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Entre tradition rurale et enjeux de souveraineté alimentaire

Beaucroissant / La traditionnelle foire de printemps de Beaucroissant s’est tenue les 25 et 26 avril. Cette 55e édition a réaffirmé son importance à la fois pour le monde rural qu’agricole.

Entre tradition rurale et enjeux de souveraineté alimentaire
Lors de l’inauguration de la 55e foire de printemps de Beaucroissant, les élus locaux ont tous rappelé l’importance de ce rendez-vous annuel « profondément ancré dans l’histoire » du territoire isérois.

Souvent présentée comme la « petite sœur » de la foire d’automne, la foire de printemps de Beaucroissant n’en demeure pas moins un événement à part entière dans le paysage agricole isérois.

Née en 1836 et reprise par la municipalité en 1970, elle a une nouvelle fois confirmé, ce weekend, son attractivité et son rôle structurant pour le territoire.

Pour sa première foire de printemps en tant que maire, Christiane Carneiro a rappelé l’ancrage historique et identitaire de la manifestation. « Cette foire fait partie intégrante de l’histoire et de l’identité de notre commune », a-t-elle souligné, évoquant une tradition « profondément ancrée dans notre territoire ».

Malgré un contexte économique qu’elle a qualifié « d’incertain », les contraintes liées à la grippe aviaire et les nouveaux aménagements de la place du village, l’édition 2026 affiche un record : « On frôle les 700 exposants pour la foire d’avril, c’est une première. Habituellement, on est entre 500 et 600 ».

Lors de l'inauguration, samedi matin, Christiane Carneiro a, par ailleurs, insisté sur l’ampleur de l’organisation nécessaire pour un tel rendez-vous. « C’est un véritable défi. Cela demande beaucoup d’énergie, un engagement sans faille et une coordination exemplaire », a-t-elle déclaré, remerciant l’ensemble des équipes municipales, le service régie de la foire et les partenaires mobilisés tout au long de l’année.

Elle a également salué l’État, représenté ce jour par Mahamadou Diarra, secrétaire général de la préfecture de l’Isère, pour l’autorisation accordée à l’accueil de volailles : « Cette présence est importante, car la foire de printemps accompagne les besoins des agriculteurs et des éleveurs dans une période clé de l’année ».

Pour Christiane Carneiro, « la foire de Beaucroissant est bien plus qu’un événement.C’est une tradition vivante, un symbole fort de notre identité locale, un moment de rencontre, d’échange et de dynamisme économique à ciel ouvert ».

La municipalité entend poursuivre la modernisation engagée lors du mandat précédent, « tout en gardant cette identité rurale qui met à l’honneur l’agriculture et l’essentiel de notre territoire ».

La souveraineté alimentaire n’a jamais été aussi menacée

Aurélien Clavel, président de la Chambre d’agriculture de l’Isère, a quant à lui livré un message centré sur la souveraineté alimentaire. « Elle n’a jamais été aussi menacée qu’aujourd’hui », a-t-il affirmé, rappelant que « chaque filière perd de la production en France ».

Selon lui, « derrière cette souveraineté alimentaire, il y a des enjeux économiques, des enjeux de territoire, mais aussi des enjeux géopolitiques », rendant les pays dépendants « plus vulnérables ».

Le président de la chambre a souligné les difficultés croissantes auxquelles les agriculteurs sont confrontés : « Avec le contexte géopolitique, les charges explosent : grains, carburant, énergie… » À cela s’ajoutent des crises sanitaires appelées à se multiplier. « Que ce soit sur le végétal ou l’animal, ces crises continueront d’arriver et seront de plus en plus fortes, notamment à cause de l’évolution climatique », a-t-il averti, citant la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et la grippe aviaire.

La Chambre d'agriculture de l'Isère a d'ailleurs offert des fraises locales de la marque IsHere pour symboliser « ce que notre agriculture locale peut offir lorsque tous les moyens de de productions sont accessibles pour les agriculteurs »

L’agriculture une priorité économique

Enfin, Jean-Claude Darlet, conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, a rappelé l’engagement régional en faveur du monde agricole. La collectivité fait de l’agriculture « une priorité économique », notamment à travers la gestion des fonds européens et les aides à l’installation. « La transmission et l’installation, c’est un défi que nous devons relever partout sur les territoires », a-t-il insisté, mettant en avant un niveau d’aide « parmi les plus élevés de France » pour accompagner les jeunes agriculteurs.

Le responsable régional a également dénoncé la lourdeur administrative freinant certains projets structurants : « Quand vous parlez de simplification, arrêtez d’en parler, agissez », a-t-il lancé, évoquant des projets d’irrigation ayant nécessité « plus de quinze ans » de démarches. Il a enfin appelé les consommateurs à jouer leur rôle : « Si vous achetez des produits issus de votre territoire, vous ferez la force de votre agriculture. »

De son côté, Cyrille Madinier, vice-président du Département de l’Isère en charge de l'agriculture, de la forêt et de la ruralité a rappelé la volonté forte du Département de s’engager aux côtés des agriculteurs « fiers acteurs de notre économie et nos paysages ».