Isère
Le nouveau visage des propriétaires forestiers privés
ELECTION/ Rencontre avec le nouveau président des propriétaires forestiers de l'Isère, Bruno de Quinsonas-Oudinot, qui promeut le rapprochement de l'ensemble des forestiers privés et l'insertion des travaux menés à l'échelle départementale, dans les réflexions régionales, nationales, voire au-delà.
Déjà représentant des forestiers privés au sein du conseil national de la montagne, vice-président du centre régional de la propriété forestière (CRPF) et président de l'association de promotion de la certification environnementale des forêts PEFC Rhône-Alpes, Bruno de Quinsonas-Oudinot est le nouveau président du syndicat des forestiers privés de l'Isère (SFPI) suite à la dernière assemblée générale du 2 juillet.
Un mandat de transition
Cette nouvelle responsabilité est l'aboutissement de plus de vingt ans de défense des intérêts des propriétaires forestiers privés pour ce jeune retraité, ancien avocat et ancien banquier résidant au Touvet. « J'ai accepté ce nouveau mandat à la demande de mon prédécesseur, Charles Millat, qui a présidé aux destinées de la forêt privée iséroise pendant trente ans, et d'Yvonne Coing-Bellet, récemment élue conseillère du CRPF de Rhône-Alpes à mes côtés », précise Bruno de Quinsonas, qui dit « avoir une convergence de vues totale » avec Charles Millat. Mais ne pas être prêt à présider le SFPI « plus de quelques années. Mon objectif est d'organiser la transmission ».
En regrettant de « laisser une tâche qu'il n'a pu mener à bien, celle de la fusion des diverses représentations de la forêt privée en Isère en un organisme unique, donc plus fort », Charles Millat a tracé la feuille de route de son successeur à la présidence du SFPI.
« Le syndicat peut être la tuile faitière sous laquelle s'abrite la forêt privée iséroise, approuve prudemment Bruno de Quinsonas. Mais sans créer de lien de subordination hiérarchique, car cela tuerait la raison d'être des groupements. Or, nous avons chacun un rôle à jouer. Aujourd'hui, nous en sommes à regarder ce que nous pouvons faire ensemble, à vérifier si cela aurait du sens. Nous nous connaissons bien avec les groupements forestiers et le président de leur union départementale, Henri Gras. Nous défendons les mêmes choses (par exemple, la certification environnementale) et nous avons les mêmes manières de faire. Nous sommes donc dans le rapprochement, dans les propositions amicales. Il est hors de question de chercher à s'assurer une hégémonie ».
De fait, l'arrivée d'Henri Gras à la tête de l'union des groupements pour le développement forestier de l'Isère (UGDFI), il y a un an et demi, lui a donné un nouvel élan. Il serait dommage de le freiner par une réorganisation de la représentation des propriétaires forestiers. « Ce n'est peut-être pas le moment opportun », admet Bruno de Quinsonas.
Le nouveau président du SFPI observe néanmoins que « la hausse des cours du bois et le caractère fédérateur de la démarche PEFC créent un contexte favorable au dialogue. C'est bien la base qui décide. Alors, peut-être que cela mettra dix ans à se faire. Mais, hors de tout ego personnel (car ils ne doivent pas avoir cours), je suis persuadé que nous allons vers une alliance ».
La hauteur des enjeux
Il faut dire que les défis à relever sont importants. « La forêt privée iséroise pâtit de deux handicaps majeurs, analyse Bruno de Quinsonas. Le premier, c'est la pente, à laquelle on ne peut pas grand chose, mais qui nous amène à demander des moyens pour ouvrir des routes, des pistes et installer des câbles, car notre objectif est bien de sortir des bois. Il s'agit de produire, pas d'aménager des espaces de loisirs.
Le morcellement des parcelles constitue la seconde limite principale à l'essor de l'exploitation des bois privés. La modification introduite par la dernière loi de modernisation de l'agriculture pour obliger, en cas de vente, les notaires à proposer les terrains en priorité aux voisins immédiats est une avancée. Mais elle n'est pas suffisante. Nous nous attachons donc à trouver de nouveaux moyens de lutter contre le morcellement, même si c'est compliqué ».
