Le bien-être des animaux et des hommes
Installés sur les hauteurs de Claix, Gaëtan Piret et sa compagne Benoîte ont créé une exploitation de toute pièce. Constitution du troupeau chevrier, implantation d'un bâtiment d'élevage, fromagerie : les éleveurs ont fait du récent avec de l'ancien en rachetant en 2011 une vieille bâtisse du XVIIIe siècle avec ses 8 ha de prairies. Le site n'avait plus connu d'activité agricole depuis 50 ans. Les éleveurs y ont installé un troupeau de primipares alpines chamoisées venues d'Ardèche.
C'était devenu infernal
En février 2013, les chèvres ont intégré le nouveau bâtiment d'élevage doté d'un laboratoire de transformation. Toute la production de fromages est vendue en direct, sur des marchés ou à la ferme. Si l'exploitation a atteint sa vitesse de croisière avec une soixantaine de chèvres à la traite, Gaëtan Piret reste d'une grande vigilance. L'an passé, un problème sanitaire a particulièrement affaibli le troupeau qui en paye encore les conséquences. Mais, cette mésaventure a été l'occasion d'échanger avec la vétérinaire du Groupement de défense sanitaire de l'Isère, allant au-delà de la simple relation concernant la traçabilité des animaux.
« Paysan sans tracteur » comme il se définit lui-même, il mène son jeune troupeau « entre le pastoralisme et le pâturage tournant », puisque les bêtes pâturent sur les 20 hectares alentours (prairies en propriété, copâturage, prêt). Le foin est acheté en circuit court à un agriculteur de Claix, lequel récupère le fumier.
Alors, quand le problème des mouches est devenu prégnant, il a recherché une méthode de lutte qui soit « la plus naturelle possible et la plus facile d'utilisation ». « Je traitais peu, c'était devenu infernal, sauf à enlever le fumier toutes les semaines ». C'est en effectuant des recherches qu'il est contacté par le GDS qui lui propose une visite de sa filiale commerciale Agro-direct. « Ce n'est pas seulement un vendeur de produit. Les techniciens font en sorte que la prestation soit la plus efficace possible. » Que ce soit sur le plan sanitaire ou alimentaire, l'éleveur apprécie le contact direct avec les prestataires. C'est ainsi qu'avec Baptiste Martin, responsable d'Agro-direct, ils font le choix d'une lutte contre les mouches à l'aide d'auxiliaires. La solution des mini-guêpes est un mélange de deux hyménoptères qui attaquent les pupes des mouches présentes dans la litière. Ces prédateurs naturels ne provoquent pas de nuisance. « En s'attaquant aux larves, on s'attaque à population de mouches. Il n'y a pas zéro mouche, mais leur nombre est fortement diminué », témoigne l'éleveur.
Par La Poste
Il utilise cette méthode depuis trois ans. « C'est un très bon produit, grâce auquel j'ai fortement réduit l'incidence des mouches dans l'exploitation. Les bêtes, l'éleveur et les voisins sont contents. » Durant les étés chauds, comme il vient de se produire, la question des mouches dans les exploitations peut devenir intenable. Auparavant, Gaëtan Piret avait aussi testé l'huile de Neem sans qu'elle lui apporte entière satisfaction. Les produits chimiques ont aussi un effet radical, mais l'éleveur préfère les solutions alternatives. Il souligne la facilité du protocole mis en place avec Agro-direct. « Je reçois les produits par La Poste à date fixe. Ce sont des cylindres à saupoudrer sur la litière. Cela ne prend que quelques minutes. C'est facile à utiliser et on ne peut pas oublier.» Depuis, le troupeau a retrouvé sa sérénité. « Lorsqu'il y a moins de mouches, les chèvres se portent mieux. Surtout le soir dans le bâtiment, elles tapent moins, elles sont plus calmes », contate l'éleveur.
Isabelle Doucet
Sanitaire / La filiale commerciale Agro-direct du GDS apporte un conseil sur le terrain aux éleveurs.
« Toutes les exploitations souhaitent lutter contre les mouches »
« Le GDS de l'Isère, via sa filiale commerciale Agro-Direct, a voulu participer au prix de l'Excellence agricole et rurale de l'Isère pour faire découvrir aux éleveurs de Rhône-Alpes une méthode de lutte biologique contre les mouches », rapporte Baptiste Martin, le responsable d'Agro-direct. Ce prix de l'innovation récompense un éleveur soucieux du bien-être animal. « Nous avons choisi de mettre en avant l'exploitation de Gaëtan Piret, éleveur à Claix, poursuit le responsable. Utilisateur de cette méthode il contribue à l'amélioration de l'environnement des animaux pendant la période estivale. » Basée à Rives, la filiale commerciale du Groupement sanitaire de l'Isère essaie de nouer des relations avec ses clients qui vont bien au-delà de l'acte commercial. « C'est très important d'aller sur le terrain voir les éleveurs, insiste Baptiste Martin. Nous souhaitons recueillir les demandes des éleveurs, les conseiller puis les livrer chez eux.» Par exemple, la mise en place de mini-guêpes nécessite un protocole. « Cela a un coût, nous devons apporter un conseil et avoir un résultat. Dans une conjoncture compliquée pour l'élevage, il n'est pas question de se contenter d'envoyer une facture. Et si ça ne marche pas, on se remet en question. » La méthode de lutte contre les mouches à l'aide de mini-guêpes ne marche pas dans tous les élevages. Elle est particulièrement adaptée en élevage caprin, mais dépend de nombreux facteurs. « La mise en place est certes facile, mais il y a des règles à respecter », insiste Baptiste Martin en soulignant qu'il est « toujours compliqué de travailler sur du vivant ». Une démarche indispensableLes mini-guêpes font partie des luttes admises en agriculteur biologique. Les autres solutions utilisées en élevage sont donc les huiles, les rubans englués qui apportent de bons résultats, ou la lutte chimique qui est parfois inévitable. « Toutes les exploitations souhaitent lutter contre les mouches », insiste Baptiste Martin. Pour les voisins, mais surtout pour les bêtes, la démarche est indispensable. Par exemple, en salle de traite, les bêtes énervées par les mouches risquent de se débrancher et de se blesser. Ou encore, les mouches autour des yeux des animaux sont facteur de maladie et le bien-être animal commence par ces choses-là. ID