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Sanitaire

Le GDS, en guerre contre l’IBR

Le GDS a rappelé l’importance de la surveillance de l’IBR et de la besnoitiose durant son assemblée générale à Rives.
Le GDS, en guerre contre l’IBR

« Le sanitaire, c'est une démarche volontaire mais c'est surtout un capital », explique Jean-Yves Bouchier, président du GDS Isère, lors de l'assemblée générale extraordinaire à Rives fin mars. La prophylaxie est à jour dans presque 1 800 exploitations, c'est un peu moins que la saison passée mais les résultats se maintiennent. Certaines maladies sont suivies de près par le GDS. L'IBR a encore fait parler d'elle. « Nous étions en 2018 à 4% de prévalence et 1,69% d'incidence en Isère. Pour entrer en zone épidémiologique favorable (ZEF), il faut une prévalence inférieure à 1% ou une incidence annuelle inférieure à 0,2% avec une prévalence inférieure à 2% pendant deux ans », rappelle Laura Cauquil, vétérinaire du GDS Isère. Passer en ZEF permettrait d'alléger la surveillance de l'IBR en ne réalisant qu'une seule analyse par an. « Cet allégement de la prophylaxie permettrait d'économiser 80 000 euros par an. Ce budget pourrait être utilisé dans la lutte contre la BVD ou la besnoitiose », annonce Grégoire Mallaval, directeur du GDS Isère. Le problème, c'est que l'Isère est un gros département d'introduction de bovins et que la ZEF n'accepte aucune dérogation. Pour le GDS, les dérogations devraient de toute façon être interdites d'ici 2021. « On doit sanctionner la mauvaise foi et accompagner les éleveurs en difficulté », confirme Jean-Yves Bouchier. L'Ardèche et la Drôme ont déposé leur demande pour entrer en ZEF. Pour l'Isère, le GDS vise l'entrée en ZEF en 2023.

Kits d'introduction

L'autre maladie à l'ordre du jour est la besnoitiose. Avec 1 712 kits intro utilisés en 2018, la prise de conscience de la maladie avance. Sur 50 alpages, 12 ont mené des analyses à la descente et 16% ont fait le kit complet. Le nombre de bovins testés pour la besnoitiose augmente, à la montée comme à la descente. Dans les alpages qui ont réalisé le test à la descente, 20% des bovins testés sortent positifs. « C'et déjà une bonne chose qu'ils aient testé, rassure Laura Cauquil, c'est justement pour savoir comment agir ensuite ». Les alpages doivent aussi faire face aux difficultés de remplissage. « C'est la première année où j'ai cru qu'on n'allait pas remplir notre alpage », commente Jean-Yves Bouchier. Certains ont interrogé sur la présence des animaux d'autres départements et des questions sanitaires liées. « Nos alpages ne peuvent pas se passer de ces alpagistes », souligne le président du GDS. « Mais on ne peut pas accepter n'importe qui non plus », commente un éleveur.

Sécurité et contention

Pour mener à bien les tests et prophylaxies, il faut les réaliser dans de bonnes conditions. C'est l'autre cheval de bataille du GDS Isère. « Il y a des problèmes de contention lors des prophylaxies, rappelle le président du GDS, vous êtes responsables du vétérinaire s'il y a un accident ! » Les vétérinaires peuvent aussi refuser la prophylaxie s'il n'y a pas de matériel de contention. Sans oublier que la facture ne se fait pas toujours à l'acte mais parfois à l'heure... « Le matériel vendu par le GDS est plus cher que celui vendu ailleurs », argumente un responsable cantonal. « On ne subventionne que le matériel Agrodirect car on sait que c'est une marque performante et française. Si vous voulez, allez voir sur Amazon ! », répond Jean-Yves Bouchier.
L'enjeu derrière le sanitaire est avant tout la sécurité du département mais aussi l'image de la profession. Les non-conformités sanitaires posent problème à l'ensemble des filières. « Il y a un vrai enjeu de professionnalisation dans l'agriculture. Il faudrait un permis d'éleveur pour avoir le droit d'avoir des animaux. Ce n'est pas folklorique, c'est un vrai métier ! » s'exclame le président du GDS.

Virginie Montmartin

Biosécurité : « On en fait sans le savoir »

La biosécurité est une des méthodes préconisées par le GDS pour limiter le développement des maladies d'élevage

Selon une étude menée en 2015, 77% des éleveurs ne connaissent pas le terme « biosécurité ». Mais cela ne veut pas dire que rien n'est fait. « On en fait sans le savoir », constate le docteur Franck Davodeau. La biosécurité se définit comme l'ensemble des mesures applicables à l'échelle de l'élevage. Elle permet de prévenir l'introduction de facteurs infectieux dans l'exploitation, appelée biosécurité externe. Les nuisibles, les animaux domestiques, l'alimentation, l'eau... les sources de contamination extérieure sont multiples. D'autres sont moins évidentes. « Il faut vous méfier des moyens de transports, rappelle Franck Davodeau, la bétaillère que vous vous prêtez, les livraisons au milieu de la cour ou la voiture des professionnels présentent autant de risques potentiels. »
Se former
Il faut aussi réfléchir à l'organisation de l'exploitation comme l'utilisation du box de vêlage ou encore le passage du matériel agricole. Il est conseillé de compartimenter les secteurs et les activités pour éviter les croisements fréquents entre l'intérieur de l'exploitation et l'extérieur. C'est d'ailleurs l'un des premiers freins cités concernant la biosécurité par les éleveurs : la modification de l'organisation interne. Mais c'est aussi le point central de la biosécurité interne à savoir empêcher la diffusion d'un agent infectieux dans l'élevage mais aussi vers d'autres groupes bovins. Le but de la biosécurité est donc de connaître les sources et les matières virulentes de son exploitation mais également des aspects cliniques de certaines maladies pour limiter leur incidence. « Chez les porcins, on a vu l'intérêt avec l'arrivée de la peste porcine africaine, rappelle-t-il, il faut reformer les techniciens et les éleveurs pour limiter les contaminations ».
VM