Vercors
« Très positif » passage en bio du Gaec de la Daille
Conversion/Les deux associés du Gaec de la Daille, situé à Lans-en-Vercors, dressent un bilan « très positif » du passage en bio de leur élevage bovin laitier suite à l'accord passé entre Sodiaal et Vercors lait. Un exemple encourageant pour les candidats à la conversion.
Comme beaucoup d'éleveurs bovins laitiers, Eric Moulin et Denis Jallifier-Verne laissaient leurs bêtes manger autant qu'elles le souhaitaient en leur apportant régulièrement foin et betteraves fourragères. Leur troupeau de 53 mères a dû changer ses habitudes lors du passage en bio de cette exploitation de Lans-en-Vercors, il y a deux ans. « Nos vaches n'ont plus qu'un repas le matin et un autre le soir, mais elles produisent autant que quand elles mangeaient nuit et jour. Et sans remplir la fosse à lisier », a témoigné Eric Moulin, lors de la visite organisée par l'association pour le développement de l'agriculture biologique dans l'Ain, l'Isère et les deux Savoie (Adabio) et Sitadel, le comité de territoire du Sud-Isère, le 10 août, dans le cadre du projet de collecte de lait bio dans le Sud-Isère (lire par ailleurs).
L'alimentation est le poste budgétaire sur lequel les deux associés ont fait le plus d'économies, « environ 10 000 euros la première année et 16 000 à 17 000 euros lors de l'année écoulée », estime Eric Moulin, qui constate que la plupart des charges sont en baisse à production égale et sans provoquer de problèmes sanitaires ni de fécondité.
Dans le même temps, le lait a été valorisé 120 euros de plus par tonne, entraînant une hausse de chiffre d'affaires de 20 000 euros annuels et le montant des subventions versées au Gaec a augmenté.
Comme le passage en bio n'a demandé que 17 000 euros d'investissements (dans la création d'une aire d'exercice et l'aménagement d'une aire paillée), le bilan du passage en bio est « très positif », déclare Eric Moulin, en signalant que cette amélioration de la situation financière de la ferme a été obtenue en achetant du foin à l'extérieur du fait de la sécheresse et s'accompagne de gains de temps « considérables ».
Souplesse
Tout comme il est proposé aux éleveurs du Sud-Isère d'être collectés par Biolait sans quitter leur laiterie actuelle, le Gaec de la Daille continue d'adhérer à Sodiaal, qui délègue la collecte laitière à Vercors lait. « L'accord soumis aux producteurs du Sud-Isère est vraiment dans le même esprit que celui du Vercors », confirme Jean-François Perret, le technicien polyculture-élevage de l'Adabio.
Sans cela, « nous aurions sans doute arrêté le lait et nous n'aurions peut-être pas continué à exploiter nos fermes, confie Eric Moulin, car à un moment donné, nous n'avions pas d'autre possibilité de que payer nos charges. Le passage en bio nous redonne la capacité d'investir ». Il semblerait donc que la mise en place d'une collecte bio contribue au maintien de la production de lait dans les territoires. « Dans le Sud-Isère, l'enjeu porte sur 27 à 29 millions de litres », a rappelé Alain Haret, le président de Sitadel.
Cécile Fandos
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Le Gaec de la Daille en chiffres
- né en 1998 de la fusion de deux élevages voisins
- deux associés : Eric Moulin et Denis Jallifier-Verner
- troupeau de 53 mères
- quota de 308 000 litres de lait annuels
- superficie de 95 hectares, dont 70 de prairies permanentes
- labellisé bio depuis quatre mois, à l'issue de deux années de conversion
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L'alimentation est le poste budgétaire sur lequel les deux associés ont fait le plus d'économies, « environ 10 000 euros la première année et 16 000 à 17 000 euros lors de l'année écoulée », estime Eric Moulin, qui constate que la plupart des charges sont en baisse à production égale et sans provoquer de problèmes sanitaires ni de fécondité.
Dans le même temps, le lait a été valorisé 120 euros de plus par tonne, entraînant une hausse de chiffre d'affaires de 20 000 euros annuels et le montant des subventions versées au Gaec a augmenté.
Comme le passage en bio n'a demandé que 17 000 euros d'investissements (dans la création d'une aire d'exercice et l'aménagement d'une aire paillée), le bilan du passage en bio est « très positif », déclare Eric Moulin, en signalant que cette amélioration de la situation financière de la ferme a été obtenue en achetant du foin à l'extérieur du fait de la sécheresse et s'accompagne de gains de temps « considérables ».
Souplesse
Tout comme il est proposé aux éleveurs du Sud-Isère d'être collectés par Biolait sans quitter leur laiterie actuelle, le Gaec de la Daille continue d'adhérer à Sodiaal, qui délègue la collecte laitière à Vercors lait. « L'accord soumis aux producteurs du Sud-Isère est vraiment dans le même esprit que celui du Vercors », confirme Jean-François Perret, le technicien polyculture-élevage de l'Adabio.
Sans cela, « nous aurions sans doute arrêté le lait et nous n'aurions peut-être pas continué à exploiter nos fermes, confie Eric Moulin, car à un moment donné, nous n'avions pas d'autre possibilité de que payer nos charges. Le passage en bio nous redonne la capacité d'investir ». Il semblerait donc que la mise en place d'une collecte bio contribue au maintien de la production de lait dans les territoires. « Dans le Sud-Isère, l'enjeu porte sur 27 à 29 millions de litres », a rappelé Alain Haret, le président de Sitadel.
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- né en 1998 de la fusion de deux élevages voisins
- deux associés : Eric Moulin et Denis Jallifier-Verner
- troupeau de 53 mères
- quota de 308 000 litres de lait annuels
- superficie de 95 hectares, dont 70 de prairies permanentes
- labellisé bio depuis quatre mois, à l'issue de deux années de conversion
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