Massif des Ecrins
Le parc bientôt officiellement impliqué dans le développement local
Concertation/Une première charte s'apprête à formaliser la contribution du parc national des Ecrins au développement économique du massif suite à la récente réforme des parcs nationaux. L'activité agricole y figure en bonne place.
« Pour l'élaboration de ce projet de territoire, je veux travailler avec tous les habitants et tous les professionnels, du tourisme et de l'agriculture spécialement. La concertation, le dialogue et l'échange seront les ferments de notre démarche », avait affirmé Christian Pichoud, le président du parc national des Ecrins, lors du lancement des travaux de préparation de la première charte du parc, en 2008, dans la foulée de la réforme des parcs nationaux.
Suite aux 400 réunions de travail (dont près de la moitié avec les communes et leurs groupements) et aux 180 réunions thématiques avec les différents partenaires organisées depuis deux ans et demi, les administrateurs du parc national des Ecrins* viennent de finaliser le texte du projet de charte. Envoyé aux partenaires de cet établissement public pour avis consultatif d'ici au mois de septembre, ce document sera ensuite soumis, au quatrième trimestre, à enquête publique. Avant d'être instruit par le conseil national de protection de la nature, le comité interministériel des parcs nationaux et le Conseil d'Etat. Après quoi (et sans doute pas avant 2013) les communes situé hors de la zone centrale, qui ne bougera pas, seront appelées à se prononcer sur leur adhésion au projet.
La limite du foncier
« Les questions d'agriculture sont abordées dans la charte, indique Roland Jacob, adjoint au maire de La Grave et agriculteur de profession. Le maintien des prés de fauche, les circuits courts, les aides dans le cadre des mesures agri-environnementales... Nous sommes bien sûr d'accord avec tout cela et l'exemple des campagnols, montre que l'appui du parc pour l'observation du phénomène, sa cartographie, rechercher des solutions (y compris en allant voir ce qui se fait ailleurs), les discuter et les mettre en oeuvre, est important.
Par contre, sur la préservation des terres agricoles actuelles, c'est toujours bien de l'écrire. Mais je crains que ce soit un voeu pieux, car au moment de faire un nouveau plan local d'urbanisme, on constate que les meilleures terres, celles situées à proximité des villages, servent toujours au développement des communes ». « En montagne comme ailleurs, on étale l'urbanisme sans se poser la question d'économiser la terre, renchérit Alain Haret, élu de la chambre de l'agriculture de l'Isère et l'un des deux représentants de la profession au sein du conseil d'administration. C'est inquiétant pour l'agriculture... et on ne pèse pas très lourd. Mais le parc a les capacités de faire des projections, de montrer le danger et d'aider à l'anticiper, comme il le fait pour l'adaptation au changement climatique, dans le cadre du programme Alpages sentinelles. Il ne faut pas se priver des réseaux ni des techniciens ou du conseil scientifique du parc. Je crois qu'il peut mettre en avant la haute valeur environnementale des espaces agricoles du territoire et ainsi contribuer à faire valoir la spécificité de l'agriculture de haute montagne, qui rend des services. Ces derniers ont une valeur marchande pouvant être prise en compte dans le cadre de la politique agricole commune ou inciter à investir collectivement dans l'installation de nouveaux agriculteurs ».
Des moyens humains et financiers
Même si elles peuvent encore être discutées tout au long de l'enquête publique, ces orientations doivent se traduire, d'ici à la fin de l'année, par la signature d'un contrat d'objectifs entre le parc national et sa tutelle ministérielle (le ministère de l'Ecologie). Le premier contrat d'objectifs du parc des Ecrins arrivant à échéance à la fin de l'année, le prochain doit en effet couvrir la période 2012-2014. Il détermine en grande partie l'enveloppe financière dont dispose le parc pour financer son programme d'actions. Rien qu'en comptant celles directement liées à l'agriculture, sans prendre en compte les charges des trois agents du parc travaillant sur ce thème, on arrive à un budget de 115 000 euros cette année.
Cécile Fandos
*Dix représentants de l'Etat, 23 des collectivités territoriales, 21 personnalités (parmi lesquelles le président de la chambre d'agriculture des Hautes-Alpes, Pierre-Yves Motte, et un élu de celle de l'Isère, Alain Haret, mais aussi des représentants des chasseurs, des pêcheurs...) et un représentant du personnel du parc national.
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Réglementation et adhésion
La mutation de 2006
Concertation/La loi et le libre choix, telles sont les deux facettes des parcs nationaux depuis 2006.
« Depuis la loi du 14 avril 2006, le parc est composé d'un cœur réglementé et d'une aire d'adhésion, indique le parc national des Ecrins sur son site web. Espace protégé, le cœur fait l'objet d'une réglementation spécifique, alors que l'aire d'adhésion est définie sur la base d'une charte proposée aux communes. Evalué et révisé tous les quinze ans, ce projet de territoire traduit une solidarité écologique entre le cœur et les espaces environnants en mettant en œuvre la valorisation économique du patrimoine et le développement durable des communes adhérentes ». Un parc national ne s'attache donc plus seulement à conserver l'environnement. Il vise aussi la valorisation des ressources locales. Mais les modalités de cette ambition restent à imaginer. Seules certitudes aujourd'hui : le parc assure que la future charte des Ecrins « sera le fruit d'un travail concerté avec les acteurs du territoire, par le biais de commissions et d'un conseil économique, social et culturel » et qu'elle « présentera les orientations et les mesures sur lesquelles les partenaires s'engagent pour promouvoir un développement solidaire et durable sur l'ensemble du parc ».
