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Salon de l'hôtellerie et de la restauration

Le moment du contact

Les professionnels de l'alimentaire s'étaient donné rendez-vous à Grenoble pendant quatre jours. La chambre d'agriculture détenait un stand pour faciliter les prises de contact entre les producteurs et les métiers de bouche.
Le moment du contact

L'ambiance était particulière, à la fois professionnelle et chaleureuse. Le Salon dauphinois de l'hôtellerie-restauration et des métiers de bouche a démarré avec entrain vendredi dernier à Grenoble. Occupant un hall d'Alpexpo, il rassemblait 200 entreprises spécialisées. La chambre d'agriculture de l'Isère y était. « L'objectif est de mettre à disposition des producteurs isérois un point d'appui local, concrétisé par un stand, au service des professionnels du département », explique Catherine Petiet, directrice du CING, qui tenait le stand quelques heures dans l'après-midi. Geoffrey Lafosse était également présent, chargé d'accueillir des producteurs et particulièrement des éleveurs en tant que spécialiste des filières viande à la chambre d'agriculture. Et justement, l'un d'entre eux est venu s'informer. Denis Rebreyend, éleveur de bovins allaitants à Cholonge, cherche des débouchés pour les avants de ses bêtes qu'il a du mal à placer. La filière steack haché surgelé le tente. « Quel prestataire peut répondre à une telle demande ? », s'interroge-t-il. A priori seul l'entreprise Carrel le fait dans un rayon proche. « Je ne veux pas investir dans une grosse infrastructure supplémentaire. J'ai besoin de quelqu'un qui me fasse les surgelés et me les livre, explique-t-il. Cela demande déjà d'avoir un équipement adéquat dans l'exploitation pour pouvoir stocker. » Ce débouché lui paraît jouable : « que ce soient les consommateurs ou les restaurateurs, le steack hâché est souvent surgelé avant ou après l'achat. Cela permet de le gérer sur plusieurs semaines d'autant que c'est un plat facile à préparer.»

Un peu plus loin, le marché d'intérêt national (Min) de Grenoble occupait un angle du Salon. Bien en évidence, Manger bio Isère ainsi que deux représentants du projet de box fermier au sein du Min : Lucie Chauvet et Hubert Camut. La première est installée en élevage caprin depuis deux ans à Rencurel en reprise d'exploitation. Le second est installé avec son fils à Sérézin-de-la-Tour en élevage laitier et transformation fromagère, depuis quelques mois seulement. Les deux fondent beaucoup d'espoirs sur ce projet qui permettrait à la sizaine de producteurs isérois porteurs de pénétrer le marché de l'agglomération grenobloise en restauration et détaillants alimentaires. « Je pense que ce box démarrera avec ce groupe fondateur et qu'ensuite, d'autres producteurs s'agrègeront autour, avance Lucie Chauvet. Il y aura donc deux phases mais c'est sans doute inévitable. » Elle souligne toutefois le soutien important qu'apporte au dossier le Min et Bernard Colonel-Bertrand, son directeur. Quand on a de tels appuis, on ne peut qu'y croire. 

Jean-Marc Emprin