Le défi du périurbain
L'agglomération grenobloise ne compte que 8 000 hectares de surfaces agricoles, soit 15% de son territoire. Il ne reste que 210 exploitations dans les 49 communes, principalement dans le sud de l'agglomération. Dans ces conditions, l'installation d'un nouvel agriculteur relève du défi. Aussi, certaines communes, comme Grenoble, Herbeys ou Claix, ont fait le choix de créer des fermes intercommunales. Il en existe sept dans la métropole, à l'image de la dernière née à Champagnier.
Sur ce plateau agricole, au-dessus d'Echirolles, la commune a souhaité redonner quelques hectares à l'agriculture, notamment par l'acquisition de deux équipements sportifs : un ancien terrain de foot et un ex-complexe de tennis, soit 2,6 ha en tout. « Nous avons lancé un appel à projet avec l'aide de la chambre d'agriculture et reçu beaucoup de candidats. Nous avons dû faire un choix », présente Pascale Berendes, adjointe à l'environnement et à l'agriculture. La candidature de Sylvie Michelland est retenue : le Jardin des connivences est créé en 2017. L'agricultrice produit des plants de plantes aromatiques, de fleurs et de fruits et propose la cueillette à la ferme. Elle a installé ses serres sur les anciennes dalles de tennis et planté ses petits fruits dans une parcelle de 4 000 m2. L'ex-terrain de foot n'a pas encore été mis en production mais accueille un apiculteur et une mare LPO.
« La contrainte du territoire, c'est la faible ressource en eau », poursuit la jeune installée qui a passé du temps à chercher une source qui n'existait pas. Une histoire à la Pagnol. « Il me faut tenir compte de ce paramètre pour les cultures plein champ », indique-t-elle. L'exploitante utilise le petit débit d'un ancien puits et stocke toutes les eaux pluviales qu'il lui est possible. Pour cela, elle a reçu le soutien d'un voisin largement doté de cheneaux, ainsi que des cuves de la part de la société Vencorex de la zone industrielle de Claix. Sylvie Michelland espère que son exploitation sera viable d'ici trois ans. « Sans l'appui de la commune, cela aurait été plus difficile », indique-t-elle. Un plus qui lui a peut-être permis d'acheter un petit tracteur afin de préserver son dos. L'exploitation étant largement ouverte au public, Le Jardin des connivences participe aussi du lien social dans un village qui avait perdu tous ses commerces.
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