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Mirabel-Lanchâtre

Le GDS rend visite aux jeunes installés

Laura Cauquil, vétérinaire du GDS, mène des visites auprès des jeunes installés à leur demande.
Le GDS rend visite aux jeunes installés

Problèmes sanitaires, gestion du troupeau, organisation des bâtiments... les questions qu'il faut anticiper lors d'une nouvelle installation sont nombreuses. Depuis cette année, le GDS propose une visite gratuite aux jeunes installés afin de lister avec eux les problématiques rencontrées. Dominique Puissat, éleveuse bio de brebis depuis deux ans et demi, a choisi de suivre cette visite. « La première année a été catastrophique, la deuxième un peu mieux, on verra bien cette année », raconte-t-elle. Laura Cauquil, vétérinaire au GDS, est donc venue faire le tour de la ferme Fond Carl en compagnie de l'exploitante.

Première étape : la santé du troupeau. L'exploitante raconte rapidement l'histoire de son élevage, la provenance du troupeau et fait un point sur l'année écoulée. « Avez-vous eu des avortements ? » commence la vétérinaire. « Oui, trois ou quatre agneaux...», explique Dominique Puissat. « Il ne devrait y en avoir qu'un dans votre troupeau, n'hésitez pas à vérifier la toxémie », conseille Laura Cauquil. Brucellose, mammites cliniques, lactima contagieux... la discussion se poursuit sur les désordres sanitaires qu'a pu connaître l'exploitante ainsi que les solutions qu'elle a trouvé. « N'hésitez pas à nettoyer les mamelles avant s'il y a un souci », « Qu'avez-vous fait contre le lactima ? », la vétérinaire n'est pas avare de conseils. Elle examine ensuite la pharmacie afin de vérifier les produits utilisés et leur conservation. Elle rappelle par exemple qu'il vaut mieux tout noter, si possible bête par bête, et de conserver ces informations durant cinq ans. Elle fait également le point auprès de Dominique Puissat sur l'utilité de remplir les statuts sanitaires.

L'environnement de l'exploitation, facteur de risque

La visite ne se limite pas uniquement aux questions sanitaires liées au troupeau mais également aux bâtiments. « J'ai souvent des oiseaux à l'étage de la bergerie qui se posent dans la paille et parfois un chat. Je ne peux pas poser de fenêtres car il ferait trop chaud l'été », raconte par exemple Dominique Puissat. « Attention aux animaux extérieurs, ils peuvent apporter certaines maladies à votre troupeau. C'est mieux de garder la nourriture totalement saine. Pourquoi ne pas poser des filets ? » suggère la vétérinaire. Il est également possible par exemple de faire analyser l'eau si les animaux développent certaines pathologies ou bien de réfléchir comment assainir le bâtiment. Après l'intérieur, les pâturages peuvent aussi être une source de contamination. « Avez-vous une zone humide sur votre exploitation ? Faites-vous des rotations de parcelles ? Avez-vous eu des attaques de loup ? », interroge Laura Cauquil. Les zones humides sont favorables au développement de la petite douve par exemple, parasite dangereux pour les élevages. La vétérinaire s'intéresse aussi au voisinage de l'exploitation ainsi qu'aux rassemblements de troupeaux. « Tout ce qui est interaction et introduction d'animaux est un facteur à risque sanitaire », confirme-t-elle. La visite est aussi l'occasion d'échanger sur les formations disponibles. Dominique Puissat s'intéresse par exemple à la formation d'éleveur infirmier qui devrait pouvoir être mise en place selon les informations de la vétérinaire du GDS.

Sensibiliser et conseiller

Cette visite n'a cependant pas vocation à concurrencer le vétérinaire de proximité. « La personne qui soigne, c'est le vétérinaire attitré. Le GDS est complémentaire, il vient en appui», explique Laura Cauquil. Qu'importe que l'exploitation soit en bio ou en conventionnel, le but de la visite est le même : « C'est la sensibilisation au sanitaire », confirme-t-elle. Cette visite personnalisée s'adresse à tous les jeunes installés depuis moins de trois ans. Pourtant, le GDS n'a pas reçu beaucoup de demandes pour le moment. « Certains exploitants reprennent l'exploitation du père donc ils estiment souvent qu'ils n'en n'ont pas besoin », déplore la vétérinaire. Dominique Puissat, pour sa part, semble satisfaite de la visite. « Cela permet d'agrandir son réseau, de se rassurer et de savoir qu'on ne fait pas trop mal des choses ! »

Virginie Montmartin