Accès au contenu
Ondes électromagnétiques

« Nous demandons l'application du principe de précaution »

Dernièrement, la fédération Drôme-Ardèche-Isère des collectifs des riverains d'antennes-relais a tenu sa réunion trimestrielle, à Pommier-de-Beaurepaire. Organisée par le collectif de Saint-Julien-de-l'Herms, cette réunion était l'occasion de faire le point sur les projets et résultats de leurs actions.
« Nous demandons l'application du principe de précaution »
Ils affirment ne pas être contre le téléphone portable - « nous ne sommes pas contre le progrès et les nouvelles technologies » - mais ils demandent l'application du principe de précaution. C'est, en substance, le message que souhaitent faire passer les membres du collectif de Saint-Julien-de-l'Herms des riverains d'antenne-relais qui ont organisé dernièrement, à Pommier-de-Beaurepaire, la réunion trimestrielle de la fédération Drôme-Ardèche-Isère des collectifs des riverains d'antennes-relais, instance dont ils font partie.

Mesurer le taux d'émission des ondes
Cette réunion a réuni une trentaine de personnes, issues des treize collectifs locaux de ces trois départements qui luttent contre les antennes-relais produisant des ondes électromagnétiques qui seraient, selon eux, dangereuses pour la santé. En ce sens, la fédération souhaiterait que les ondes émises par les antennes ne dépassent pas les 0,6 volts par mètre. Actuellement, la réglementation en vigueur en France, fixe des taux d'émission pour les antennes-relais de 41 à 61 volts par mètre.
« Nous souhaitons d'ailleurs réaliser un maillage du territoire pour mesurer le taux d'émission des ondes. Cela pourrait notamment se faire avec Atmo Rhône-Alpes qui contrôle déjà la pollution de l'air », raconte Gabriel Gonin, membre du collectif de Saint-Julien-de-l'Herms. Il ajoute : « Au cours de cette réunion, nous avons fait le point sur les mesures réalisées par les collectifs de la fédération, à l'aide d'une sonde isotopique (1). Cela a permis de mettre en évidence des points noirs comme le plateau de Talavard à Bourg-lès-Valence et la ligne à très haute tension de Saint-Marcel-lès-Valence », indique-t-il.
Les membres du collectif isérois souhaite également sensibiliser les pouvoirs publics afin d'installer Internet à haut débit par réseau filaire - fibre optique - plutôt que par le wifi, système de transmission aériennes d'ondes à haute fréquence. D'ailleurs, les membres du collectif accueillent avec joie la mise en place au printemps 2011 de la fibre optique dans leur commune. « On se bat depuis deux ans et demi avec la mairie, et là, enfin, la fibre optique arrive », commentent-ils.

La fibre optique au printemps 2011
Mais, du côté de la municipalité, c'est une autre version de l'histoire qui est racontée. « Ils n'y sont pour rien. Depuis 2005, nous alertons France Télécom de dysfonctionnements récurrents, à cause de la vétusté des réseaux. L'installation de l'antenne-relais, fin 2009 au lieu-dit "le revollet", permettait de pallier en partie ce problème en donnant l'opportunité à nos administrés d'avoir un téléphone portable. Aujourd'hui, après plusieurs longues années de discussion, France Télécom nous a proposé un projet de modernisation de notre réseau par la fibre optique ». Un investissement réalisé par l'opérateur. La commune, elle, prend en charge les travaux de terrassement et met à disposition de l'entreprise de télécommunications un terrain avec un bail de 30 ans. A cette dernière de construire ensuite le local destiné à abriter les équipements de commutations. « Nous profitons aussi de cette installation pour apporter Internet à haut débit à nos usagers car, en cette matière, la commune se trouvait en "zone blanche" . Avec la fibre optique, ils auront une meilleure solution que le wifi », précise Marie-Claire Baule, maire de Saint-Julien-de-l'Herms. De son côté, le collectif reste vigilant et insiste : « Nous avons peur que ces ondes électromagnétiques deviennent le même problème que l'amiante. Dans vingt ans, on nous dira peut-être que c'est mauvais pour la santé. Alors aujourd'hui, peut-être que nous nous trompons, mais dans le doute, il faudrait appliquer le principe de précaution ».
Lucile Ageron
(1) Sonde permettant de mesurer l'intensité d'un champ électromagnétique