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Gestion forestière

Le PAT, un outil de prospective

Dans la continuité de la charte forestière mise en œuvre dans le territoire des Bonnevaux, un plan d’approvisionnement territorial a été conduit pour identifier le potentiel de développement du secteur.
Le PAT, un outil de prospective

Avoir une vraie connaissance de la ressource. Quantifier la disponibilité en bois en fonction des conditions d'exploitations propres au territoire. Savoir si le potentiel disponible est suffisant pour répondre à la demande actuelle ou s'il peut supporter une exploitation plus importante. Telles sont les raisons qui ont conduit les élus de la charte forestière du Bas-Dauphiné et des Bonnevaux à réaliser un plan d'approvisionnement territorial (PAT) dans leur territoire. Au delà de ces éléments de diagnostic, la démarche avait aussi vocation à leur donner des indications sur les équipements et les investissements à prévoir pour permettre une meilleure exploitation. « Le Plan d'approvisionnement territorial est un outil d'aide à la décision pour mettre en œuvre une stratégie de filière dans le territoire », analyse Thomas Bénet, animateur de la charte forestière. La démarche, mise en place par la Fédération nationale des communes forestières, repose sur le recueil de données (résultats des inventaires forestiers et des informations de l'ONF et du CRPF) et l'utilisation d'un logiciel informatique permettant de définir des itinéraires sylvicoles *. Elle s'est déroulée de mars 2015 à fin 2016.

10 000 tonnes par an supplémentaire

Les conclusions du PAT sont multiples. Thomas Bénet les détaille : « Le volume de bois sur pied du territoire s’élève à environ 3,15 millions de mètres cube, à 95 % de feuillus. La disponibilité maximale annuelle en bois fort - c’est-à-dire sans les houppiers et les rémanents -  est évaluée à 121 000 m3/an. 48 à 49 000 m3 /an de bois supplémentaires issues des houppiers sont valorisables. 11% sont de qualité bois d’œuvre (mais la demande en la matière est faible), et par corrélation 89% sont de qualité bois énergie (ou industrie), y compris pour la production de bois bûche. Quant au ratio entre la disponibilité maximale et la disponibilité accessible, il est de 80 %. C'est plutôt intéressant », commente l'animateur.

Dans le territoire, de nombreux professionnels font du bois bûche. Elle représente une part non négligeable de la demande globale en bois. Les besoins en la matière sont difficiles à estimer, mais ils pourraient se situer autour de 63 000 tonnes sèches (humidité inférieur à 30 %) de bois. Sur le bois énergie, la consommation totale est de 1 600 tonnes (1 200 tonnes sous forme de bois déchiqueté, 400 tonnes sous formes de granulés de bois). Cette filière pourrait connaître un développement important, car il pourrait y avoir davantage de mobilisation.

« En guise de bilan, il existe un potentiel de ressources supplémentaire de l'ordre de 10 000 tonnes par an, majoritairement en forêt privée. Cette exploitation est nécessaire pour satisfaire un objectif d'autonomie du territoire. Si une augmentation de la demande devait survenir, la marge de manœuvre ne serait pas très conséquente. Nous allons essayer de faire travailler notre filière locale pour approvisionner nos industries », souligne Thomas Bénet. Pour autant, si les conditions techniques d’exploitation (desserte et  topographie notamment) ne semblent pas constituer un frein majeur (plus de 80% de la ressource est disponible à moins de 30 €/m3), le morcellement des parcelles constitue, lui, un facteur plus pénalisant.

 

* Ensemble des interventions sylvicoles à réaliser dans un cycle sylvicole (et dans des types de peuplements donnés) pendant une durée déterminée.

Isabelle Brenguier

Quelques données de territoire

Le territoire de la charte concerne 108 000 hectares et 87 communes implantées sur la partie nord de « Bièvre Isère Communauté », la communauté d'agglomération du Pays viennois, les communautés de communes du Pays roussillonnais et de Beaurepaire ainsi que la commune de Saint-Romain-en-Gal. 165 000 habitants vivent dans cet espace. La forêt d'une superficie de 28 400 hectares appartient à 90 % à des propriétaires privés. Elle est largement composée de peuplements feuillus.
Source : Charte forestière du Bas-Dauphiné et des Bonnevaux

 

 

 

Un réseau de correspondants communaux

Pour faire le lien entre les élus et la charte forestière du Bas-Dauphiné et des Bonnevaux, un réseau de correspondants communaux a été mis en place au cours de l'été 2015. 53 communes - sur les 87 qui composent le territoire - sont représentées. Ce réseau permet de favoriser le dialogue entre les deux parties. Il sert aux communes pour qu'elles fassent connaître leurs besoins et à la charte pour ses communications. « Ces représentants sont des bénévoles qui s'intéressent à la forêt et à la filière bois. Ce sont souvent des élus mais pas forcément », indique Thomas Bénet, animateur de la charte forestière du Bas-Dauphiné et des Bonnevaux.
Ils peuvent notamment jouer un rôle important lors de suivi de projets ou d'états des lieux réalisés à l'occasion des chantiers. « Cela permet d'éviter des conflits liés à la dégradation des chemins, par exemple », précise Thomas Bénet.
Cette démarche a été initiée dans le le Pays de Guéret dans la Creuse, et reprise par de nombreux territoires de projets forestiers dont la charte forestière des Chambaran, territoire voisin.
IB