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FIlière bois

Le bois a de l’énergie à revendre

Granulés ou plaquettes, le bois énergie se développe dans les chaufferies communales. Mais avant de se lancer, il faut savoir quelle installation est la plus appropriée.
Le bois a de l’énergie à revendre

« On doit vider le cendrier une fois par mois, c'est tout ». Jean-Pierre Delanoeye, adjoint au maire à Nantes-en-Rattier raconte, durant le colloque bois énergie qui s'est déroulé à Bourg-d'Oisans au cours de l'automne dernier, l'installation de chaufferie aux granulés choisie par sa commune. Cette dernière sert depuis 2014 à chauffer la salle des fêtes et la cantine. Elle passe 8 tonnes de granulés par an. La chaufferie au bois énergie est conseillée par l'association pour une gestion durable de l'énergie (Ageden) pour alimenter le réseau de chaleur des bâtiments communaux, comme la mairie ou l'école ou encore les bâtiments publics tels que les hôpitaux et les maisons de retraites. Il faut un certain volume de départ pour fonctionner. En Isère, 140 chaufferies sont déjà installées.
Afin de préciser les projets de chaque commune, une étude d'opportunité peut être menée pour déterminer l'étendue du réseau et la densité thermique attendue. « Il faut réfléchir au choix du combustible. Pour le bois déchiqueté, il faut un volume de stockage plus important et prévoir l'installation d'un silo. Les granulés, c'est plus pratique à l'installation », explique Julien Allirot de l'Ageden.

Une installation à tâtons

Suit l'étude de faisabilité qui permet d'évaluer la viabilité du projet en prenant en compte le choix du matériel et la puissance adaptée à la demande ainsi que le coût de l'énergie à l'usage. Enfin, l'étude de conception permet d'arrêter le périmètre du futur réseau de chaleur. Le projet est ensuite suivi par un contrat de maintenance. La mairie de Nantes-en-Rattier a depuis rajouté des panneaux photovoltaïques dont l'électricité est revendue.
Les installations de chauffage au bois peuvent être financées de 30 et 45% par des aides de la Région, du Département et de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Elles ne sont pas soumises à la contribution climat énergie, contrairement aux énergies fossiles. En revanche, il faut savoir ce que l'on installe. « Ces chaufferies fonctionnent très bien mais on voit parfois des problèmes à l'installation du silo pour le bois déchiqueté ou encore du matériel mal adapté pour les granulés », précise Julien Allirot. Il faut aussi réfléchir au bois utilisé. Les certifications se développent dans la production de granulés mais l'origine de la matière première pose question : « Il n'est pas possible d'ajouter le critère de l'origine du bois dans le cahier des charges », déplore une élue.

VM