Bellegarde-Poussieu
Le boom des installations en agriculture
Politique locale/Désireux d'« accompagner tous les projets, même modestes », le maire de Bellegarde-Poussieu a aidé l'ensemble des projets agricoles qui ont vu le jour dans cette commune depuis son élection en 2004. Sept ans plus tard, son bilan fait état de trois installations, une quatrième en préparation et un agrandissement de la SARL Giraud fruits.
Bellegarde-Poussieu est une petite commune du pays de Beaurepaire comptant moins d'un millier d'habitants et ne mesurant pas plus de neuf kilomètres de long sur trois de large. Il n'empêche qu'elle vient de voir l'installation de deux agricultrices (lire par ailleurs), peu après l'arrivée d'un attributaire Safer*, sur le point de se diversifier dans la production de poulets de chair (en plus de celle de fruits et légumes, viandes de bœuf, de porc...). Et une nouvelle exploitation maraîchère est en projet juste à côté. Tandis que la SARL Giraud fruits, spécialisée dans les pommes, vient de s'installer dans de nouveaux locaux, construits dans une zone d'activité intercommunale créée à la frontière avec la commune de Jarcieu.
« Chaque dossier a son histoire », commente le maire, Roger Torgue. Mais le fait que l'édile soit un neveu et un petit-fils d'agriculteurs n'est sans doute pas étranger à cette effervescence agricole. « J'apprécie d'avoir eu ce genre de dossiers à gérer, car j'allais aux chèvres avec ma grand-mère, je coupais le bois, j'ai aussi castré des maïs, travaillé dans des cultures de tabac, cueilli des fruits... J'ai habité Annonay, Lyon, Vienne, mais je suis toujours revenu et j'aime dire que je suis un pur produit de la ferme, confie l'élu. Au-delà de cette sensibilité, je pense qu'il est naturel pour une commune comme la nôtre, qui a de la place, de faire en sorte de ne pas devenir un musée de l'agriculture. Lors de l'intervention de la Safer, j'ai réalisé que c'était moi le patron, et j'ai fait en sorte de favoriser la production alimentaire et de bois ».
Poursuite de l'urbanisation
Cette approche n'empêche pas l'urbanisation de se développer. Mais « il n'est pas question d'ajouter de nouveaux lotissements au Nord, ni à l'Est ou au Sud, prévient Roger Torgue. L'extension de l'habitat ne se fera qu'à l'Ouest, où l'espace entre Poussieu et le hameau du Cottonnet se remplit progressivement, et en densifiant les différents hameaux de la commune. Après deux années de gel des travaux du fait de la crise économique, les constructions redémarrent et nous observons actuellement un effet de rattrapage se traduisant par une hausse des permis de construire. Mais cela ne durera pas, même si le plan d'occupation des sols est encore ouvert ».
Cécile Fandos
*Safer : société d'aménagement foncier et d'établissement rural, qui défend les terres agricoles en exerçant parfois son droit de préemption, mis en œuvre lorsque que l'acquéreur initial de terrains ne semble pas à même de relever les enjeux d'aménagement locaux.
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La gageure du foncier
Installations/Même avec le soutien du premier magistrat de la commune, la chevrière Mylène Van Wallendael a mis du temps à trouver le terrain sur lequel elle pourrait construire son bâtiment d'élevage. Quant à l'apicultrice Sylvie Boulenger, elle a eu recours aux annonces immobilières.
L'éleveuse de chèvres
L'installation en agriculture pour Mylène Van Wallendael, c'est « 90 % d'administratif contre seulement 10 % d'élevage ». Comme beaucoup de jeunes installés, cette éleveuse de chèvres décrit sa formation agricole, sa recherche de foncier et ses relations avec les différentes organisations agricoles intervenant dans l'installation des nouveaux agriculteurs comme « un parcours du combattant. Le suivi du conseiller installation était impeccable, mais les informations sont bien souvent diffusées au compte-goutte et il faut aller chercher la plupart des réponses à ses questions ».
Il faut dire que cette Belge s'est installée hors de tout cadre familial, même si son conjoint est originaire de Bellegarde-Poussieu, et qu'elle a démarré avec trois chèvres produisant seulement le lait nécessaire à la consommation familiale. Aujourd'hui, l'exploitante est à la tête d'un troupeau de 25 mères, mais d'une cinquantaine de têtes se répartissant en quatre générations. Le but, à terme, étant de doubler le nombre de chèvres en production.
