« Nous déclinons les principes de l'agroécologie de deux façons : à travers les programmes d'enseignement et sur l'exploitation », précise Frédéric Petitjean, directeur d'exploitation du lycée horticole de Saint-Ismier. « Le lycée a toujours été en avance, en réalisant toutes les conversions qu'il était possible au niveau de l'exploitation horticole. Nous sommes certifiés bio sur les plans maraîchers, mais les plantes ornementales ne sont pas encore certifiables, bien que nous leur appliquions un cahier des charges bio, poursuit-il. L'établissement s'inscrit dans la démarche de certification horticole française environnementale et sociale Plante bleue. Après une phase d'autodiagnostic menée avec les élèves et comprenant une formation des salariés, le lycée a pour objectif de passer en niveau II de certification sur la partie production d'ici à la fin de l'année ou début 2016. Le diagnostic a en effet permis de pointer quelques pratiques qu'il convenait de corriger. Déjà le volume de déchets verts a été divisé par cinq, notamment en adoptant le broyage sur place. La gestion de l'eau, des terreaux a aussi été remise à plat. « Même en étant bon élève, on se repose des questions », constate le directeur de l'exploitation. Le but final sera l'obtention du niveau III de certification haute qualité environnementale.
Quant au parc arboré de 7 hectares, il fait l'objet d'une valorisation constante de l'existant. Zéro phyto, gestion différenciée des espaces, refuge LPO : « nous avons pour objectif de faire certifier la valeur expérimentale du parc avec le label Ecojardin, ajoute Frédéric Petitjean. Mais ce qui est facilement réalisable en production avec les élèves est plus compliqué sur le parc et requiert davantage les compétences de BTS ou de licences Pro. Il s'agit de la mise en œuvre d'actions concrètes qui réclament un large champ de compétences. »
« L'agroécologie est déjà présente dans les enseignements, et cela à chaque rénovation de diplômes, rappelle Aurore Louis, la proviseure adjointe du lycée. Il n'existe pas de méthodes, mais une réflexion et une appropriation de techniques différentes. Notre rôle est de pousser les élèves à l'analyse et à la prise en compte de ce qui les entoure. » La directrice constate que « les élèves sont de plus en plus sensibles aux questions d'agroécologie. Depuis 4 ou 5 ans, cela leur semble évident, ce qui n'était pas le cas auparavant ».