Le foncier, cheval de bataille de la FDSEA
A l'approche des élections de la chambre d'agriculture, la liste de sujets agricoles au cœur de l'actualité est longue. Durant la réunion de territoire de la FDSEA à Vernioz, le 16 janvier, le premier point abordé fut le foncier. « On va voir les agriculteurs avant que la chambre d'agriculture rende son avis dans les projets fonciers. On a ainsi soutenu les agriculteurs du Nord Isère et on a pu pérenniser 1 500 hectares de terres à usage agricole », rappelle André Coppard, élu à la chambre d'agriculture en charge de l'aménagement. Plus récemment, le premier périmètre de protection des espaces agricoles et naturels (PAEN) du département a été adopté au Touvet. L'enquête publique sera lancée en février. « C'est une sécurité pour au moins 30 ans. Pour le modifier, il faut obtenir trois arrêtés de trois ministères », rappelle André Coppard. Si un PAEN a du mal à se mettre en place, il est toujours possible de créer une zone agricole protégée (ZAP). « C'est toujours plus rassurant que la zone A (pour agricole( du plan local d'urbanisme », précise-t-il. Le classement du foncier agricole est important notamment pour les projets d'irrigation. « On a un projet d'irrigation de 950 hectares qui dépend de plusieurs communes et intercommunalités », témoigne Yves Goubet, céréalier et président de l'ASA (1) du plateau de Louze. Les représentants de la FDSEA ont ainsi conseillé de s'assurer d'une sécurité foncière comme un PAEN ou une ZAP pour faciliter l'obtention de financement. « Le PAEN fait peur pour le côté « naturel » mais il faut mettre l'accent sur l'intérêt agricole », confirme André Coppard.
Future PAC
Jérôme Crozat, président de la FDSEA, est revenu sur les enjeux politiques de l'année écoulée. « En Isère, on a 227 communes supplémentaires classées en zone défavorisée en 2019 », se félicite-t-il. Il a rappelé la mise en place de la télédéclaration auprès de la Région pour le fond calamités avec 15 millions d'euros pour l'élevage du département. Enfin, l'assurance récolte reste en suspens. « On doit trouver le système pour que tout le monde puisse s'engager », explique-t-il. Jérôme Crozat est aussi revenu sur le travail effectué concernant la compétitivité des entreprises. « On doit soutenir les démarches de qualité comme la marque Is(h)ere. Ce n'est pas le même segment que la vente directe, c'est pour venir en aide aux filières longues », confirme Jérôme Crozat. Cela passe aussi par la négociation de l'ouverture des zones de production de certains signes de qualité pour permettre à des éleveurs laitiers de moins en moins nombreux de participer. Le dossier TODE a aussi été abordé. « Le dossier a été repoussé d'un an mais on reviendra dessus en septembre », souligne Jérôme Crozat.
Les enjeux ne se limitent pas à la profession. La question de l'agribashing a de nouveau été soulevée. « On doit informer de nos pratiques car ce n'est pas aux urbains d'imposer leurs choix à ceux qui vivent ici depuis plusieurs dizaines d'années », soulève Eric Thivolle, céréalier et maraîcher à Agnin. « On réfléchit à une charte de bon voisinage avec l'association des maires ruraux et à une communication auprès des mairies et des habitants », répond Jérôme Crozat. Afin d'éviter que les tensions ne s'accumulent entre habitants et agriculteurs, les échanges devraient porter sur la recherche de solutions alternatives.
Dernier dossier avancé : la future PAC. « La Coordination rurale prône un Frexit. Je suis contre, c'est inadmissible qu'un syndicat agricole fasse une telle proposition alors que la France verse 5 milliards d'euros pour la financer. Une Europe à deux vitesses serait peut-être à proposer mais pas un Frexit », martèle le président de la FDSEA.
(1) Association syndicale autorisée
Virginie Montmartin