L'Union départementale des éleveurs de limousines de l'Isère fait état de nouvelles perspectives pour la filière allaitante
Dans un contexte de cours favorables, les éleveurs de vaches limousines profitent de prix rémunérateurs et croient de nouveau en leur métier.
« Le dernier départemental a laissé des marques très positives », résume Laurent Michel, éleveur de limousines à Primarette et président du syndicat départemental Udelim (Union départementale des éleveurs de limousines) qui s’est réuni en assemblée générale courant février. Il faisait référence au concours d’élevage qui s’est déroulé en août 2024 à Lans-en-Vercors.
« Alors que le contexte était compliqué à cause de la FCO qui sévissait, finalement, nous avons été heureux d’aller dans le Vercors. Grâce au bon travail de prévention du GDS de l’Isère et du sérieux des éleveurs, aucune bête n’est tombée malade. En revanche, cela nous a donné l’occasion de créer de nouveaux liens avec des jeunes éleveurs du plateau du Vercors, ce qui est intéressant pour la dynamique du syndicat », explique le responsable.
C’est ainsi que les éleveurs de l’Udelim sont retournés dans le Vercors pour leur assemblée générale qui a eu lieu chez Baptiste Blanc à Saint-Nizier-du-Moucherotte. L’occasion d’évoquer une technique qu’il a mis en œuvre chez lui : la géobiologie, une science qui s’intéresse aussi bien à l’influence du sol et sous-sol (passage d’eau, failles…) sur les bâtiments, qu’à l’influence des pollutions modernes comme les ondes électromagnétiques ou les courants vagabonds, et qui a pour objectif de supprimer la gêne occasionnée.
Des nouvelles perspectives
La rencontre a aussi permis d’aborder la conjoncture de la viande bovine. « Elle nous est enfin favorable, estime Laurent Michel. Les cours sont rémunérateurs. Nous pouvons tirer un salaire de l’élevage allaitant. Les éleveurs peuvent se projeter. Il y a trois ou quatre ans, quand la tendance a commencé à s’inverser, ils n’y croyaient même pas. Mais, cette nouvelle disposition s’inscrit dans la durée, ce qui donne enfin des perspectives, même si les charges sont importantes. Aujourd’hui, les cours dans les circuits traditionnels ont cessé de monter, mais ils restent stables et c’est ce qu’il faut. »
En conséquence de cette nouvelle situation, les ventes de reproducteurs sont reparties. Les éleveurs ont davantage envie d’investir dans la génétique.
Pour autant, les effets de cette conjoncture sont moins avantageux pour les producteurs organisés en vente directe. « Ils continuent pour garder la clientèle acquise au prix de nombreuses années de travail. Mais les charges (découpe, transports…) ont tellement augmenté que la pratique est moins rémunératrice, car il est compliqué de répercuter ces hausses aux consommateurs. Il y a des éleveurs qui se posent des questions sur la poursuite de cette activité. Mais la vente directe se réfléchit sur un temps long… », souligne le producteur.
Isabelle Brenguier