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Innovation

Le GNV, le carburant de demain

Moins bruyant et moins polluant, le GNV (Gaz naturel pour véhicules) ne manque pas d'atout. Son utilisation est encore à la marge mais est appelée à se développer dans les années à venir.
Le GNV, le carburant de demain

Il fait deux fois moins de bruit qu'un véhicule équipé d'un moteur diesel et il émet 20 % de CO2 en moins qu'un véhicule équipé d'un moteur essence. Quant à ses émissions de particules, elles sont quasiment nulles. Le GNV (Gaz naturel pour véhicules), composé à 95 % de méthane, ne manque pas d'attrait, surtout en milieu urbain où les problèmes de pollution sonore et athmosphérique ne cessent de s'intensifier. Le GNV est donc de plus en plus présenté comme une solution alternative pertinente dans le domaine du transport routier. Il était au cœur des discussions le 5 octobre à Alpexpo lors de la rencontre organisée par Grenoble-Alpes métropole, dans le cadre du projet de création d'une station de ravitaillement au GNV à destination des poids-lourds.

30 % moins cher que le gazole

Certains le choisissent pour des raisons environnementales. Par conviction, pour lutter contre le réchauffement climatique, limiter la pollution atmosphérique et améliorer la qualité de vie. D'autres par obligation. Au 1er janvier 2017, les utilitaires légers mis en circulation avant le 30 septembre 1997 et les poids-lourds mis en circulation avant le 30 septembre 2001 se verront interdire l'accès au centre-ville de Grenoble. D'autres encore le choisissent par économie. Plusieurs paramètres entrent en compte comme le nombre de kilomètres parcourus, un usage urbain ou pas, les cours du pétrole, mais il peut s'avérer plus intéressant que le diesel. Même si le prix d'achat et la maintenance du véhicule peuvent être un peu plus onéreux, son TCO * reste, en moyenne 30 % moins cher que le gazole. Autant de raisons qui peuvent inciter les professionnels à franchir le pas.

Fiabilité élevée

D'autant que les retours d'expérience se multiplient et que le carburant a fait ses preuves. Dans les grandes agglomérations, son utilisation n'est plus de l'ordre anecdotique. A Grenoble, le GNV a gagné ses lettres de noblesse. Laurent Legros, chargé d'opérations au Syndicat mixte des transports en commun de Grenoble a reconnu que « les débuts du GNV, avec l'acquisition de bus dans les années 2002-2003, avaient été difficiles (à cause de nombreuses pannes dues à des moteurs construits sur des bases de moteurs diesel et des pièces indisponibles) ». Mais depuis quelques années, il a le sentiment que « le GNV n'est plus considéré comme une contrainte par l'exploitant (la Semitag, ndlr) ». La fiabilité de ces bus est devenue élevée, supérieure aux bus diesel. Pour preuve de la satisfaction de l'exploitant, 45 des 69 bus acquis initialement ont vu leur durée de vie prolongée et 29 nouveaux bus ont été commandés en juillet dernier.

En série

D'autant aussi que les véhicules sont disponibles et que leur technologie est mâture. Les constructeurs arguent une expérience dans le domaine de plus de 20 ans mise en œuvre dans de nombreux pays. Ils les fabriquent en série, sur les mêmes lignes de production que ceux roulant à l'essence ou au diesel. « Nous savons faire la même chose sur du gaz que sur du diesel », indiquent-ils tous d'une même voix. Leurs ateliers sont agréés pour les réparer et les pièces de réparation pas plus difficiles à obtenir. La demande va exploser. Les infrastructures pour son ravitaillement devront suivre. Comme l'indique Pierre Larrive, chef de projets GNV-BioGNV chez GRDF (gaz réseau distribution France), « l'objectif est bien de doter toutes les grandes agglomérations de Rhône-Alpes de stations de façon à assurer un maillage cohérent du territoire ».

 

* financement du véhicule + maintenance et réparation + coût carburant

Isabelle Brenguier