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Gestion

"Le développement de l'irrigation doit être possible"

La chambre d'agriculture de l'Isère agira bientôt en tant qu'organisme unique gestionnaire de la répartition des volumes prélevables. Jean-Claude Darlet, son président confie sa vision des choses.
"Le développement de l'irrigation doit être possible"

« Le passage de mandataire à organisme unique nous permet, en tant qu'organisme agricole, de garder la main sur la répartition des volumes prélevables. En revanche, le contrôle relèvera toujours du domaine de l'administration. Pour la chambre, il s'agira de gérer et répartir au mieux les volumes, mais aussi trouver des solutions pour stocker l'eau et pérenniser le développement de l'irrigation. » Mais, pour le président de la chambre d'agriculture, « les études de volumes prélevables ne sont pas fiables. Beaucoup de questions se posent quant à la pertinence et la justesse de ce qui est écrit sur certaines zones. Nous essayons, avec nos partenaires et les collectivités, de reprendre certains points pour démontrer qu'il en va autrement. C'est le cas du ruisseau du Merderet, à sec en été depuis des siècles et qui ruisselle en hiver ou quand la pluviométrie est importante, or les études concluent à trop de prélèvements en amont. Ce qui est faux en ce qui concerne l'agriculture, pratiquement absente de ce secteur. » Jean-Claude Darlet multiplie les exemples et confronte les faits aux résultats des études. Il poursuit : « Le développement de l'irrigation dans le département doit être possible » et se montre « très attentif quant aux annonces faites sous pression, et la réalité du terrain ». Le président met dans la balance les surfaces irriguées qui quittent l'agriculture pour des projets urbanistiques et qui devraient être compensées ; elles seraient déjà de l'ordre d'un millier d'hectares ne nécessitant pas de prélèvements supplémentaires. Il plaide pour le développement des retenues collinaires, reconnaît que beaucoup reste encore à faire en matière de gestion de la ressource en eau, mais salue les avancées réalisées grâce aux outils modernes permettant une irrigation plus fine et moins coûteuse. Il déplore cependant qu'aujourd'hui la structuration de cette gestion se fasse davantage « par la réglementation et la sanction, plutôt que par le développement de solutions concrètes ». L'agriculture a besoin d'eau pour se développer, c'est particulièrement le cas dans le secteur des semences, mais aussi dans la vallée des noyers, ou pour la culture fourragère dans les coteaux des Chambaran au service de l'IGP saint-marcellin. « Pour certains secteurs, l'irrigation est une assurance, pour d'autres cela permet l'homogénéisation des productions », conclut Jean-Claude Darlet, pour qui « quelques centaines d'hectares irrigués en plus permettraient de gagner 10 à 15% de rendements ».

 

Propos recueillis par Isabelle Doucet

 

Un recensement des futures surfaces irriguées

Mis en place par la chambre d'agriculture de l'Isère, ce recensement à pour objectif d'établir à moyen terme les besoins en irrigation dans le département, et avant les phases de concertation qui devraient débuter au mois de février. Il s'adresse aux coopératives et interroge leur politique en matière de développement des cultures de semences ou de tout autre projet avec les exploitants. Il interroge également les organismes professionnels sur leur prospectives ainsi que tout exploitant ou collectif ayant des projets d'irrigation. Les porteurs de projets sont invités à contacter Nathalie Jury : [email protected] ou 04 74 87 59 90