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Gastronomie

Le murçon et les ravioles inspirent les cuisiniers amateurs

L'association des maîtres-restaurateurs de l'Isère a organisé un concours de cuisine amateur pour mettre en avant les produits isérois. Au final, une grande inventivité des candidats.
Le murçon et les ravioles inspirent les cuisiniers amateurs

Un murçon, des ravioles, des légumes préparés avec soin par les halles Charly Primeurs de Seyssinet, des noix de Grenoble, de la Chartreuse... Tels sont les produits qui garnissaient le panier avec lequel les candidats au concours « Devenez maître-restaurateur d’un jour » ont dû œuvrer. Organisé par l'association des maîtres-restaurateurs de l'Isère, il s'est tenu à Grenoble et à Vienne les 18 et 25 octobre. « L'objectif de ce concours était de mettre en avant les produits isérois ainsi que le titre de maître-restaurateur qui est le seul titre d'Etat à reconnaître une cuisine « faite-maison », réalisée par des professionnels formés, à base de produits bruts  », explique Sylvain Rosset, maître-restaurateur au « Gratin dauphinois », à Grenoble, à l'origine du concours et membre du jury.

Sortir des sentiers battus

Animé par la même passion de la cuisine, ce concours a rassemblé des professionnels en charge de son organisation et des amateurs venus se tester, se surpasser autour des produits isérois. Comme Nadège Eymery, lauréate du concours grenoblois, qui a hérité de sa grand-mère la passion de la cuisine et des bons produits. La recette qu'elle a élaboré « un murçon poché avec poireau accompagné de petites ravioles, courge, butternut, noix et sauce à la Chartreuse » est un clin d'œil qu'elle lui a adressé. Originaire du plateau matheysin, la jeune femme connaît bien le murçon. Quant aux ravioles, elles lui ont rappelé les « pirojki » de son enfance que sa grand-mère préparait, un plat typique polonais. « Les ingrédients proposés m'ont rappelé mes racines. Mais ils sont très traditionnels. La difficulté pour moi a été de composer une recette suffisamment originale pour sortir des sentiers battus », explique Nadège Eymery, de Quet-en-Beaumont. Une réussite pour une première participation à un concours de cuisine.

Prise de conscience collective

Lancé en septembre, le concours a rassemblé 16 candidats à Grenoble et cinq à Vienne, « des personnes de tous âges et d'horizons professionnels très différents », précise Sylvain Rosset. En témoigne les deux lauréats Nadège Eymery, qui, si elle est cuisinière à la maison de retraite de Corps, n'a pas suivi de formation en cuisine, mais l'envisage aujourd'hui, et Lionel Bourgeon, professeur d'histoire, qui prépare en parallèle un CAP de cuisine, et qui a su convaincre le jury viennois avec une recette pleine de saveurs, intitulée « Sentier d’automne autour d’un murçon ». La spécialité muroise était accompagnée d’un crumble aux noix, de butternut passée au four, de girolles et d’un pickle de poireaux.

« Nous avons été étonnés par la qualité des prestations proposées. Nous avons constaté un très bon niveau amateur. Le choix n'a pas été facile, s'exclame le maître-restaurateur, qui salue la performance de l'ensemble des candidats : Cuisiner pendant une heure trente, ce n'est pas très long. Mais dans les conditions du concours, dans une cuisine professionnelle à laquelle on est pas habitué, avec la chaleur, c'est fatiguant, stressant et très éprouvant ». Pour autant, l'ambiance est restée  agréable et chaleureuse. Les participants et les professionnels l'ont apprécié. Les nombreux échanges qui ont eu lieu autour des produits et de la façon de les préparer l'attestent. « La cuisine suscite actuellement un engouement important. Elle est bien mise en avant grâce aux médias et à une nouvelle génération de chefs charismatiques qui savent en parler. Je pense qu'il y a un vrai intérêt pour la cuisine qui a entraîné un intérêt pour les produits. On s'est rendu compte qu'on pouvait manger bon, sain avec des produits locaux et/ou bio. Je ne pense pas que ce soit simplement un effet de mode. J'espère plutôt qu'on tend vers une prise de conscience collective », analyse Sylvain Rosset.

Si le concours est terminé, les deux lauréats n'ont pas fini d'être aux fourneaux. Ils vont participer à la préparation d'un dîner caritatif organisé par l’association des maîtres-restaurateurs de l’Isère, qui aura lieu le 11 décembre, au lycée Lesdiguières à Grenoble.

Isabelle Brenguier

L’association des maîtres-restaurateurs de l’Isère

En dehors de l’association nationale des maîtres-restaurateurs, l’association des maîtres-restaurateurs de l’Isère est la seule association départementale existante. Avec 98 maîtres-restaurateurs titrés, l’Isère occupe la 6ème place* au classement national. Ambassadeurs de la gastronomie, du patrimoine et du tourisme du département, les maîtres-restaurateurs isérois ont la volonté de valoriser leur savoir-faire, gage de sérieux et de qualité, et d’apporter un soin particulier à l’accueil et au bien-être de la clientèle.
*source : Maîtres-restaurateurs de France