Le Min et les abattoirs "ne sont pas dans un système concurrentiel"
Il y a de la place pour tout le monde. C'est en substance ce qu'affirment les responsables du Min, de la légumerie et des abattoirs, les trois équipements structurants de l'agglo. Pour Eric Rochas, éleveur à Méaudre et président de l'Abag SAS (1), le Min et les abattoirs « ne sont pas dans un système concurrentiel ». L'éleveur préfère plutôt parler de « complémentarité » entre les outils, le premier concentrant son activité sur la distribution dans l'agglomération grenobloise, tandis que les seconds approvisionnent toute l'Isère. Le directeur du MIN se place dans la même optique : « C'est comme avec la légumerie : on nous a opposé à l'ouverture. Aujourd'hui, nous sommes en discussion : ils ont des compétences, nous avons des outils. Nous pouvons chacun apporter notre pierre au développement de la production locale et au maillage territorial. »
Concernant la création d'un pôle agro-alimentaire, Eric Rochas se dit « assez d'accord » avec les propositions du président Barbier. Surtout si elles se concentrent sur les abattoirs... « Pour nous, l'idée, c'est de faire vivre des activités autour de la viande, indique-t-il. La place libérée sur le site de l'abattoir peut être dédiée à des industries agro-alimentaires. On pourrait avoir une entreprise qui fait de la cuisine, par exemple. Rien n'est figé. » Un groupe est d'ailleurs en train de se structurer autour de l'autoclavage. « C'est parti de la viande, mais à partir du moment où la légumerie s'est installée sur le site, la réflexion a évolué. ABEpluche s'est proposé de prendre en charge la prestation pour l'autoclavage. Pourquoi pas ? Ça pourrait augmenter leur activité... Nous, ce qui nous importe, c'est de faire tourner les outils et d'attirer le plus de monde possible. Il y a des pistes de partenariats pour faire vivre le site et lui redonner une image positive. »
MB
(1) L'Abag SAS gère l'abattoir de Grenoble par délégation de service public. La société a elle-même été reprise en 2013 par un comité d'usagers composé d’éleveurs, de bouchers, de grossistes, de collectivités et de salariés de l’Abag, organisés en société coopérative d’intérêt collectif (SA SCIC NewCo).