Le frelon va faire du bzz
Les bestioles ne sont pas grosses mais leurs problèmes le sont tout autant que dans les autres élevages. C'est pour cela que la filière apicole occupe une section spécifique du GDS de l'Isère et que chaque année, l'assemblée générale est l'occasion de faire le point.
1er département
La salle de réunion de la chambre d'agriculture est alors comble tant les aspects techniques attirent les éleveurs. 2016 a vu la généralisation de la déclaration de ruches sur internet, une étape d'autant plus importante que les aides européennes à la filière française dépendront du nombre de déclarations. Les chiffres provisoires en début d'année étaient de 2 072 apiculteurs en Isère. Le chiffre est important mais la plupart sont des amateurs avec un nombre de ruches faibles. A rapprocher des 2 816 adhérents du GDSA de l'Isère. Le département compterait environ 25 000 ruches. Sylvain Traynard, chef de service à la DDPP, avance même que l'Isère est le premier département en nombre d'apiculteurs, se disputant la première place avec nos voisins savoyards.
Les maladies apicoles sont classées en trois catégories : la première couvre les maladies gérées au niveau national par des plans nationaux et la définition d'une prophylaxie. Aethina tumida, loque américaine et nosemose en font partie. La deuxième catégorie est gérée par des plans régionaux. Le frelon asiatique est rattaché à celle-ci. En revanche, un seul organisme est compétent pour l'ensemble des animaux, petits ou grands : le GDS, car il est reconnu organisme à vocation sanitaire. La nouvelle gouvernance sanitaire en cours de mise en œuvre veut articuler le suivi sanitaire en s'appuyant à la fois sur les vétérinaires spécialisés (trois en Isère) et sur des TSA (techniciens sanitaires apicoles) reconvertissant les anciens ASA (agents sanitaires apicoles bénévoles) en salariés des vétérinaires. La plupart des ASA ne veulent pas car ils sont bien souvent retraités et mûs par la passion.
Piégeage de fondatrices
Trois communes ont eu la présence du frelon asiatique en 2016. Roussillon, Salaise-sur-Sanne et Chorange. Dans chacune, un nid a été découvert. La progression de l'insecte depuis le Sud-Ouest il y a une douzaine d'années est donc continue. C'est pour assurer une surveillance accrue et connaître son expansion que la section apicole du GDS de l'Isère vient de lancer une opération de sensibilisation et de surveillance dans une cinquantaine de communes autour de ces trois découvertes. 127 apiculteurs et 800 ruches sont directement concernés. Une série de réunion d'explication va être organisée ainsi que la distribution de pièges adaptés. Une deuxième vague de communication concernera les maires et les collectivités locales. L'objectif sera de repérer la présence de frelon asiatique au printemps. Les fondatrices travaillent seules à la construction de leur nid entre mars et mi-mai. Ensuite, il y a suffisament de descendance pour rester à l'intérieur du nid et se consacrer uniquement à la ponte, les ouvrières prenant la relève. C'est donc au début du printemps, puis à l'automne au moment où les futures fondatrices sortent du nid pour vivre leur vie (environ 200 par nid, sur une poulation totale de 2 000 individus) que les chances de freiner la progression sont les plus fortes. Entre ces deux périodes, le piégeage ne retiendrait que des ouvrières qui mourront dans l'année et d'autres insectes pour lesquels le piège ne serait pas assez sélectif. La seule prescription du recours au piège en été est celui de la présence de frelon asiatique auprès d'une ruche. Il s'agit alors là pour l'apiculteur de supprimer un prédateur contre lequel les colonies d'abeilles ne peuvent se défendre.
En complément de la sensiblisation des acteurs, un réseau de 23 référents couvrant toutes les communes du département de l'Isère, est susceptible d'intervenir pour confirmer la présence de frelon asiatique en cas de signalement et répercuter l'information aux collectivités concernés et aux services sanitaires.
Jean-Marc Emprin
Parasitisme / Le varroa est bien sûr l'ennemi n°1 en apiculture, car de sa présence systématique plus ou moins maîtrisée dépend la vitalité de la colonie.
L'ennemi de l'intérieur
Un plan de lutte régional est expérimenté en Rhône-Alpes comme dans trois autres régions en France. Prémila Constantin, vétérinaire de la FRGDS, spécialisée en apiculture suit ce dossier et notamment un suivi d'infestation dans des ruchers volontaires répartis dans plusieurs départements. « Seulement 28% des apiculteurs ont des plateaux grillagés en fond de ruche et 75% d'entre eux ne pratiquent pas un comptage régulier », s'alarme-t-elle. Pourtant les deux éléments permettent l'un de limiter la présence des varroas dans la ruche, l'autre de suivre l'évolution de la population. Mais le message a encore du mal à passer auprès des apiculteurs, pour la plupart amateurs. L'assemblée générale du GDSA, dans sa partie technique, est un bon lieu d'échange en la matière. « Quand on divise une ruche il est nécessaire de compter les varroas, estime Prémila Constantin, car si une période de froid survient sitôt après, la colonie devient faible par rapport aux varroas. » Il est donc nécessaire de conserver des lanières d'amitraze, y compris en dehors des périodes habituelles de traitement, afin de renforcer la lutte si besoin au moment de cet essaimage artificiel.L'attention de la centaine de personnes présentes a été attirée également sur la qualité des cires. Il apparaît aujourd'hui que les cires ne sont plus indemnes de produits de traitement des ruches. Certains interdits depuis plusieurs années sont encore présents. Cela entraîne des empoisonnements chroniques de la colonie, l'affaiblissant et donc la rend vulnérable à d'autres agresseurs. Le phénomène de construction anarchique de rayon dans le corps de ruche à partir de plaque de cire ( construction en parallèle ou incohérente) serait un révélateur de la présence de produit phytosanitaire dans les cires. La solution ? Ne mettre que des amorces de plaques dans les cadres et laisser les abeilles construire entièrement leurs alvéoles. Au printemps, c'est tout à fait envisageable. JME
Retrouvez sur terredauphinoise.fr :
Comment différencier le frelon européen et le frelon asiatique.
Le nom du référent frelon désigné pour votre commune.
La liste des communes concernées par l'opération de surveillance et de piégeage en cours.