« Le festival bénéficie d'une notoriété internationale »
Que représente le festival Berlioz pour la ville natale du compositeur ?
Il représente deux choses. Il donne une image positive et participe à la notoriété de la ville et du territoire de Bièvre Isère. Berlioz est un compositeur connu et reconnu au–delà de nos frontières. D'autre part, le festival a des retombées économiques dans tout le territoire, en termes d'hébergement ou de restauration.
Le festival existe depuis 1994, comment a-t-il évolué ?
On assiste à une métamorphose du festival depuis quelques années sous l'impulsion de Bruno Messina. Le festival bénéficie d'une notoriété internationale. La venue de Sir John Eliot Gardiner attire un public averti. Mais des personnes qui ne sont pas expertes en musique classique viennent aussi découvrir le festival, car il y a de nombreux concerts gratuits, sous la halle ou sous le balcon de la maison Berlioz. Si bien que l'événement mêle un public local et un public d'experts.
Qu'en est-il du projet de rénovation du château Louis XI ?
D'une part, il y a la décision du Département d'investir pour prolonger la durée de vie de la structure du festival dans le château et la laisser installée en permanence. En effet, les opérations de montage et de démontage usent le matériel. L'intérêt sera aussi de pouvoir accueillir d'autres manifestations et rentabiliser l'installation. Par ailleurs, la ville de La Côte-Saint-André va faire la purge du danger des façades. C'est en effet un bâtiment ancien, qui n'a pas été entretenu depuis 40 ans. Notre objectif est que le château tienne debout. Peu ont osé s'attaquer aux travaux en raison des exigences des Bâtiments de France, qui se sont un peu assouplies. Nous bénéficions ainsi du soutien de la Drac et du Département pour lancer le projet. La première tranche de travaux s'élève à un million d'euros. Après le diagnostic de l'architecte des Bâtiments de France, elle permettra de rendre le site utilisable. Nous voulons redonner à l'édifice sa place dans le paysage visuel du territoire. A l'intérieur, c'est un joli bijou, mais la décoration en béton des façades menace de tomber.
Et la halle médiévale ?
Nous menons des travaux d'urgence car des poutres, sur la partie sud, s'abiment. Nous essayons d'établir un plan patrimonial avec la Drac en anticipant dans la demande de subventions et de travaux afin de faire de la maintenance préventive. Cela fait baisser les coûts d'entretien. Par ailleurs, le 1er décembre prochain, un nouvel éclairage sera installé pour une mise en valeur de la halle. Ce qui permettra de redonner une fonction économique au site.
Le festival a-t-il trouvé son équilibre financier ?
La commune, les collectivités locales et le Département, nous soutenons le festival selon nos moyens. Cela représente une part importante en termes d'aides financières, logistique et d'entretien des locaux. Il faut ajouter à cela les recettes propres de l'Aida et l'impérieuse nécessité d'avoir des bénévoles. Ce sont eux qui font tourner le festival et lui donne son âme. Ils permettent à un festival qui se déroule en milieu rural d'avoir une reconnaissance internationale. Les retombées territoriales sont supérieures aux dépenses et aux sommes investies par les collectivités.
Peut-il encore grandir ?
Faut-il toujours faire mieux ? C'est déjà pas mal. Le souhait des élus est d'inscrire le festival dans le temps et tout au long de l'année. Mais nous faisons en fonction de nos moyens et cette année, ils portent sur la sécurité. Il y aura un périmètre sécurisé autour des manifestations et un filtrage des accès.
En tant que maire d'une ville qui a vu naître un illustre personnage, se sent-on une responsabilité ?
Pas un mais deux personnages : Berlioz et Jongkind ! C'est une chance inouïe. C'est une ville de patrimoine et agréable à découvrir pour les touristes. Quand on y parle de culture, cela implique tout le monde. Nous souhaitons que l'été soit profitable et, en tant que collectivité, amener quelque chose en plus du festival pour avoir une ville en fête.