Le confort des veaux pour un bon démarrage
« Le premier facteur de perte de temps, c'est un veau malade », rappelle Samuel Malard, technicien conseil de la société Milk bar, qui commercialise les produits éponymes. Dans le cadre de la journée technique organisée par Agrodirect, la filiale commerciale des GDS, au Gaec de la Mure, à Biol, chaque conseiller commercial a dispensé ses recommandations pour une meilleure prise en compte de la santé des veaux. « Un veau, une tétine, insiste le technicien spécialiste de l'allaitement du veau. Au départ, il est important de bien nourrir le veau sans le braquer ». Il préconise l'installation de biberons suspendus et équipés de tétines colostrum. « Le veau doit comprendre rapidement qu'il doit téter seul et en hauteur », poursuit-il. En position haute, le veau ne mâche pas la tétine, mais tète et le lait descend directement dans l'œsophage et doucement vers la caillette, en prenant la température corporelle. En tétant, l'animal salive abondamment, ce qui permet un bon caillé du lait. « Le débit de la tétine augmente au fur et à mesure que le veau grandit », précise le technicien. Jusqu'à environ 15 jours, le veau aura son seau individuel suspendu. Après, l'éleveur pourra passer à un Milk bar collectif, non compartimenté, en transférant les tétines. Le dispositif se nettoie au quotidien à l'eau claire et, une fois par semaine, avec une solution alcaline. Le technicien délivre encore deux conseils : gérer les veaux par groupes d'âge et veiller à ne pas laisser les génisses, moins gloutonnes, de côté.
Un bon démarrage
Des veaux bien portants sont aussi des veaux bien logés. Jean-Bernard Béranger, de Calfotel, a présenté ses nouvelles niches à veaux. Le retour de ce système s'inscrit dans le cadre d'une évolution. « Les élevages ont beaucoup augmenté. Leur limite, notamment en termes de bâtiments, ce sont les veaux. Or, dans des bâtiments chargés, peuvent survenir des problèmes pulmonaires ou microbiens, notamment s'il s'agit d'endroits froids. De plus, lorsque l'exploitation a des vêlages toute l'année, la niche à veau peut être la solution. Mais elle est souvent mise de côté car mal installée ou seulement utilisée en secours. Cependant il convient de considérer la notion d'investissement : en nurserie, le coût par tête revient à 1 300 euros », annonce le technicien, alors qu'il il faut compter 525 euros HT pour une niche individuelle, et 1 615 euros HT pour une collective.. Pour lui, la niche à veau permet de stabiliser l'animal au démarrage, pendant 15 jours à 3 semaines, en séparant les jeunes veaux et en respectant ainsi la phase immunitaire. Installée sur un sol en dur, en légère déclivité pour garder la paille à l'intérieur au sec, la niche est équipée d'un petit parc pour que l'animal puisse sortir et profiter du soleil. Elle dispose d'un portillon démontable et de roulettes. Quant à l'orientation, c'est sud sud-est recommandé, pas trop éloigné des bâtiments, mais pas trop près non plus pour éviter les courants d'air. « Certes, ce logement demande à l'éleveur de s'imposer un protocole de travail, mais si la niche est bien installée, cela ne prend pas plus de temps, » explique le technicien. Il précise que la niche est en polyester, matériau isolant du froid et du chaud.
La niche cinq places permet quant à elle, de pousser le veau jusqu'à cinq mois, « de procéder à un sevrage en niche et d'obtenir des veaux plus gros », affirme le technicien. Il décline d'autres systèmes : « open top », pour des niches ouvertes installées en bâtiment et/ou sur caillebotis.
Hygiène de l'animal et des litières
Côté hygiène des animaux, Geoffrey Taminiau, de Cid Lines, a présenté une série de produits de la gamme Keno, dont Keno cox désinfectant à large spectre d'action, efficace dans la lutte contre les endoparasites et notamment cryptosporodium pavum, mais aussi les bactéries, les virus et les levures. Ce produit de prévention et de curation « est le seul en France homologué pour son efficacité », indique le technicien. Son action dépend de la dose utilisée et du temps de contact, qui est de deux heures pour lutter contre la cryptosporidiose et parvenir à réduire la pression des ookystes. Le mélange Keno cox/eau se présente sous forme de mousse, qui en se déposant forme un film blanc. Les animaux réintègreront leurs box ou leur niche une fois que le sol sera sec. Geoffrey Taminiau a également présenté le nouveau Kenofix, désinfectant et barrière protectrice pour l'épiderme des animaux. Son application en spray forme une « seconde peau » reconnaissable à sa couleur bleue. Il convient à tous les animaux.
Enfin, l'hygiène des litières a été abordée avec Maximin Enjolras, de la société Timac, qui présentait le produit Actisan R permettant de les assécher en absorbant jusqu'à deux fois son poids en eau. Ce complexe minéral assainissant et répulsif insectes est composé d'une base acide salicylique, d'un sel minéral déshydraté, d'un sel minéral ionique et d'huiles essentielles. Non agressif, il est efficace dans la plupart des pathogènes intervenant dans les mammites d'environnement. Sur tapis caoutchouc comme sur aire paillée, il convient d'appliquer une dose de 150 à 200g par tête tous les deux à trois jours. En cas de pathologie, un traitement d'attaque peut s'imposer.
Isabelle Doucet
Le Gaec de La Mure