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Comité d'orientation sur l'économie et les services aux exploitations

« Nous sommes l'antichambre des réflexions stratégiques »

Environnement et territoire, ressources humaines et formations ou encore économie et service aux exploitations. Plusieurs comités d'orientations ont été mis en place au sein de la Chambre d'agriculture. Mardi 12 octobre, les membres du COESE se sont réunis. L'occasion de faire le point sur les actions de cette instance avec Didier Villard, son président, et Laurent Vial, membre du bureau.
« Nous sommes l'antichambre des réflexions stratégiques  »
Qu'est-ce que le COESE ?
C'est un comité d'orientation sur l'économie et les services aux exploitations, mis en place au sein de la Chambre d'agriculture. Nous sommes une vingtaine de membres et nous nous réunissons tous les trois mois pour réfléchir à des propositions que nous soumettons ensuite au bureau de la Chambre d'agriculture. En d'autres termes, nous sommes l'antichambre des réflexions stratégiques, nous n'avons aucun rôle décisionnel, nous donnons juste des préconisations au bureau de la Chambre d'agriculture. Les projets que nous présentons sont déjà quasiment ficelés. A elle ensuite d'entériner, ou non, nos idées.

Concrètement, quelles propositions êtes-vous amenés à soumettre à la Chambre d'agriculture ?
Par exemple, nous avons édité un catalogue de tous les services proposés aux agriculteurs par la Chambre. Cela peut être un service d'appui technique pour les ovins, des contrôles de pulvérisateurs, etc... Certains existent déjà depuis plusieurs années, mais d'autres sont nouveaux. Ce catalogue permettra donc aux techniciens de les proposer aux agriculteurs et de les faire connaître. Nous avons fait en sorte que ces services soient utiles, et surtout pas trop chers. Nous avons aussi proposé la mise en place du service conseils d'entreprise. En fait, il s'agit d'aider les agriculteurs à conduire leur exploitation - par exemple lors d'un changement d'activité - ou voir comment ils peuvent gagner en rentabilité. Nous étudions aussi tous les projets émergents sur le territoire. Notre travail consiste à accompagner les filières dans leur évolution.

Et sur le volet économique ?
Nous observons l'économie agricole du département, ce qui a déjà donné lieu à des diagnostics de filières. Cela permet d'établir une veille sur la santé économique de l'agriculture. Le but étant d'analyser les choses pour faire émerger des idées, des prospectives économiques afin de trouver des pistes d'améliorations. On sait que le revenu agricole isérois n'est pas très bon par rapport aux autres départements. Et nous avons de nombreuses raisons de nous inquiéter du revenu des agriculteurs quand on prend en considération la crise du lait, de la viande, la spéculation sur les produits alimentaires, ou encore la réforme de la politique agricole commune.

Cette instance n'est pas forcément connue de tous les agriculteurs...
C'est vrai qu'ils sont consommateurs de nos services, mais ne s'impliquent pas assez dans leur Chambre d'agriculture. C'est dommage. Ils ne la connaissent peut-être pas assez (nous sommes d'ailleurs sûrement responsables de ce manque de communication) mais ils devraient prendre en main la Chambre en se disant que c'est leur outil et que ça leur servira. Si des agriculteurs veulent participer aux comités stratégiques, c'est possible. Cela permet de faire remonter l'information et les besoins directement du terrain. Surtout qu'aujourd'hui, il y a tout de même quelques pistes pour améliorer les choses. On n'est pas plus mauvais que les autres, on doit être encore capable de vivre de l'agriculture.

Lucile Ageron