Le demi-échangeur qui fait polémique
« Cela fait 30 ans qu'il en est question ». « J'en ai toujours entendu parler ». C'est en ces termes que les habitants du pays viennois parlent du projet de création de demi-échangeur de Vienne Sud situé sur l'autoroute A7, dans la commune de Reventin-Vaugris. S'en était presque devenue une arlésienne. Mais depuis ces premières discussions, la circulation dans le secteur n'a fait que se densifier, les bouchons, aux heures de pointe, s'intensifier, et le projet semble reparti. Une réunion publique a été organisée le 9 juin, pour dévoiler les possibilités actuellement proposées par la société Vinci Autoroutes. Une consultation publique est en cours depuis le 6 juin. Elle durera jusqu'au 3 juillet.
Asphyxiée
Trois sites sont envisagés dans la commune de Reventin-Vaugris. Une variante nord située au nord de la zone d’études, entre la barrière de péage en pleine voie et le demi-échangeur existant (sur la route dite du Grand pavé). Une variante centre située à proximité immédiate de la barrière de péage et une variante sud implantée au sud de l’aérodrome de Reventin-Vaugris (au niveau de la zone d'activité). Selon, Elisabeth Célard, maire de la commune, « ce projet est énormément attendu. Ce demi-échangeur est une réponse pour aujourd'hui et pour le futur. C'est déjà compliqué actuellement, mais avec le développement prévu des communes environnantes, cela va l'être encore plus. La commune va finir par être asphyxiée ». Pour l'instant, le conseil municipal étudie les différentes propositions, mais la majorité veut privilégier le site qui engendrera le moins de nuisance possible pour les habitants, quitte à ce qu'il y ait une petite emprise foncière. Car le maire estime que l' « on ne peut pas toujours renvoyer chez les autres ce qu'on ne veut pas chez soi ». La municipalité prendra une délibération le 27 juin. Quant à la communauté d'agglomération du Pays viennois, également partie prenante, bien que contactée, elle n'a pas souhaité s'exprimer.
Collectif de citoyens
Pour autant, localement, le projet est loin de faire l'unanimité, entre des riverains qui craignent qu'il ne soit trop prêt de leur habitation et des agriculteurs qui s'inquiètent du sacrifice de leur outil de travail. Un collectif réuni sous le nom de Collectif des citoyens de Reventin-Vaugris a d'ailleurs été créé. Xavier Jury, agriculteur à Chonas-l'Amballan en fait partie. « Il est évident que la vallée du Rhône connaît un développement économique et démographique, que le trafic ne cesse de s'intensifier, qu'il faut donc prévoir des aménagements. Nous ne sommes pas contre tout. Mais cela ne doit pas se faire au détriment de l'agriculture. Le foncier agricole doit être préservé », assure-t-il. Et certains de ne pouvoir s'empêcher de penser que ce demi-échangeur ne soit l'arbre qui cache la forêt. La forêt étant les 35 hectares de plaine agricole, récemment classée en zone future d'aménagement pour l'artisanat et l'industrie, mais dont le classement est actuellement jugé au tribunal administratif de Lyon.