Tant que la chèvrerie est en travaux, la transformation du lait en fromages a lieu à domicile, dans la commune voisine de Moissieu-sur-Dolon. Mais cela n'empêche pas Mylène Van Wallendael de les vendre en direct, sur place, au marché de Bellegarde-Poussieu ainsi qu'à une Amap* du secteur.
Un défi : poser la chèvrerie
La municipalité a accompagné la jeune agricultrice dans ses démarches commerciales après l'avoir soutenue dans sa recherche de foncier. Mais cela n'a pas épargné à l'éleveuse une longue recherche de terrain proche des parcelles que la mairie lui a mises à disposition pour le pâturage, afin d'y bâtir une chèvrerie. « Entre le démarrage de la recherche de foncier, fin 2007, et la signature du compromis de vente, à l'été 2010, il s'est écoulé plus de deux ans et demi », indique Mylène Van Wallendael. Heureusement, aucun rouage n'est venu perturber les travaux à partir de l'été 2010, car le troupeau était devenu conséquent et il fallait le mettre à l'abri pour l'hiver.
Ce bâtiment opérationnel a permis à l'exploitante de rester fidèle à ses choix écologiques. S'inscrivant dans le cahier des charges de l'agriculture biologique, elle n'écorne pas les chèvres, les soigne par homéo et phytothérapie, les fait pâturer dans des prairies naturelles, n'a pas recours à l'insémination artificielle, chauffe l'eau à l'aide de panneaux solaires... « Pour atteindre la cinquantaine de mères en étant labellisé bio, nous aurons besoin de dix hectares, contre seulement huit et demi aujourd'hui, en comptant le site naturel de la chapelle de la Salette, commente Mylène Van Wallendael. Mais maintenant que notre activité a pris forme, ce sont les propriétaires qui viennent nous proposer des parcelles, donc nous y parviendrons sans problème ».
*Amap : association pour le maintien d'une agriculture paysanne réunissant producteurs fermiers et consommateurs s'engageant dans la durée et payant les marchandises à l'avance.
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L'apicultrice
Pour son installation préparée depuis plusieurs années, l'apicultrice Sylvie Boulenger a également buté sur la recherche de foncier. « Résidant dans le Rhône, je me suis inscrite au répertoire installation et j'ai pris contact avec la société d'aménagement foncier de ce département, mais je me suis rapidement rendu compte que cela ne suffirait pas, témoigne la jeune agricultrice. La pression immobilière étant forte dans mon secteur, les appels que j'ai passés à tous les agriculteurs exerçant dans les vingt kilomètres autour de chez moi n'ont pas non plus abouti. C'est finalement par petite annonce que j'ai rencontré le cédant de la ferme que j'exploite aujourd'hui à Bellegarde-Poussieu. C'est un ancien agriculteur qui voulait vendre seulement à un exploitant agricole et mon projet (combinant productions de miel, de safran et, bientôt, de lavande) lui a plu. C'est ainsi que j'ai pu faire l'acquisition de près de quatre hectares de terre et d'un corps de ferme en cours de réhabilitation ».
CF
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« Chaque dossier a son histoire », commente le maire, Roger Torgue. Mais le fait que l'édile soit un neveu et un petit-fils d'agriculteurs n'est sans doute pas étranger à cette effervescence agricole. « J'apprécie d'avoir eu ce genre de dossiers à gérer, car j'allais aux chèvres avec ma grand-mère, je coupais le bois, j'ai aussi castré des maïs, travaillé dans des cultures de tabac, cueilli des fruits... J'ai habité Annonay, Lyon, Vienne, mais je suis toujours revenu et j'aime dire que je suis un pur produit de la ferme, confie l'élu. Au-delà de cette sensibilité, je pense qu'il est naturel pour une commune comme la nôtre, qui a de la place, de faire en sorte de ne pas devenir un musée de l'agriculture. Lors de l'intervention de la Safer, j'ai réalisé que c'était moi le patron, et j'ai fait en sorte de favoriser la production alimentaire et de bois ».
Poursuite de l'urbanisation
Cette approche n'empêche pas l'urbanisation de se développer. Mais « il n'est pas question d'ajouter de nouveaux lotissements au Nord, ni à l'Est ou au Sud, prévient Roger Torgue. L'extension de l'habitat ne se fera qu'à l'Ouest, où l'espace entre Poussieu et le hameau du Cottonnet se remplit progressivement, et en densifiant les différents hameaux de la commune. Après deux années de gel des travaux du fait de la crise économique, les constructions redémarrent et nous observons actuellement un effet de rattrapage se traduisant par une hausse des permis de construire. Mais cela ne durera pas, même si le plan d'occupation des sols est encore ouvert ».
