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Horticulture

Le choix du végétal

L'Union des producteurs horticoles de l'Isère a tenu son assemblée générale début février à Moirans.
Le choix du végétal

Deux sujets d’intérêt départemental ont retenu l'attention des participants à l’assemblée générale de l'Union de producteurs horticoles (UPH) de l'Isère qui s'est déroulée début février à Moirans. Le premier concernait le concours des villes et villages fleuris. Les professionnels se posent la question de leur rôle dans le comité de fleurissement, car le végétal ne compte plus que pour 30% dans la note attribuée. La reconquête de la fleur dans les villages passerait par une plus grande implication des horticulteurs dans les jurys.

L’autre point de crispation est l’arrêté préfectoral sur l’interdiction du brûlage des végétaux « qui ne reflète pas les accords » conclus, déclare Dominique Bonnardon, le président de l’UPH. Des négociations, menées par la chambre d’agriculture et la FDSEA de l’Isère et relayées au niveau régional, sont relancées.

Plan régional

Invité par les Isérois, Jean-Michel Cotte a fait part du déclin du syndicat drômois et de la volonté des horticulteurs de se rapprocher de la structure iséroise. Le département pèse de tout son poids à l’échelle régionale, a souligné Bernard Abdilla, le président de l’URH. Il a présenté la stratégie de filière qui s’opère à la faveur d’un rapprochement avec la région. Une enveloppe dédiée au Plan de filière devrait favoriser les projets d’acquisition de matériel pour les pépiniéristes et de serres (à hauteur de 200 000 euros pour chaque catégorie). Au niveau de la filière, le pôle régional horticole de Brindas, ex station Ratho, devrait aussi bénéficier d’aides. Le projet de fusion avec la station de recherche sur les fruits et légumes Serail, située à Brindas également, a été abandonné. Mais les deux structures vont être mutualisées.

Les participations des pépiniéristes et horticulteurs aux différents salons pourraient être aussi soutenues par la Région. Dominique Bonnardon a ajouté qu’il existait des lignes régionales pour subventionner à hauteur de 20 à 30% les investissements pour la vente directe (locaux, parkings etc.)  François Félix s’est félicité que ce schéma régional (SDREII) apporte une identification à part entière de la filière horticole et lui permette de rattraper son retard en matière d’aides économiques.

Reconnaissance

Bernard Abdilla a poursuivi par la nouvelle charte de promotion d’achat local, qui fixe les conditions des marchés publics et synthétise le travail fait par l’horticulteur. Elle a été élaborée avec l’association des maires de France, les associations professionnelles, les architectes, les urbanistes, la Draaf et les collectivités. « C’est une vraie reconnaissance par les collectivités publiques des marchés d’horticulture et de pépinières », s’est réjouit Bernard Abdilla. Il a rappelé qu’il s’agissait d’une initiative lancée en Isère il y a dix ans, relayée au niveau régional depuis quatre ans, et au niveau national désormais.

Le président de l’URH a cité deux dates à retenir : la journée de promotion des métiers de l’horticulture, en partenariat avec les écoles de la région, qui se déroulera le 6 avril, et la sélection régionale pour le concours de reconnaissance des végétaux, le 18 mai, à Lacroix-Laval, dans le cadre du salon Scènes de jardins.

Au niveau national, François Félix, président de la FNPHP, a fait part du déménagement de la fédération dans les locaux de la FNSEA, rue de la Baume. « Le taux de syndicalisation à la FNPHP est bon, en revanche, le nombre d’entreprises diminue », a déclaré le président pour expliquer cette rationalisation des moyens. En 30 ans, le nombre d’adhérents est passé de 1 000 à 400. « Il ne s’agit pas de dissoudre la FNPHP dans la FNSEA, mais il faut être réaliste. Si nous voulons peser dans les négociations et notamment sur l’emploi, nous ne pouvons pas y aller seul », a-t-il poursuivi.

Le congrès 2017 de la FNPHP, se déroulera à Paris les 8 et 9 juin prochains. Il aura pour thème les labels et sera accompagné du lancement d’une opération de communication sur les signes de qualité : Fleurs de France, Planète bleue et label rouge. Il sera suivi, du 20 au 22 juin 2017 par le Salon du végétal, qui se déroulera à Nantes sur le thème « Inventons le végétal facile ». Une forte participation des entreprises de la région Auvergne-Rhône-Alpes est attendue.

Isabelle Doucet

 

 

 

Enquête

Choix végétaux et projets de conception

L’Union des producteurs horticoles de l’Isère fait appel depuis trois ans aux étudiants de licence professionnelle du lycée horticole de Saint-Ismier pour réaliser des études de marché.
Les critères de choix des végétaux dans les projets de conception des professionnels ont été observés à la loupe. Il apparaît que les collectivités territoriales et les petites structures sont très sensibles d'abord au prix, puis aux pépinières d’origine. Les grandes structures placent les pépinières d’origine en premier choix, le prix en deuxième position. Tous les professionnels s’intéressent ensuite aux techniques de production. Le conseil du producteur est généralement peu déterminant.
Les gammes de végétaux les plus utilisées sont les vivaces (entre 43 et 46% de la palette végétale des professionnels), puis les arbustes (de 33 à 36%) et enfin les arbres (de 18 à 22%).
Les grandes structures ont une préférence marquées pour le conditionnement en racines nues et en mottes (63,6%), alors que les conteneurs et bacs sont préférés par les collectivités territoriales (58% des conditionnements) et les petites structures (55,6%).
Parmi les supports utilisés pour choisir les végétaux, le contact en pépinière arrive en première position pour les collectivités, les grandes structures le citent en deuxième intention et les petites structures en troisième place. Les petites structures et les collectivités territoriales se réfèrent d’abord au catalogue de pépinière. Internet est privilégié par les grandes structures. Les livres végétaux arrivent en troisième ou quatrième supports d’aide au choix. Les bases de données comme Végébase ou Végéstock semblent peu ou pas connues des professionnels.
Les styles d’aménagement observent deux grandes tendances entre classique et naturel, avec un grand retour des réalisations en végétaux naturels dans les grandes structures (50%). Enfin, alors que petites et grandes structures utilisent trois-quarts d’espèces indigènes, les collectivités n’en emploient que 50%.