurons déjà une perte de tonnage en matière sèche importante », assure le Thodurois. Ainsi, il passera de 13 tonnes de matières sèches par hectare en maïs, à seulement huit tonnes en herbe. Il s'interroge : « Comment arriver au même tonnage et compenser le revenu ? »
Globalement, il reste tout de même sûr de sa démarche, tout en reconnaissant qu'il « faut oser le faire, et que ce n'est pas toujours facile ». Mais, il est persuadé que les perspectives d'avenir sont réelles. « L'IGP saint-marcellin est un enjeu très important. Nous sommes en discussion avec les sept entreprises de transformation pour fixer le prix du lait, et nous travaillons aussi sur la contractualisation. Il est important que l'ensemble des producteurs se mobilise, car il faut préparer l'après 2015 et la suppression des quotas laitiers ».
Lucile Ageron
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
En pratique
Le forum-débat, organisé dans le cadre de MécaFourrages à Biol, le 18 mai, aura lieu à 14 heures et permettra d'échanger sur le thème : « L'autonomie alimentaire et la qualité des produits ». Des pistes pour améliorer l'autonomie alimentaire seront présentées au travers d'une synthèse des diagnostics d'autonomie des exploitations, réalisés depuis fin 2009 en Rhône-Alpes. Des agriculteurs témoigneront sur ce même sujet. Quant à la qualité des produits, elle sera illustrée par la présentation de la démarche de l'IGP saint-marcellin et ses conséquences sur les exploitations.
LA
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Comment valoriser au mieux le lait ?
Installé en Gaec avec sa sœur depuis 1989 à la ferme de l'aurore, à Thodure, il possède un cheptel de 60 vaches laitières (principalement de race Hosltein) et produit quelques céréales. « Nous avons un quota de 450 000 litres de lait par an, mais allons passer à 471 000 litres l'année prochaine. Tout est collecté par l'Etoile du Vercors », détaille-t-il.
Depuis toujours, il suit donc les différents travaux mis en place notamment par le comité pour le saint-marcellin. « Après la crise de 2009, nous avons été obligés de réfléchir à comment nous pourrions mieux valoriser notre lait. Nous ne pouvions pas continuer comme cela », note l'éleveur.
La relance de la démarche pour obtenir un IGP a débuté en fin d'année 2009. Et même si aujourd'hui, elle n'est toujours pas acquise, cela semble sur la bonne voie.
Pour les éleveurs, le cahier des charges impose d'être situé dans une aire géographique précise pour apposer le précieux sigle. Mais, pas seulement : il exige également un minimum de dix hectares de pâturage pour cinquante vaches laitières, que l'herbe représente au moins 50 % de la matière sèche de la ration de base annuelle ou encore que le foin représente, pour les quatre mois d'hiver, 15 % de la matière sèche de la ration de base.
Un cahier des charges exigeant
Les éleveurs souhaitant intégrer la démarche doivent donc respecter ces principes. Et pour les aider, le comité isérois des éleveurs réalise des diagnostics de leur exploitation. « Le mien a été réalisé en février dernier, précise Jean-Michel Bouchard. Mais, j'ai commencé à réfléchir à l'autonomie fourragère il y a plus d'un an, en remettant en cause tout le système d'alimentation de l'exploitation ».
Pour entrer dans le cahier des charges, quelques adaptations seront donc nécessaires. « Le plus gros effort à faire sera sur la ration d'herbe, car nos vaches n'en mangeaient pas jusqu'à présent. Elles sont nourries avec 85 % d'ensilage de maïs toute l'année », fait remarquer le professionnel. Pour développer des surfaces d'herbe, des parcelles de céréales vont être transformées en prairies. « Nous allons le faire sur tous les terrains où les rendements ne sont pas élevés. C'est sûr que financièrement cela nous fait prendre quelques risques. Il faudra donc s'assurer qu'en retour de ces efforts, le lait sera mieux valorisé », espère Jean-Michel Bouchard.
De réelles perspectives d'avenir
Autre exigence : la gestion de l'herbe. « Aujourd'hui, nous remettons en cause notre système pour aller vers un autre, plus difficile à gérer. Il y a beaucoup de choses à apprendre, peut-être sur des systèmes de fauche. Un de mes soucis concerne la pluviométrie et les températures, car nous aurons déjà une perte de tonnage en matière sèche importante », assure le Thodurois. Ainsi, il passera de 13 tonnes de matières sèches par hectare en maïs, à seulement huit tonnes en herbe. Il s'interroge : « Comment arriver au même tonnage et compenser le revenu ? »
Globalement, il reste tout de même sûr de sa démarche, tout en reconnaissant qu'il « faut oser le faire, et que ce n'est pas toujours facile ». Mais, il est persuadé que les perspectives d'avenir sont réelles. « L'IGP saint-marcellin est un enjeu très important. Nous sommes en discussion avec les sept entreprises de transformation pour fixer le prix du lait, et nous travaillons aussi sur la contractualisation. Il est important que l'ensemble des producteurs se mobilise, car il faut préparer l'après 2015 et la suppression des quotas laitiers ».
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Le forum-débat, organisé dans le cadre de MécaFourrages à Biol, le 18 mai, aura lieu à 14 heures et permettra d'échanger sur le thème : « L'autonomie alimentaire et la qualité des produits ». Des pistes pour améliorer l'autonomie alimentaire seront présentées au travers d'une synthèse des diagnostics d'autonomie des exploitations, réalisés depuis fin 2009 en Rhône-Alpes. Des agriculteurs témoigneront sur ce même sujet. Quant à la qualité des produits, elle sera illustrée par la présentation de la démarche de l'IGP saint-marcellin et ses conséquences sur les exploitations.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------