*Safer : société d'aménagement foncier et d'établissement rural, qui défend les terres agricoles en exerçant parfois son droit de préemption, mis en œuvre lorsque que l'acquéreur initial de terrains ne semble pas à même de relever les enjeux d'aménagement locaux.
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L'installation en agriculture pour Mylène Van Wallendael, c'est « 90 % d'administratif contre seulement 10 % d'élevage ». Comme beaucoup de jeunes installés, cette éleveuse de chèvres décrit sa formation agricole, sa recherche de foncier et ses relations avec les différentes organisations agricoles intervenant dans l'installation des nouveaux agriculteurs comme « un parcours du combattant. Le suivi du conseiller installation était impeccable, mais les informations sont bien souvent diffusées au compte-goutte et il faut aller chercher la plupart des réponses à ses questions ».Il faut dire que cette Belge s'est installée hors de tout cadre familial, même si son conjoint est originaire de Bellegarde-Poussieu, et qu'elle a démarré avec trois chèvres produisant seulement le lait nécessaire à la consommation familiale. Aujourd'hui, l'exploitante est à la tête d'un troupeau de 25 mères, mais d'une cinquantaine de têtes se répartissant en quatre générations. Le but, à terme, étant de doubler le nombre de chèvres en production.
Tant que la chèvrerie est en travaux, la transformation du lait en fromages a lieu à domicile, dans la commune voisine de Moissieu-sur-Dolon. Mais cela n'empêche pas Mylène Van Wallendael de les vendre en direct, sur place, au marché de Bellegarde-Poussieu ainsi qu'à une Amap* du secteur.
Un défi : poser la chèvrerie
La municipalité a accompagné la jeune agricultrice dans ses démarches commerciales après l'avoir soutenue dans sa recherche de foncier. Mais cela n'a pas épargné à l'éleveuse une longue recherche de terrain proche des parcelles que la mairie lui a mises à disposition pour le pâturage, afin d'y bâtir une chèvrerie. « Entre le démarrage de la recherche de foncier, fin 2007, et la signature du compromis de vente, à l'été 2010, il s'est écoulé plus de deux ans et demi », indique Mylène Van Wallendael. Heureusement, aucun rouage n'est venu perturber les travaux à partir de l'été 2010, car le troupeau était devenu conséquent et il fallait le mettre à l'abri pour l'hiver.
Ce bâtiment opérationnel a permis à l'exploitante de rester fidèle à ses choix écologiques. S'inscrivant dans le cahier des charges de l'agriculture biologique, elle n'écorne pas les chèvres, les soigne par homéo et phytothérapie, les fait pâturer dans des prairies naturelles, n'a pas recours à l'insémination artificielle, chauffe l'eau à l'aide de panneaux solaires... « Pour atteindre la cinquantaine de mères en étant labellisé bio, nous aurons besoin de dix hectares, contre seulement huit et demi aujourd'hui, en comptant le site naturel de la chapelle de la Salette, commente Mylène Van Wallendael. Mais maintenant que notre activité a pris forme, ce sont les propriétaires qui viennent nous proposer des parcelles, donc nous y parviendrons sans problème ».
*Amap : association pour le maintien d'une agriculture paysanne réunissant producteurs fermiers et consommateurs s'engageant dans la durée et payant les marchandises à l'avance.
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Pour son installation préparée depuis plusieurs années, l'apicultrice Sylvie Boulenger a également buté sur la recherche de foncier. « Résidant dans le Rhône, je me suis inscrite au répertoire installation et j'ai pris contact avec la société d'aménagement foncier de ce département, mais je me suis rapidement rendu compte que cela ne suffirait pas, témoigne la jeune agricultrice. La pression immobilière étant forte dans mon secteur, les appels que j'ai passés à tous les agriculteurs exerçant dans les vingt kilomètres autour de chez moi n'ont pas non plus abouti. C'est finalement par petite annonce que j'ai rencontré le cédant de la ferme que j'exploite aujourd'hui à Bellegarde-Poussieu. C'est un ancien agriculteur qui voulait vendre seulement à un exploitant agricole et mon projet (combinant productions de miel, de safran et, bientôt, de lavande) lui a plu. C'est ainsi que j'ai pu faire l'acquisition de près de quatre hectares de terre et d'un corps de ferme en cours de réhabilitation ».
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