C.F.
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Suite aux 400 réunions de travail (dont près de la moitié avec les communes et leurs groupements) et aux 180 réunions thématiques avec les différents partenaires organisées depuis deux ans et demi, les administrateurs du parc national des Ecrins* viennent de finaliser le texte du projet de charte. Envoyé aux partenaires de cet établissement public pour avis consultatif d'ici au mois de septembre, ce document sera ensuite soumis, au quatrième trimestre, à enquête publique. Avant d'être instruit par le conseil national de protection de la nature, le comité interministériel des parcs nationaux et le Conseil d'Etat. Après quoi (et sans doute pas avant 2013) les communes situé hors de la zone centrale, qui ne bougera pas, seront appelées à se prononcer sur leur adhésion au projet.
La limite du foncier
« Les questions d'agriculture sont abordées dans la charte, indique Roland Jacob, adjoint au maire de La Grave et agriculteur de profession. Le maintien des prés de fauche, les circuits courts, les aides dans le cadre des mesures agri-environnementales... Nous sommes bien sûr d'accord avec tout cela et l'exemple des campagnols, montre que l'appui du parc pour l'observation du phénomène, sa cartographie, rechercher des solutions (y compris en allant voir ce qui se fait ailleurs), les discuter et les mettre en oeuvre, est important.
Par contre, sur la préservation des terres agricoles actuelles, c'est toujours bien de l'écrire. Mais je crains que ce soit un voeu pieux, car au moment de faire un nouveau plan local d'urbanisme, on constate que les meilleures terres, celles situées à proximité des villages, servent toujours au développement des communes ». « En montagne comme ailleurs, on étale l'urbanisme sans se poser la question d'économiser la terre, renchérit Alain Haret, élu de la chambre de l'agriculture de l'Isère et l'un des deux représentants de la profession au sein du conseil d'administration. C'est inquiétant pour l'agriculture... et on ne pèse pas très lourd. Mais le parc a les capacités de faire des projections, de montrer le danger et d'aider à l'anticiper, comme il le fait pour l'adaptation au changement climatique, dans le cadre du programme Alpages sentinelles. Il ne faut pas se priver des réseaux ni des techniciens ou du conseil scientifique du parc. Je crois qu'il peut mettre en avant la haute valeur environnementale des espaces agricoles du territoire et ainsi contribuer à faire valoir la spécificité de l'agriculture de haute montagne, qui rend des services. Ces derniers ont une valeur marchande pouvant être prise en compte dans le cadre de la politique agricole commune ou inciter à investir collectivement dans l'installation de nouveaux agriculteurs ».
Des moyens humains et financiers
Même si elles peuvent encore être discutées tout au long de l'enquête publique, ces orientations doivent se traduire, d'ici à la fin de l'année, par la signature d'un contrat d'objectifs entre le parc national et sa tutelle ministérielle (le ministère de l'Ecologie). Le premier contrat d'objectifs du parc des Ecrins arrivant à échéance à la fin de l'année, le prochain doit en effet couvrir la période 2012-2014. Il détermine en grande partie l'enveloppe financière dont dispose le parc pour financer son programme d'actions. Rien qu'en comptant celles directement liées à l'agriculture, sans prendre en compte les charges des trois agents du parc travaillant sur ce thème, on arrive à un budget de 115 000 euros cette année.
*Dix représentants de l'Etat, 23 des collectivités territoriales, 21 personnalités (parmi lesquelles le président de la chambre d'agriculture des Hautes-Alpes, Pierre-Yves Motte, et un élu de celle de l'Isère, Alain Haret, mais aussi des représentants des chasseurs, des pêcheurs...) et un représentant du personnel du parc national.
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« Depuis la loi du 14 avril 2006, le parc est composé d'un cœur réglementé et d'une aire d'adhésion, indique le parc national des Ecrins sur son site web. Espace protégé, le cœur fait l'objet d'une réglementation spécifique, alors que l'aire d'adhésion est définie sur la base d'une charte proposée aux communes. Evalué et révisé tous les quinze ans, ce projet de territoire traduit une solidarité écologique entre le cœur et les espaces environnants en mettant en œuvre la valorisation économique du patrimoine et le développement durable des communes adhérentes ». Un parc national ne s'attache donc plus seulement à conserver l'environnement. Il vise aussi la valorisation des ressources locales. Mais les modalités de cette ambition restent à imaginer. Seules certitudes aujourd'hui : le parc assure que la future charte des Ecrins « sera le fruit d'un travail concerté avec les acteurs du territoire, par le biais de commissions et d'un conseil économique, social et culturel » et qu'elle « présentera les orientations et les mesures sur lesquelles les partenaires s'engagent pour promouvoir un développement solidaire et durable sur l'ensemble du parc ».
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