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Saint-Marcellin

Le nécessaire investissement de chaque producteurs de saint-marcellin

L'union des producteurs laitiers du Saint-Marcellin poursuit son travail de négociation avec les entreprises de la zone. Elle compte sur une plus forte implication des producteurs.
Le nécessaire investissement de chaque producteurs de saint-marcellin

2015 est une année de changement d'envergure pour la filière laitière. Après 30 années de gestion interprofessionnelle encadrée par l'Administration, la filière doit mettre en œuvre une nouvelle organisation, au sein de laquelle les organisations de producteurs (OP) doivent prendre leur place et la tenir. Les éleveurs laitiers de la zone Saint-Marcellin se sont déjà mis au travail. Agréé comme OP par le ministère de l'Agriculture, leur association - l'Union des producteurs laitiers du Saint-Marcellin - a désormais les cartes en main pour discuter, négocier, avec les cinq entreprises de la zone *, sans se faire accuser d'entente illicite. A l'occasion de l'assemblée générale de l'Union, tenue le 12 février à Saint-Marcellin, son président, Jean-Michel Bouchard, éleveur laitier à Thodure, évoque l'actualité de l'association. 

L'union des producteurs laitiers du Saint-Marcellin est agréé comme OP depuis le 1er octobre 2014. Quel est aujourd'hui votre principal cheval de bataille ?

L'union est devenue le premier interlocuteur des entreprises pour aborder avec elles les questions de prix et peut-être même dans le futur les questions de qualité du lait. Or, actuellement, nos moyens sont encore faibles. Pour les augmenter, et ainsi donner du poids à l'OP, il faut que les producteurs de la zone saint-marcellin adhèrent massivement à l'Union. C'est « cet effet de masse » qui nous permettra de défendre un prix correct. Mais, pour l'instant, tous les éleveurs n'ont pas encore intégré la fin des quotas, alors qu'il est essentiel que chacun s'investisse en conséquence. 

Comment se déroulent les échanges avec les entreprises ?

Des négociations, assurées par des groupes d'éleveurs qui représentent l'ensemble des producteurs livrant à chaque laiterie, ont lieu régulièrement. Toutes les informations échangées sont mises en commun au sein de l'OP. Et, en parallèle, nous tenons à jour un observatoire des prix pratiqués, car il est essentiel que nous suivions les marchés du Saint-Marcellin dans sa spécificité, et du lait dans sa globalité. Au niveau des prix, aujourd'hui, les petites PME telles que celles qui travaillent le saint-marcellin ont plutôt tendance à s'aligner sur ceux des grands groupes. Cela n'empêche pas que ce soit important de travailler avec elles. C'est ce qui permettra le maintien de la production dans le territoire.

Sur quelles négociations avez-vous concentré votre action ?

Au cours des années 2013-2014, nous avons beaucoup travaillé pour obtenir une prime saint-marcellin, qui vient en complément de la prime de lait cru. Cette prime est variable selon la production de lait collecté et le tonnage de fromage vendu.

 

* le groupe Lactalis (pour l'Etoile du Vercors et la fromagerie du Dauphiné, la fromagerie Alpine, les établissements Curtet-Valcrest, Sainte-Colombe et la laiterie du Chatelard

Propos recueillis par Isabelle Brenguier