Le coeur de l'agriculture bat à Satolas.
« Robert (Ballefin) nous fait vivre un comice exceptionnel, un événement qui restera gravé à jamais dans nos mémoires ». André Coppard, vice-président de la chambre d'agriculture de l'Isère, n'y est pas allé avec le dos de la cuillère dimanche midi au moment des discours officiels qui accompagnaient la visite des élus au comice agricole de Satolas. Il faut dire que les superlatifs pouvaient être utilisés : 55 ha d'emprise, des milliers de visiteurs pendant les deux jours, 80 compétiteurs au concours de labour, 300 bénévoles pour les deux jours, les chiffres ont été impressionnants. Et en ont étonné beaucoup. Mais il faut aussi avoir en tête que Robert Ballefin, président de l'organisation du comice à Satolas, 1er adjoint au maire de la commune, plusieurs fois lauréat lors des concours de labour (il a même concouru au niveau régional) est connu comme le loup blanc dans le secteur. Et que visiblement il est apprécié. « C'est un enfant du pays, il a Satolas-et-Bonce dans les tripes et il a su fédérer beaucoup de gens autour de lui », s'exclame Damien Michallet, maire de la commune.
Si l'organisateur a su faire l'unanimité, le sujet de la place de l'agriculture dans le territoire aussi. « L'agriculture fédère tout le monde et tous ceux qui sont venus l'ont fait pour le monde agricole », constate-t-il. « Pourtant, certains lui trouvent un nouveau mal tous les trois ans. En ce moment, des intellectuels parisiens estiment que c'est un monde de pollueurs. Même des maires locaux prennent des arrêtés imbéciles, s'emporte Damien Michallet. Mais ce combat n'est pas le bon. Le monde agricole, il faut l'aimer, il faut le comprendre. Si vous allez dans cette voie de dénigrement, vous mangerez de la viande américaine, brésilienne ou argentine très rapidement. Alors que nous avons un monde agricole qui respecte son environnement, qui se transforme, qui change. Les élus doivent l'accompagner. »
« Le monde agricole subit une véritable crise médiatique, déplore André Coppard. J'ai assisté à une réunion au sujet du PAEN de la Capi. Quelqu'un a traité les agriculteurs d'empoisonneur. Cela fait mal. Nous nous efforçons tous de faire des produits d'une grande qualité avec les contraintes réglementaires les plus fortes au monde. Et entendre cela c'est destructeur. Alors achetez, mangez des produits français et vous aurez la sécurité ».
Le public n'était pas uniquement agricole, loin de là devant la tribune. Mais la plupart des participants ont été convaincus.
Jean-Marc Emprin
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« Mon seul regret : ne pas avoir le temps de participer au concours de labour cette année ». Robert Ballefin, organisateur du comice de Satolas 2019.