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Installation

Le GDS se donne un coup de jeunes

En novembre, le GDS 38 a invité les éleveurs nouvellement installés à une matinée d'information sur les services et les actions collectives qu'il propose pour faire face aux défis sanitaires rencontrés dans les élevages.
Le GDS se donne un coup de jeunes

« Qu'est ce que c'est, pour vous, le GDS ? » En sondant rapidement les nouveaux installés présents à la réunion d'information collective, Grégoire Malaval, son directeur, pointe l'une des faiblesses du GDS : la structure est bien identifiée par les éleveurs, notamment pour l'identification des animaux et la lutte contre les crises sanitaires, mais l'ensemble de ses missions reste flou dans les esprits. D'où l'intérêt d'une rencontre comme celle organisée en novembre, au sein du site de Rives, où la structure a été présentée comme une véritable boîte à outils sanitaire.

Prévenir plutôt que guérir

Après un bref retour sur les origines de l'association, Grégoire Malleval détaille les actions et les services engagés auprès des éleveurs. « Nous sommes un organisme à vocation sanitaire, chargé par l'Etat de mettre en place une prophylaxie pour maîtriser les zoonoses, indique-t-il. L'objectif est d'améliorer la santé publique et celle des élevages, mais aussi de contribuer à augmenter le revenu des éleveurs. Car prévenir une maladie coûte moins cher que de la guérir... » Le directeur en profite pour faire le point sur le classement des dangers sanitaires : ceux de première catégorie, les plus graves (fièvre aphteuse, tuberculose, brucellose ou FCO), gérés directement par les services de l'Etat, car susceptibles d'atteintes graves pour la santé publique et animale ; ceux de deuxième catégorie, qui nécessitent la mise en œuvre d'une lutte collective (IBR, BVD), pour lesquels le GDS travaille en partenariat avec la DDPP ; et ceux de troisième catégorie, comme la besnoitiose ou la néosporose, dont la prévention relève de l'initiative privée et que le GDS « pilote seul ».

Les nouveaux installés se voient ensuite rappeler les différents services offerts par le GDS. Tout est soigneusement passé en revue, du suivi technique et vétérinaire du troupeau aux plans de lutte sanitaire (contre la BVD, la paratuberculose, les avortements...), en passant par la collecte de déchets de soin, le transport de prélèvement ou les outils de type kit Intro ou kit Alpage, qui permettent de dépister les animaux avant leur introduction dans un troupeau ou la montée en alpage. Grégoire Malaval complète son exposé en évoquant la « caisse coups durs », en cas de gros souci sanitaire (70 élevages concernés en 2017), et insiste sur l'intérêt de la visite offerte au jeune éleveur au moment de son installation. Gratuite et facultative, cette visite sur mesure permet de faire un état des lieux de l'élevage et de prévenir les risques sanitaires durant cette période clé, où il peut y avoir des achats d'animaux et des regroupements de cheptels.

Pertes économiques

Après cette copieuse entrée en matière, Laura Cauquil, la nouvelle vétérinaire du GDS de l'Isère, propose un focus sur les risques de contamination dans le troupeau. « Quelles sont les maladies que vous redoutez le plus ? », demande-t-elle aux jeunes éleveurs. La FCO ? « C'est une mode ! », s'agace Mathieu Luc-Pupat, éleveur de charolais qui s'est installé en Gaec avec son père au printemps dernier. La BVD ne l'inquiète pas plus : « Nous vaccinons depuis 25 ans. Par contre, les voisins... » Cassandre Tirard-Collet, qui a planifié son installation en lait à Miribel-les-Echelles pour 2019, fait part de son expérience du terrain : « Nous avons doublé les clôtures sur 100 hectares, raconte-t-elle. C'est toi qui paies, c'est contraignant, mais c'est efficace contre la BVD : ça évite les contacts entre les animaux. » La vétérinaire embraye sur les signes cliniques de la maladie et les moyens de la détecter. « Vous, ce qui vous concerne le plus, ce sont les signes mineurs : une vache qui ne prend pas, une diarrhée chez les veaux, un épisode de grippe, des maladies digestives ou respiratoires rebelles au traitement, décrit-elle. La BVD ne coûte pas tant en perte directe d'animaux qu'en pertes économiques : pas de reproduction, baisse de la lactation... » Et d'attirer l'attention des jeunes sur l'effet immunodépresseur du virus : « Il permet à d'autres agents pathogènes de s'installer et d'exploser », prévient-elle. Avant de conclure par un exposé sur la besnoitiose.

Marianne Boilève