La transversalité de ces enjeux fait que, même si le syndicat est un acteur majeur de la forêt privée iséroise (tout comme l'UGDFI et le conseil général), « on ne peut pas se contenter d'entretenir des relations avec les communautés de communes et de siéger dans les commissions départementales traitant de la forêt, pour Bruno de Quinsonas. C'est pourquoi nous nous insérons dans la région, à l'échelle de laquelle existe, depuis l'an dernier, un organisme capable de parler au nom de l'ensemble des forestiers, privés comme publics : France Forêts Rhône-Alpes ». C'est ainsi que le nouveau président du SFPI commence déjà à remettre l'activité du syndicat en perspective.
Cécile Fandos
Un mandat de transition
Cette nouvelle responsabilité est l'aboutissement de plus de vingt ans de défense des intérêts des propriétaires forestiers privés pour ce jeune retraité, ancien avocat et ancien banquier résidant au Touvet. « J'ai accepté ce nouveau mandat à la demande de mon prédécesseur, Charles Millat, qui a présidé aux destinées de la forêt privée iséroise pendant trente ans, et d'Yvonne Coing-Bellet, récemment élue conseillère du CRPF de Rhône-Alpes à mes côtés », précise Bruno de Quinsonas, qui dit « avoir une convergence de vues totale » avec Charles Millat. Mais ne pas être prêt à présider le SFPI « plus de quelques années. Mon objectif est d'organiser la transmission ».
En regrettant de « laisser une tâche qu'il n'a pu mener à bien, celle de la fusion des diverses représentations de la forêt privée en Isère en un organisme unique, donc plus fort », Charles Millat a tracé la feuille de route de son successeur à la présidence du SFPI.
« Le syndicat peut être la tuile faitière sous laquelle s'abrite la forêt privée iséroise, approuve prudemment Bruno de Quinsonas. Mais sans créer de lien de subordination hiérarchique, car cela tuerait la raison d'être des groupements. Or, nous avons chacun un rôle à jouer. Aujourd'hui, nous en sommes à regarder ce que nous pouvons faire ensemble, à vérifier si cela aurait du sens. Nous nous connaissons bien avec les groupements forestiers et le président de leur union départementale, Henri Gras. Nous défendons les mêmes choses (par exemple, la certification environnementale) et nous avons les mêmes manières de faire. Nous sommes donc dans le rapprochement, dans les propositions amicales. Il est hors de question de chercher à s'assurer une hégémonie ».
De fait, l'arrivée d'Henri Gras à la tête de l'union des groupements pour le développement forestier de l'Isère (UGDFI), il y a un an et demi, lui a donné un nouvel élan. Il serait dommage de le freiner par une réorganisation de la représentation des propriétaires forestiers. « Ce n'est peut-être pas le moment opportun », admet Bruno de Quinsonas.
Le nouveau président du SFPI observe néanmoins que « la hausse des cours du bois et le caractère fédérateur de la démarche PEFC créent un contexte favorable au dialogue. C'est bien la base qui décide. Alors, peut-être que cela mettra dix ans à se faire. Mais, hors de tout ego personnel (car ils ne doivent pas avoir cours), je suis persuadé que nous allons vers une alliance ».
La hauteur des enjeux
Il faut dire que les défis à relever sont importants. « La forêt privée iséroise pâtit de deux handicaps majeurs, analyse Bruno de Quinsonas. Le premier, c'est la pente, à laquelle on ne peut pas grand chose, mais qui nous amène à demander des moyens pour ouvrir des routes, des pistes et installer des câbles, car notre objectif est bien de sortir des bois. Il s'agit de produire, pas d'aménager des espaces de loisirs.
Le morcellement des parcelles constitue la seconde limite principale à l'essor de l'exploitation des bois privés. La modification introduite par la dernière loi de modernisation de l'agriculture pour obliger, en cas de vente, les notaires à proposer les terrains en priorité aux voisins immédiats est une avancée. Mais elle n'est pas suffisante. Nous nous attachons donc à trouver de nouveaux moyens de lutter contre le morcellement, même si c'est compliqué ».
La transversalité de ces enjeux fait que, même si le syndicat est un acteur majeur de la forêt privée iséroise (tout comme l'UGDFI et le conseil général), « on ne peut pas se contenter d'entretenir des relations avec les communautés de communes et de siéger dans les commissions départementales traitant de la forêt, pour Bruno de Quinsonas. C'est pourquoi nous nous insérons dans la région, à l'échelle de laquelle existe, depuis l'an dernier, un organisme capable de parler au nom de l'ensemble des forestiers, privés comme publics : France Forêts Rhône-Alpes ». C'est ainsi que le nouveau président du SFPI commence déjà à remettre l'activité du syndicat en perspective.